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Affichage des articles associés au libellé Burt Reynolds

Vain chœur par chaos

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  Exils # 110 (21/05/2025) Dommage pour leurs amateurs : on compte davantage de cascades dans un seul épisode de L’Homme qui tombe à pic que dans toutes les quatre-vingt-cinq minutes presque longuettes de L’ É quipée du Cannonball (1981). Cela peut étonner de la part de Needham, ancien stuntman et acteur occasionnel – il kidnappe Hackman pour French Connection 2 (Frankenheimer, 1975), se met ici en abyme comme ambulancier puis (ré)apparaît à l’ultime plan du bêtisier – qui concocta et connut un autre succès motorisé avec Cours après moi shérif (1977), déjà conduit par Reynolds, ensuite aussi transposé à la TV. Cette variation sudiste (Needham naquit à Memphis) des aventures de (Sisyphe) Vil Coyote cède sa place à une course maousse, illégale of course , « cinq mille kilomètres à cent quarante kilomètres/heure », quelle horreur s’écrie la sécurité routière, et Lee Majors, alias Colt Seavers, la sienne à la (très) regrettée Farrah Fawcett, couple séparé sur le ...

Venise en Italie

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  Exils # 98 (26/03/2025) Moins émouvant que L’Anti-gang (Reynolds, 1981), moins réussi aussi, Banco (Richards, 1986) possède cependant quelques éléments intéressants. L’ouverture divisée, en montage alterné, affiche deux motifs et deux formes de violence : celle « faite aux femmes », dénomination de discrimination et de victimisation désormais à la mode, celle entre hommes, emmerdeur de dame costaud – et joueur de billard, la queue, les boules, Freud roucoule – contre « crevette » dégarnie [1] le mettant au tapis. Si la première impressionne, rappelle illico les marches au tombeau de Blue Velvet (Lynch, 1986) et Twin Peaks: Fire Walk with Me (Lynch, 1992), la seconde s’avère vite autant truquée qu’un match de catch. Les situations en opposition carburent donc à la lutte de pouvoir, voire de territoire, matérialisent une masculinité enténébrée au carré – tout se situe de nuit – à vomir ou à sourire. Tandis que la craintive puis conquise compagne du...

Le Portrait de Dorian Gray

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  Conte comique, d’esthétique et d’éthique… « One man. One masterpiece. One very big mistake » affirme l’affiche. Les psys apprécient : l’homme en somme semble un enfant trop grand, le chef-d’œuvre vandalisé, à l’insu de son plein gré, dissolvant à éviter, CQFD, s’appelle en sus La Mère de Whistler , tout ceci sent ainsi l’acte manqué maternel, le complexe d’Œdipe à la truelle, de peintre en bâtiment, évidemment. Au côté de l’excellent Rowan Atkinson, croisé naguère chez Kershner ( Jamais plus jamais , 1983), Roeg ( Les Sorcières , 1990), Abrahams ( Hot Shots 2 , 1993) ou Kerr ( Johnny English contre-attaque , 2018), surprenant et impeccable Maigret à la TV, on reconnaît Peter MacNicol, déjà là au sein de SOS Fantômes 2 (Reitman, 1989), autre histoire de tableau à rendre marteau, moins emblématique, plus maléfique, aussi peu humoristique, où il incarnait encore un conservateur de musée dépassé, téléguidé, style Renfield, par un étrange étranger. Remarquez illic...

Fortress : The Warriors

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Les « risques du métier », le « trophée » à ramener… Adapté par l’indispensable Everett De Roche du premier opus de Gabrielle Lord, à succès instantané, au passage inspiré d’un « fait divers » des seventies décalqué sur une célèbre séquence de L’Inspecteur Harry (Don Siegel, 1971), co-produit par HBO, distribué en réduction en salles australiennes, voici un vrai téléfilm valant mieux que de nombreux faux « films ». Réalisateur de second unit sur Razorback (Russell Mulcahy, 1984), documentariste gouvernemental, Arch Nicholson, décédé à la cinquantaine, dommage, délivre un ouvrage attentif, inventif, in extremis très ironique. Sorte de « sortie scolaire » hardcore , Fortress (1985), aka L’École de tous les dangers , amitiés au compatriote Peter Weir ( L’Année de tous les dangers , 1982), relève du ravissement, du survival , de la revanche vacharde. Cette fable affable, à la moralité immorale, aux kidnappeurs masqués, id...

Banco : Les Braqueuses

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Dérober des billets, monnayer sa maternité, arroseuse arrosée… Robbing a bank’s no crime compared to owning one. Bertolt Brecht Après l’Italie de Cani arrabbiati (Mario Bava, 1974), l’Espagne de Banco (Koldo Serra, 2018) : encore un braquage, des otages, un huis clos, pas d’auto, un(e) enfant à sauver, à récupérer, in extremis un changement d’identité, une culpabilité partagée – mais la fin diffère, douce-amère. Raquel « ment comme elle respire », elle ne cesse d’affabuler durant la centaine de minutes du métrage presque en temps réel, elle manipule le spectateur solo, le couple de voleurs, le duo de policiers, elle sème des indices cryptés, qui lui vaudront de survivre, ligotée au creux d’un coffre de bagnole, Bava bis . Néanmoins, jamais elle ne simule son amour maternel, quand bien même elle s’autorise à l’instrumentaliser auprès du rouquin serein, malin, elle fait tout ça pour son « adorable » Alba, sa fillette enlevée sans violence...

Ghost Rider : Notes sur la marotte de Garrett Brown

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Filmer avec un niveau ? Tracer un itinéraire et pacifier la guerre. Sylvester Stallone monte un escalier de musée, boxeur en route vers la gloire ( Rocky , Avildsen, 1976) ; Jack Nicholson se perd dans le labyrinthe végétal d’un hôtel enneigé, ogre impuissant à la poursuite de son fils voyant ( Shining , Kubrick, 1980) ; John Travolta traverse une foule en liesse, au ralenti et donc incapable de sauver sa Sally ( Blow Out , De Palma, 1981) : derrière ces trois instants emblématiques, sinon opératiques, du cinéma américain de la fin des années 70, du début des années 80, entre optimisme et pessimisme, conte de fées et mélodrame, étude de caractère et imaginaire méta, portés par trois fortes individualités, sublimés par le lyrisme irrésistible, si sudiste, des compositeurs Bill Conti & Pino Donaggio, étayés par un sous-texte à propos du prolétariat, du passé qui ne passe pas, de la paranoïa, se tient littéralement un homme à la caméra, ave Vertov, un inventeur féru de...

Norma Rae : Sur les quais

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 « Tous ensemble », qu’ils disaient. Et après ? En 1979, Sally Field se prit pour Arlette Laguiller ; bien lui en prit car on la récompensa  à Cannes et Hollywood (Jane Fonda, pressentie, refusant, dut « s’en mordre les doigts » avec souplesse). Dotée d’un décolleté certes moins spectaculaire que celui de la bien nommée Julia Roberts dans Erin Brockovich , la compagne d’alors de Burt Reynolds affiche un accent sudiste du meilleur cru. Derrière l’objectif laïque, Martin Ritt conte un récit évangélique – un syndicaliste juif de New York « descend » (l’Alabama du tournage substitué à la Caroline du Nord de la diégèse) annoncer à des ouailles d’abord récalcitrantes la « bonne nouvelle » des vertus de l’union (dans la langue de Jimmy Hoffa, le même mot signifie aussi un syndicat, voilà, voilà). L’éveil des consciences aboutit in fine à la présence (votée) de délégués au sein d’une entreprise textile, dernière branch...

L’Anti-gang : La Tour infernale

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Les réussites méritent certes les louanges, mais l’échec possède aussi sa propre grandeur. Démonstration avec le parcours erratique de Burt Reynolds, dont on peut extraire son troisième film en tant que réalisateur, belle histoire d’amour déguisée en polar, et passionnante réflexion sur la masculinité à l’aube des années 80. Reynolds ouvre et clôt son film à la façon d’Eastwood en ce temps-là : dans les airs, par un plan en hélicoptère, s’approchant, dévoilant une gigantesque tour de verre au centre d’Atlanta. Cernée d’autres constructions tout aussi phalliques, elle se dresse au crépuscule, surmontée d’une antenne bien droite, avec des allures de seringue hypodermique géante (le frère du mafieux, interprété par un Henry Silva en grande forme, tuant dans un cri orgasmique, se révélera drogué). À  quelques mètres à vol d’oiseau, le personnage du flic, nommé Sharky, arpente une voie ferrée, pour rejoindre une gare de métro désaffecté, sur l'entraînant  Street Life ...