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Affichage des articles associés au libellé Arnaud Desplechin

L’Aura de Barbara

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  Exils # 8 (11/12/2023) Faut-il se méfier des surfaces, a fortiori des films ? Davantage on devrait les sonder, discerner les symboles, sillage d’Oscar Wilde, préfacier du pétrifié puis putréfié Portrait de Dorian Gray , céder le sens, l’essence, à leurs obsédés, assermentés à main armée. Au sein du point malsain Dans le bain d’Hector (2019) se dissimule un mutique trésor, dans la baignoire à ne pas voir, hors-champ du ravalement, fi de mythologie, en dépit d’un Grec obsolète, aucun sex toy de traviole, canard de panard aussi canari que la robe jaune de Gena ni gênée ni négligée, ni Davis ni Rowlands, un cuni à Cluny, ça lui dit, gode ou licorne, à elle la couronne, et loin de l’Hadrien mémorisé de Marguerite Yourcenar, voici, parce qu’il le vaut bien, l’Adrien bodybuildé de Jom Roniger. Le trio de travaux, métaphore du court métrage lui-même à moitié work in progress , mastique (mastic du plombier, poncif à pénis des bandes spécialisées supposées à bander, distinguez i...

The Captive : No Man’s Land

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Cultiver la terre et semer la paix, laisser loin derrière et s’aimer en paix…    Jean Renoir & Charles Spaak connaissaient-ils The Captive (1915) de Cecil B. DeMille & Jeanie MacPherson ? En tout cas, voilà déjà, vingt-deux ans avant La Grande Illusion (1935), une histoire de love and war , de ruralité rapprochée. Certes, personne ne confondra la fadasse Blanche Sweet, douceâtre fidèle de David Wark Griffith, avec la radieuse Dita Parlo, itou muse mémorable de Jean Vigo ( L’Atalante , 1934), mais ce métrage d’un autre âge, à la linéarité remplie de péripéties, à la rapidité débarrassée de digressions, mérite assez son exhumation. Film de classes et de « races », The Captive , comme Histoire d’O , de façon différente, affirme que le bonheur réside dans l’esclavage, tout au moins dans l’asservissement, pas si involontaire, d’un prisonnier de guerre, Turc noble vite entiché, en réciprocité, de la fermière amère, monténégrine, bigre, dont le fran...

Le Retour du cinéma : Les Métamorphoses

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L’effet Lazare, privé de hasard, Balthazar se marre… En 1996, Antoine de Baecque & Thierry Jousse retracent avec brièveté, simplicité, la chronique d’une mort annoncée, pas celle de García Márquez puis Rosi, plutôt celle du ciné, formulée/expérimentée par Serge Daney. Dès l’ incipit de sa partie proustienne logiquement intitulée Le Temps perdu du cinéma , l’historien souligne la supposée nécessité de la cinéphilie, car « Le cinéma a besoin que l’on parle de lui. » Avant d’en venir à l’auteur de Persévérance ou de L’Exercice a été profitable, Monsieur , titre bien sûr emprunté à une réplique des Contrebandiers de Moonfleet (Lang, 1955), il revient sur la Nouvelle Vague & André Bazin, relation de filiation par procuration reproduite par Daney à la recherche de son propre père disparu, à Auschwitz ou aux USA, il ne le sait pas. Lycéen bouleversé par Nuit et Brouillard (Resnais, 1956), Daney décide donc de devenir un cinéphile, un « ciné-fils », «...