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Affichage des articles associés au libellé Thomas Edison

Fast Frankenstein

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  Exils # 161 (27/01/2026) Tandis que sur Netflix le Frankenstein (2025) du très surfait Guillermo del Toro débute sur une banquise glaciale de risibles CGI, voici possible en ligne de revenir aux origines de l’imagerie, d’en souligner plusieurs surprises, avec ces quelques lignes consacrées au Frankenstein (1910) de James Searle Dawley. Ancien comédien, dramaturge méconnu, scénariste et réalisateur pour Edison & Porter, journaliste in extremis , le cinéaste stakhanoviste possédait une vision monoculaire mais son adaptation « libre » indeed demeure nette et claire, belle infidèle dont le chaudron chipé aux sorcières de naguère s’avère en vérité un étonnant creuset, où mélanger le T-1000 de Cameron ( Terminator 2 : Le Jugement dernier , 1991) et Le Cauchemar de Füssli, Cocteau ( Le Sang d’un poète , 1930) & Carpenter ( Prince des ténèbres , 1987), Mary Shelley, probable connaisseuse de la toile précitée, et Robert Louis Stevenson ( L’Étrange Cas du Docteur ...

Le Vol du grand Edwin

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  Exils # 56 (18/10/2024) Trois titres, trois trains, trois tons : A Romance of the Rail , The Great Train Robbery , What Happened in the Tunnel , tous trois de 1903, savent conserver leur vitalité, manient le matte et l’humour, persistent à dire quelque chose de peu morose des États-(dés)Unis d’aujourd’hui. Dans le premier, un couple impeccable papote sur un quai déserté, ensoleillé, embarque, regarde et parle du paysage, même ici se marie, merci au cordial curé lui-même immaculé. In extremis , deux types descendent aussi, mais DE DESSOUS la machine, chapeautés, époussetés, clochards en costards. Dans le deuxième, très célèbre, une bande violente détrousse un chœur de voyageurs et se fait fissa flinguer en forêt, bien mal acquis – fichu fric – en effet ne profite. Dans le troisième, le plus court, d’actualité toujours, en tout cas du côté de la « racialité », de la « sororité », mots « marqueurs » de notre époque, deux jeunes femmes profiten...

Intérieurs : Hantise du studio

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Woody Allen sous influence bergmanienne ? Disons davantage dichotomie désuète. Oui, c’est le lieu. Shoah On le sait, le cinéma commença par s’enfermer, par retourner à l’utérus de la scène (musicale, primitive, cf. les bandes au bordel) : Edison érigea son Black Maria, surnom de dérision, de fourgon de flic, puis Méliès, presque par opposition, sa verrière à Montreuil. Les Lumière préférèrent le grand air, usine personnelle à Lyon, gare sudiste de La Ciotat, voilà. Bien sûr, la différence ne se situe pas seulement au niveau de l’ascendance, le Cinématographe, avec sa vraie forge et ses vrais forgerons, nom de nom, en rupture directe, documentaire, pas encore documenteuse, quoique, avec le théâtre, le vaudeville. En 1895, le monde lui-même devient une scène, ancienne orthodoxie shakespearienne, et des employés, des touristes, des classes sociales dissociées, se réinventent en acteurs du réel, oxymoron de saison. Si le studio, sombre ou transparent, permet le contr...