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Affichage des articles associés au libellé Denis Villeneuve

Le Messie et le Matricide

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  Exils # 121 (20/08/2025) « Abomination » s’exprime Rampling en sourdine, « amélioration » se félicite le cinéphile en séance gratuite. J’expédiai jadis ainsi la première partie : « Hiératisme, romantisme, scepticisme : pasteurisation nolanisation » ( Un film, une ligne ). Aujourd’hui je dédie quelques lignes à demi laudatives à sa suite – sic transit cinéma mundi . Sis sur le sable du désert et de l’arène, la poursuite du périple de Paul Atréides indeed mérite une mesurée estime. Certes, on y retrouve et on y réécoute hélas la mélasse bien ambient du sieur Zimmer ; certes, le sound design ne lésine sur les effets acoustiques, quitte à faire frissonner le fauteuil ; certes, la philosophie politique paraît presque simpliste comparée à celle du Prince de Machiavel – mais ce passif se voit en vérité dépassé, fluidifié, par l’actif d’une réflexion en action(s) sur les limites du messianisme. Si Lawrence d’Arabie (Lean, 1962), sa m...

L’Angélique et l’Hypnotique

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  Exils # 26 (20/03/2024) Pour Catherine presque Portinari L’Eucharistie inversant, cannibalisme adjacent, le cinéma désincarne le monde, le réduit à un (im)pur esprit. Parmi la forêt des films, pétrifiée, néanmoins animée, mobilis de l’immobilité, Nemo KO, jadis suites d’images pelliculées pas si sages, désormais fichiers de données numérisées, plus rien ne prend corps, ne (se) sent encore, y compris au creux des trois imageries, des belles âmes bien sûr honnies, de l’horreur, du mélodrame et de la pornographie, cependant censées carburer au sang, à la sueur, au sperme et aux larmes. Entre apparence de résistance au virtuel à la pelle, au simulacre matraque, et gadgets obsolètes, Odorama et tout le tralala, le ciné se bouche le nez, assume sa sinusite chronique, tant pis pour la poignée d’Italiens un brin malsains portés sur la coprophilie, revoyez vite avant de mourir, de vomir, les cadavres excrémentiels et exquis de Ferreri ( La Grande Bouffe , 1973) & Pasolini ( Sal...

Dune : Les Épices de la passion

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de David Lynch. « The spice must flow », le flux du film aussi, c’est-à-dire celui du récit de la si sereine Virginia Madsen, descendante impériale remplaçant au firmament l’immortelle maman de L’Homme éléphant (1980). « The dream unfolds », affirme (saint) Paul, spectateur autant qu’acteur de sa « légende », « messie » de « prophétie », « dormeur » mis en demeure de « se réveiller », de vivre/suivre sa destinée, « élection » disons épicée. « Travelling, whitout moving », comprendre « replier l’espace », « voyager sans se déplacer », en d’autres termes, aller au ciné, se mouvoir, s’émouvoir, de manière immobile, face à l’épiphanie d’une mécanique quantique. Mélodrame militaire, opus œdipien, métrage méta, ce Dune (1984)-là, n’en déplaise au tandem Alejandro Jodorowsky & Denis Villeneuve, séduit, déç...