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Child’s Play : Boys Don’t Cry

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  Des notes qui dénotent ? Une parabole qui affole… Économique et critique insuccès, adapté d’une pièce acclamée de Broadway, affublé d’un intitulé français racoleur, ridicule, éloquent, Les Yeux de Satan , en partie déprécié par le principal intéressé, Child’s Play (Lumet, 1972) s’apprécie en récit d’éducation à la con, de masculinité très tourmentée, aussi et surtout en leçon de réalisation, davantage que de morale. Il s’agit ainsi d’un jeu (d’enfant-s) dangereux (« You only lose once » affirme l’affiche), facile et funeste, avec le feu, plus celui, refroidi, de l’Enfer de naguère, a fortiori de la confiance, maxime latine explicite, réversible, dorénavant substituée à la foi, cinéphile croyant, tu peux filer fissa. Le métrage méconnu, tendu, d’antan, de son temps, partage, pardi, le paranoïaque, ou pas tant, complotisme sectaire, encore en huis clos mortifère, de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968), présage la possession, par procuration, des esprits pervertis, ...

Noé : Le Créateur

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Suite à son visionnage sur le service Pluzz de France Télévisions, retour sur le titre de Darren Aronofsky. Naguère « engodée » (dirait le poétique Frédéric Beigbeder) pour les besoins subliminaux du cacochyme Requiem for a Dream , la peu rancunière (ou alors sujette à des tendances suicidaires) Jennifer Connelly rempile sur le radeau (rameau) biblique du très surfait Darren Aronofsky ( Black Swan , cet ersatz oscarisé de Suspiria , assaisonné à l’écœurante sauce maternelle de Carrie au bal du diable ), auteur, cependant, d’un attachant The Wrestler (il devait beaucoup, presque tout, à Mickey Rourke, joliment flanqué de Marisa Tomei, oui). On pardonnera (presque) toujours un grand nombre de choses à celle qui fit ses classes avec Leone et Argento, qui grandit, comme tant d’autres, devant la caméra, jusqu’à devenir aujourd’hui cette femme belle et intelligente, cette actrice talentueuse et intense, à la filmographie largement inférieure à ses capacités (diptyque tout...

Scum : Entre les murs

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La banalité du mal (carcéral) et l’urgence d’une résistance (avec ou sans biographie de Churchill) : bienvenue dans l’enfer de l’Angleterre d’hier… Los olvidados (1950), on s’en souvient, s’achevait sur l’image insoutenable d’un enfant jeté sur un tas d’ordures ; Alan Clarke délocalise et met à jour le brûlot de Buñuel, jusque dans un titre provocateur entre l’injure et la référence (« Que le cœur de l’homme est creux et plein d’ordure ! » regrettait Pascal). Ses oubliés à lui (sur)vivent dans un centre de redressement, en Angleterre, à la fin des années 70. Le film enferme les trois nouveaux venus, menottés et mutiques, placés ici pour de « menus » délits (vols de bagnole ou de ferraille par procuration, évasion d’une structure « ouverte », agression de gardien) dans une camionnette puis dans des ailes portant une lettre de l’alphabet puis dans des cellules individuelles ou un dortoir – multiplicité des isolements pour un film pl...