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Affichage des articles associés au libellé Statut de la production

That’s Entertainment!

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  La fin de Netflix ? Le cycle du recyclage… Affaire de fric, annonce symbolique : Amazon dispose donc désormais du gros catalogue de la MGM elle-même. On sait que ce studio presque centenaire possède un CV assez agité, cas d’école pour spécialistes ès faillites. On se souvient des épisodes plutôt pénibles de son feuilleton financier, du kolossal Kirk Kerkorian, de l’éphémère Ted Turner, de l’Asie selon Sony, du transalpin Giancarlo Paretti, épaulé par un certain Crédit Lyonnais, olé. La fameuse firme du lion à la con, dotée de sa devise autarcique ou cynique, l’art pour l’art, à moi les dollars , subit aussi le démantèlement antitrust et des dettes à perpète, dont un faramineux fiasco dû au mégalo mais pas démago Michael Cimino ( La Porte du paradis , 1980). Néanmoins « major » en or, elle accumula moult succès, assortit un essaim de « stars », déploya des producteurs de valeur, citons les noms d’Irving Thalberg, de David O. Selznick, du tandem W...

Prends l’oseille et tire-toi : Notes sur l’argent au/de cinéma

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Dividendes et désespérances, dévaluations et décisions. Le froid la saisit de plus en plus, mais elle n’osait pas retourner chez elle : elle rapportait ses allumettes, et pas la plus petite pièce de monnaie. Hans Christian Andersen, La Petite Fille aux allumettes , 1845 Reprise de réminiscence romanesque : dans Fatale de Jean-Patrick Manchette, opus paru en 1977, l’héroïne maligne, un brin marxiste, se roule sur un lit de billets, prend son pied par procuration, sa nudité titillée par l’édredon de biftons. Ah, très cher argent, que ferions-nous sans toi, dis-le moi, au cinéma, au-delà ? À défaut du paradis, nous irions tous aux restaurants dits du cœur, nous userions notre sueur au pauvre prix de notre labeur, « travailleurs pauvres », comme disent les sociologues, vains observateurs à l’abri du malheur, guère de la connerie, eh oui. Comment faisait-on auparavant, avant la Renaissance et ses banques, matrice italienne du capitalisme désormais mondialisé ? O...

Tourist Trap : Cartes, territoires, caméras

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Ma France à moi au miroir fantomatique de la tienne à toi… Le cinéma régional n’existe pas mais les régions aiment le cinéma. Elles lui commissionnent des dépliants – touristiques, enrobés de dramaturgie – sur grand écran. Elles s’en servent en annexe délocalisée d’OTSI. Elles exportent une certaine image de la France, devenue en une quarantaine d’années une sorte de Mondwest muséal, patrimonial, allègrement gastronomique. Quand les paysans se suicident, que les usines tombent en ruines, on peut toujours se secourir à l’aide du secteur tertiaire. À défaut d’idées pour conjurer un chômage désormais structurel, voici donc le pétrole vert des pâturages, le pétrole blanc des monuments, le pétrole ouvert à tous, pas uniquement aux Asiatiques, de l’Histoire selon Stéphane Bern. Autrefois, dans les années 60, la filmographie hexagonale cultiva cette veine vintage , à coup de co-productions européennes, l’Europe des costumes et des coutumes, pas celle des nationalismes et des migran...

Absolute Beginners : Notes sur le jeune cinéma français

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Une affaire de perception et de point de vue, always et pour l’éternité. 1 La Fémis, une école de (re)production (sociale) peuplée « d’héritiers » à la Bourdieu ? Avec Le Concours , Claire Simon, une ancienne de la maison, semble découvrir l’Amérique. Dans un registre similaire, la pluie, ça mouille et la guerre, ça tue des gens. « Étonnant, non ? » comme ironisait Pierre Desproges. Allez, on évite d’en rire, please . 2 L’article « polémique » de Richard Brody récemment paru dans le New Yorker (une dizaine de paragraphes sans difficulté lexicale particulière, les anglophones s’en apercevront vite ici ) ne brille certes pas ni par son originalité, ni par sa profondeur, moins encore par la qualité de son style. On ne s’appesantira pas non plus sur la réponse -riposte anodine et chauvine d’un Jean-Marc Lalanne dans les colonnes des «  Inrocks  », hebdomadaire pour bobos aux goûts musicaux assez horribles, à la prose ...

Une hirondelle ne fait pas le printemps

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Sociologie du cinéma ? Subjectivisme financier de saison. Le Printemps du cinéma vient donc d’atteindre cette année sa majorité ; lancée en 2000, dans le sillage de la Fête du cinéma (elle-même organisée près de cent ans après la naissance du « septième art » version Lumière), par la puissante FNCF (synergie de syndicats émergée à la Libération, une vingtaine environ, « catégoriels » ou non, à Paris et en région, en charge de quasiment la totalité du parc français des salles), l’opération, étalée sur trois jours, du dimanche au mardi, vise à développer la fréquentation par un abaissement du prix du billet, disons de moitié (au lieu de huit, quatre euros). En dix-huit éditions, le visa (« choses vues » et entendues, indeed ) du « voyage immobile » (tous les cinéphiles personnifient le capitaine Nemo, même sans sous-marin) connut une inflation modérée, puisqu’il débuta au coût de trois euros et une poignée de ( dollars ) centime...

Electric Boogaloo : Double Détente

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Mark Hartley.    À mon père À Steven Seagal & Jean-Claude Van Damme Ce que nous écrivions récemment au sujet de Midnight Movies , on pourrait le reprendre presque mot pour mot à propos de Electric Boogaloo , l’impression sur les animations en moins (les interventions se déroulent ici sur un neutre fond noir). Mark Hartley (une pensée incarnée pour la chère Nina classée X) compte donc désormais trois documentaires à son actif, tous dédiés à « l’exploitation » (« niche » de truisme pléonasmique d’un art par « nature » et usage économique, commercial, capitaliste), en Australie, aux Philippines, aux États-Unis, en sus d’une nouvelle version du Patrick de Richard Franklin (auteur de Psychose 2 et Link , deux titres largement sous-estimés à redécouvrir). À l’ère « pressée » du numérique amnésique, nostalgique, en matière de cinéma, a fortiori e...