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Affichage des articles associés au libellé Roger Corman

Des justiciers dans la ville

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  Exils # 122 (28/08/2025) Dans Death Wish (Winner, 1974), la femme de l’avocat Paul Kersey se faisait tuer, sa fille se faisait violer ; dans Fighting Back ( aka Philadephia Security ou Death Vengeance , Teague, 1982), la femme de l’épicier John D’Angelo fait une fausse couche après une poursuite en voiture et sa mère se fait « mutiler ». À huit ans de distance, les deux productions Dino De Laurentiis paraissent prendre le pouls d’une Amérique nordiste malsaine et urbaine, où sévissent toutes les violences, dont celle du vigilante , d’abord citoyen anonyme malmené, ensuite modèle ou malaise à main armée, (anti-)héros dépressif ou héraut droitiste de westerns modernes, pantin de républicains ou cauchemar de démocrates. Ce personnage donnera au passage son titre à un film de Lustig (1983), dans lequel la femme de l’ouvrier Eddie Marino se fera poignarder, son fils se fera descendre, inspiré en partie lui aussi par l’entreprise salvatrice ou le discutable épou...

Planète Harlem

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Exils # 91 (12/03/2025) Contemporain du cossu Starman (Carpenter, 1984), moins sentimental et plus social, Brother (Sayles, 1984) mérite un accessit , bien qu’un brin manichéen. É crit, dirigé, monté – et interprété – par le scénariste de Piranhas (Dante, 1978), L’Incroyable Alligator (Teague, 1980), Hurlements (Dante, 1981) ou Le Clan de la caverne des ours (Chapman, 1986) et le réalisateur de Limbo (1999), il s’agit d’un conte moral (et anti-drogue en mode Reagan). Un extra -terrestre mutique à l’épiderme aussi sombre que la nuit se retrouve vite à Harlem, s’insère parmi ses « frères » (mendiant musulman le bénissant), réparateur de matériel électro et guérisseur de genou de minot doté d’un cœur d’artichaut, épris presto d’une chanteuse – Dee Dee Bridgewater sans Ray Charles – elle-même (dé)chue, du hit - parade , pas des étoiles. Le candide céleste découvre d’abord l’Amérique du Nord via les vestiges d’Ellis Island. Une main sur un mur, en écho à Brando sur ceux...

La Vie de Valachi

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  Exils # 79 (05/02/2025) D’une prison la suivante… Judas baisa puis se pendit, Valachi lui aussi mais survit, fait in fine ami-ami avec l’agent diligent, arroseur arrosé, sénateurs de malheur, plus préoccupés par leur publicité que par la suppression du crime organisé. Point de contemporain Parrain (Coppola, 1972), car Cosa Nostra (Young, 1972) davantage évoque L’Affaire Al Capone (Corman, 1967). Adieu à l’Irlande, on demeure ici en famille, on s’extermine entre Rome et Sicile. À New York l’interlope, in situ et ensuite en studio chez Dino (De Laurentiis), les hommes se galochent et se dégomment, s’émasculent et ne s’enculent, attaque de mecs à la place du ramassage de savonnette. Mamans ou putains, hélas Eustache, les femmes poussent des cris et versent des larmes de bref et sec mélodrame, se produisent sur scène et se prostituent à domicile, trouvent et trompent un mari à demi. De l’initiation à l’information, il suffit d’un conflit ; des funérailles aux fiançailles...

Space Cowboys

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  Un métrage, une image : Les Mercenaires de l’espace (1980) Corman & Cameron, le premier produit, pardi, en casse presque son tiroir-caisse, le second cumule les fonctions, alors à l’orée de la carrière que l’on connaît. Derrière ou au-delà de la caméra, d’autres mecs de talent, se moquant du manque d’argent : le subtil scénariste John Sayles ( Piranhas , Dante, 1978, L’Incroyable Alligator , Teague, 1980, Hurlements , Dante, 1981, Le Clan de la caverne des ours , Chapman, 1986), aussi l’auteur du renommé Brother (1984) ou du beau Limbo (1999) ; le directeur de la photographie Daniel Lacambre ( La Carrière de Suzanne , Rohmer, 1963, Le Père Noël a les yeux bleus , Eustache, 1966) ; le compositeur James Horner ( Krull , Yates, 1983) et, last but not least , le réalisateur Jimmy T. Murakami, animateur émérite, amateur de tortues, surtout ninja, encore clipeur pour Kate Bush, sinon Elvis ( King of the Mountain ). Devant, sur l’écran, un casting choral i...

Enfer mécanique

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  Un métrage, une image : La Course à la mort de l’an 2000 (1975) Plus impersonnelle que Private Parts (1972), voici une dystopie anecdotique et cependant drolatique. Ni Rollerball (Norman Jewison, 1975), ni Mad Max (George Miller, 1979), Death Race 2000 (Paul Bartel, 1975) s’avère vite une comédie noire et satirique, dont la portée politique assumée n’étonnera que ceux qui méconnaissent le supérieur The Intruder (Roger Corman, 1962). Il s’agit donc d’une production de « l’écurie » cormanesque, vocable ad hoc puisque le road movie de vilain avenir carbure à la compétition sur roues, autorisation de tous les coups, surtout les pires, les piétons pointés pouvant rapporter un paquet, jeunes ou âgés, au hasard ou destinés, institués ou sexués. Fable affable sur la fameuse « Frontière » refaite, défaite, le film à succès adresse des clins d’œil à l’Histoire plus ou moins héroïque et aux imageries cinématographiques, via les noms des protagonist...

Le Silence des agneaux : Promising Young Woman

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  Bouffe & Buffalo, délice et supplice… I’m a little lamb who’s lost in the wood I know I could always be good To one who’ll watch over me Sting Une jeune femme court dans des bois, au cours du conte à trauma , un loup cannibale elle rencontrera. Comme elle s’active du côté de Quantico, on devine illico son boulot, on l’accompagne sur son parcours de santé d’agent pas secret. De façon assez symbolique et surtout physique, elle arpente une descente en se tenant de toute sa force à une corde, tiens bon, Clarisse, gare à la glisse. Arrivée au sommet, elle prend à peine le temps de regarder autour d’elle, arbres noirs de décharné désespoir, lac patraque, brume lugubre, d’écouter les cris de corbeaux à la Poe, virginale Virginia, oui-da, au sein de ce décor naturel aussi sombre et gris que ses habits, beau boulot du fidèle dirlo photo Tak Fujimoto, un volatile s’envole, le steadicam la frôle, la musique magique signée Howard Shore l’escorte. Le rythme s’accélère, le ca...

Colombiana

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  Un métrage, une image : Les Oiseaux de passage (2018)  Prolongement de L’Étreinte du serpent (Ciro Guerra, 2015), l’herbe, le rêve, amen , Les Oiseaux de passage ressemble un brin (de marijuana pas made in USA ) à un ersatz d’ethnographe de Scarface (Brian De Palma, 1983), s’avère vite un western se souvenant du Django (1966) de Sergio (Corbucci, pardi), car le cercueil dissimule idem un fatal arsenal. Cette fois-ci co-dirigé par la fidèle productrice (+ épouse puis divorcée, olé) Cristina Gallego, il s’assortit d’un soupçon de farouche féminisme, cf. le personnage (im)pitoyable de la maudite matriarche. En vérité, il ne s’agit que d’un vernis, l’essentiel du massacre se passe entres mecs malhonnêtes, la demoiselle danse, jolie séquence, s’essouffle et ne moufte, fiancée sacrifiée, mère mortifère. À défaut donc de remaker Bloody Mama (Roger Corman, 1970), autre drame familial, mené par une Shelley Winters vénère et patibulaire, cet opus au demeurant plaisant...

Le Pont de Cassandra

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  Un métrage, une image : Elvira et le Château hanté (2001) Divertissement indépendant, surtout financé par la principale intéressée, situé en Transylvanie, tourné en Roumanie, Elivra’s Haunted Hills se voit in fine dédié à Vincent Price et adresse bien sûr un clin d’œil d’intitulé à La Nuit de tous les mystères (William Castle, 1959), à savoir, en VO, House on Haunted Hill , facile. De quoi s’agit-il ? D’un hommage à Roger Corman, par conséquent à Edgar Allan Poe, pastiché, pas parodié. On (re)découvre donc une emmurée vivante, un chat noir, un cas de catalepsie et un pendule impitoyable. Souvent assez amusant, toujours soigné, en dépit d’un budget deviné serré, ce (télé)film certes inoffensif mais jamais cynique, nostalgique, paresseux, poussiéreux, ne s’apprécie pas seulement en « véhicule » à usage personnel de sa célèbre persona , puisque Cassandra Peterson possède assez de lucidité, de sincérité, pour bien s’entourer, pour soigner, en co-scénariste ...

Discount

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  Un métrage, une image : Intruder (1989) Unité de temps, de lieu, d’action et toutefois nulle tragédie à l’horizon ; huis clos de supermarché, où se faire subito presto dessouder, mais le Romero anticonsumériste de Zombie (1978) dormait sur ses deux oreilles et dans son lit. Ami de Sam Raimi, avec son frérot ici en court catimini, scénariste de Evil Dead 2 (1987) et La Relève (Eastwood, 1990), producteur pour Roth l’exécuteur ( Hostel + Hostel, chapitre II , 2005-2006), Scott Spiegel affiche un slasher à la truelle, presque à la poubelle, où Bruce Campbell & Greg Nicotero accomplissent des caméos, où la fifille de Martin Sheen trépasse la première, où Lawrence Bender, régulier partenaire financier, bientôt, d’un certain Quentin Tarantino, joue de police les officiers. Résumons la situation, tournée sur place, faisant du surplace : les employés concernés, consternés, d’abord licenciés, se voient vite et à la suite envoyés ad patres plutôt qu’au Pôle em...

Joey : Contact

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  Histoire de désespoir ? Télémaque teuton… Avant de délivrer du spectacle à succès, par exemple Independence Day (1996) ou Le Jour d’après (2004), par mes soins esquissés, Emmerich filme en catimini et en majorité en Germanie ce mélodrame méconnu et domestique. Ouvert sur un cimetière, trépas d’un parent, achevé à la maison, décès du fiston, l’ opus pâtit certes d’un script médiocre, d’un cast ad hoc , d’effets spéciaux assez approximatifs, d’une résurrection consensuelle et concon in extremis . Néanmoins, il ne vaut pas rien, parce que d’une part sa bonne forme se tient, voire se maintient, au nez des années amoncelées, d’autre part il ne procède au hasard, s’apparente plutôt à un apologue œdipien. Emmerich rêve d’Amérique nordiste, surtout de son ciné dit de divertissement, il s’autoproduit de sa sœur Ute en compagnie, il s’acoquine aux Corman maintenant et ici, il nous narre le récit, à base d’outre-tombe téléphonie, de soudaine télékinésie, de malveillante ventr...