Articles

Affichage des articles associés au libellé Terence Fisher

Une (en)vie d’aventure

Image
  Exils # 175 (03/03/2026) Secte et sacrifices : le script du Secret de la pyramide (Levinson, 1985) recycle en partie celui d’ Indiana Jones et le Temple maudit (Spielberg, 1984). « Présenté » par le précité, mis en scène par un professionnel impersonnel, Rain Man (1988) de mélodrame, Young Sherlock Holmes décrit l’adolescence du détective et « l’aventure d’une vie ». Spéculation affectueuse et hommage admiratif, cf. le carton de conclusion, avec l’aval d’une descendante de Doyle, cette évocation de pure et respectueuse (ré)invention ne revisite le mythe à la manière douce-amère de Wilder ( La Vie privée de Sherlock Holmes , 1970) ou Eberhardt ( Élémentaire, mon cher... Lock Holmes , 1988), préfère l’action à la réflexion, donc à la déduction, ne succombe au psychologisme freudien, en dépit d’un double conflit œdipien, ne sonde à la Nolan un (super-)héros au bout du rouleau. Seize ans avant les Harry Potter produits par la Warner et encore écrits p...

Le Cirque des horreurs

Image
  Un métrage, une image : Le Cirque des vampires (1972) Métrage témoignage, puisqu’à l’époque de Gorge profonde (Damiano, 1972), la suggestion semble hors de saison, y compris, pardi, en « prude Albion ». La Hammer modifie donc sa manière, le pulsionnel apparaît exponentiel, la chair et le sang éclaboussent l’écran, l’envahit une avérée trivialité, substituée à la subtilité, à la beauté. La flamboyance flagrante et les sombres splendeurs d’un Terence Fisher peuvent aller se faire voir ailleurs, voici venu le temps évident de la pédophilie, de l’infanticide, du topless , du climax , d’une violence virale, d’une violence faite aux hommes et aussi, surtout, aux femmes, infidèles, enflammées, d’abord tabassées puis en épilogue empalées. Tout ceci, ce symbolisme de croix gigantesque, de gros phallus grotesque, qui la fautive transperce, dut sans doute effarer les féministes, pas uniquement britanniques. S’il valide les invariants d’une imagerie depuis déjà longtemps...

J’ai pas sommeil

Image
  Un métrage, une image : Dracula au Pakistan (1967) Découvrant Dracula au Pakistan , on sourit souvent, pas contre, avec, puisqu’il manie, à l’image du principal personnage, le docteur baladeur le félicite de sa réplique drolatique, le fou rire et le raisonné frisson, du contemporain, plus connu, plus pourvu, Le Bal des vampires (Polanski, 1967) à l’unisson. Pourtant, pas question ici de moquerie, de mélancolie, costumée, annoncée, Sharon à chérir, avant, après le pire, plutôt d’une valeureuse variation, d’une réflexion en action(s), sur le désir, l’adultère, la famille, la foi. Surprise ultime du métrage de morale (pas seulement) musulmane, prologue en voix off d’explicite hubris, seul Allah la vie, la mort « dominer » doit, voilà, on y apprécie, aussi, une scène superbe, de féminine insatisfaction sexuelle, quand Shabnam, mordue, au propre, au figuré, de l’amant mort-vivant, du « cadavre vivant », traduction in English du titre d’origine, l’att...

Les Grandes Espérances : Illusions perdues

Image
  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de David Lean. Longtemps avant le personnage poignant de La Fille de Ryan (1970), voici un juvénile John Mills, pas ravi de village épris de Rosy, toutefois vrai-faux futur forgeron, anti-héros d’un conte d’éducation, sentimentale, sociale. Après un superbe prologue atmosphérique, drolatique, annonce assurée, bien sûr, du suivant Oliver Twist (1948), jouez avec les gibets, remarquez l’arbre à face humaine, où se devine l’homonyme de Friedkin ( La Nurse , 1990), David Lean délivre donc un mélodrame un brin hugolien, car forçat affamé, à malaria, pas si mauvais que ça, philanthropie jolie, de revenant d’Australie enrichi, devant beaucoup à la candeur de l’acteur, à sa culpabilité, sa colère rentrée, sa mélancolie, aussi. Orphelin point mesquin, citoyen londonien, grandi, agi, type un peu intrépide, presque stupide, « Pip » s’active à trois reprises, cesse d’être passif puisque secouriste, certes à moi...

La Femme nue et Satan : La Tête dans le carton à chapeaux

Image
  Seconde chance ? Secrète errance… Un an avant Les Yeux sans visage (Franju, 1960), autre histoire noire d’effroyable greffe féminine, La Femme nue et Satan (Trivas, 1959) s’apprécie pour ainsi dire en point de suture entre La Fiancée de Frankenstein (Whale, 1935) et The Brain That Wouldn’t Die (Green, tourné itou en 1959, sorti en 1962). Il s’agit aussi, à sa façon, d’une expressionniste préfiguration du plutôt pop « Krimi » teuton, pourvue d’un titre trompeur et pourtant pertinent : pas de pépée à poil, rien du Malin, mais un estimable mélodrame moral, à base d’art et de science, de corps et de décor, de construction et de destruction. Secondé par le production designer Hermann Warm, jadis au service de Wiene ( Le Cabinet du docteur Caligari , 1920), Lang ( Les Trois lumières , 1921), Murnau ( Le Fantôme , 1922) ou Dreyer ( La Passion de Jeanne d’Arc , 1928 + Vampyr , 1932), flanqué du directeur de la photographie Georg Krause ( Les SS frappent la n...

London After Midnight : Remarques sur Le Loup-garou de Londres

Image
Le « cri du cœur » de Rick Baker… Le cinéma sympathique et anecdotique de John Landis trouve ici une sorte de sommet. Son film préféré retravaille en partie Le Chien des Baskerville (Terence Fisher, 1959), adresse un clin d’œil salace au Voyeur (Michael Powell, 1960) et se conclut comme King Kong (Merian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack, 1933). Outre résonner avec d’autres opus consacrés de loin ou de près à la « lupinité », par exemple Wolfen (Michael Wadleigh, 1981), Hurlements (Joe Dante, 1981) ou La Compagnie des loups (Neil Jordan, 1984), Le Loup-garou de Londres (1981) se souvient des werewolves nazis avant le Lars von Trier de Europa (1991) et préfigure à la fois La Féline (Paul Schrader, 1982) et Simetierre (Mary Lambert, 1989). Une trentaine d’années après, Landis retournera en Angleterre, à l’occasion de Cadavres à la pelle (2010), encore une relecture des mésaventures du sinistre tandem Burke & Hare, disons dans le sillage d...

She : The Queen

Image
Robe en soie d’oiseau de proie pour Afrique archéologique… Après (ou avant) le matriarcat de Rebecca (Romijn) dans Satanic Panic (Chelsea Stardust, 2019), voilà celui d’Ursula (Andress, who else ?) dans She (Robert Day, 1965). Co-produite par la Hammer, la MGM + Seven Arts, cette moralité d’immortalité résiste assez à l’usure des années, du ciné. Certes, réalisé par un type polyvalent, prolifique, ensuite passé à la TV,   l’ item manque de style, de personnalité, mais son classicisme ne donne pas dans l’académisme, mais sa dimension méta (vous) séduira, mais il comporte deux séquences (exécution, confrontation) de violence inassouvie à faire envie. Ni le premier ni le dernier (précédé par Méliès, Porter, Curtiz, Cooper & Pichel, Ursula suivie par Sandahl Bergman & Ophélie Winter), Day (ré)adapte l’increvable succès de Rider Haggard. Fidèlement infidèle (voire l’inverse), La Déesse de feu (intitulé français explicite, un peu hyperbolique) se situe au croisement...

The Last Man on Earth : La Planète des vampires

Image
Vince versus le virus … Un principe nous guide pour définir nos actions, il nous guide depuis le début pour anticiper cette crise puis pour la gérer depuis plusieurs semaines et il doit continuer de le faire : c’est la confiance dans la science. Emmanuel Macron Diamant quasiment méconnu, injustement mésestimé, The Last Man on Earth  (Sidney Salkow, 1964) se dote évidemment, désormais, d’une dimension d’actualité : on y (re)trouve, en effet, une vaste et vaine ville vide, vidée, un virus (é)venté, maudit voyageur-convoyeur de « maladie universelle », des contaminations en série, de saison, à la maison, des proches (très) amochés, un « état d’urgence » tardif, décrété par une autorité tendue à la TV, dénoncez les infectés, merci d’avance, des soldats à la rescousse maousse, des lieux de (télé)travail abandonnés, rendus à leur vacuité-vanité. On découvre davantage, cependant, au cours de ce film apocalyptique et politique, pardon du pléonas...