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Affichage des articles associés au libellé Sophia Loren

Accusée, levez-vous !

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  Un métrage, une image : Verdict (1974) Obscur opus à plein œdipien, encore produit par l’incontournable Carlo Ponti, où la cara Sophia, « sauvagement belle », dixit le journaliste, « salope » selon Madame Casadesus, pratique le kidnapping , le chantage, la corruption, sinon d’insuline l’injection, afin de faire sortir de prison son pas encore condamné fiston, puis finit, sa culpabilité, certes accidentelle, enfin formulée, « levée d’écrou », je t’avoue tout, dans un mur, adieu aux postures, aux impostures, à un amour maternel à la truelle, étouffant, cause réelle de tous les tourments, davantage que le pedigree de l’accusé, fils de « gangster marseillais » à maison paternelle du côté « de Corte », CQFD. Le magistrat à charge, à moitié retraité, à rendre vénère l’abolitionniste Robert Badinter, dispose d’une épouse diabétique, hic et chic, quelle otage, quel dommage, dont le suicide devait éviter de « déshonorer...

Identification d’une femme : Monica survivra

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  Cassavetes & Rowlands, Eastwood & Locke, Roeg & Russell ? Antonioni & Vitti… Qui donc se souviendra, aujourd’hui, de Monica Vitti, sinon les fanatiques des films de Michelangelo Antonioni, les admirateurs d’un cinéma d’autrefois, façonné en Italie, d’un autre monde, aux vies évanouies ? La Monica, ça va de soi, durant ces vingt-cinq dernières années, dut tout en oublier, car atteinte, misère, d’un Alzheimer, en écho à « notre » Annie Girardot, presque compatriote, en tout cas de co-productions d’Europe. Ironie sinistre, peut-être rédemptrice, des actrices démunies de mémoire, incapables de se reconnaître au fantomatique miroir, quelle fragilité cruelle que celle de caractéristiques crues fondatrices. Avant de voir se dissoudre son identité, son pedigree , sa mémorable renommée, qu’elle situait dare-dare au-dessus d’un Oscar, Vitti traversa quatre décennies, se fit plusieurs fois féliciter, parce qu’elle le valait bien, par les « profess...

Goliath

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  Un métrage, une image : Le Château de l’horreur (1974) « La trépanation de la cervelle est en soi très justifiable » : l’œuvre d’Oliver, pseudonyme peu limpide, collectionne sans vergogne les répliques drolatiques, ce qui la rend à l’instant, en un instant, un divertissement souvent amusant, assorti de situations aussi stupides qu’irrésistibles, tant le sublime sait en sus, souvent, se métisser de risible, surtout au sein (aperçu plein) du ciné classé genré. On y retrouve un Rossano Brazzi en bout de course, presque à bout de souffle, l’acteur de valeur de Vacances à Venise (David Lean, 1955), La Charge de Syracuse (Pietro Francisci, 1960) ou L’or se barre (Peter Collinson, 1969), illico relooké en « comte » Frankenstein sérieux et toutefois espiègle, dialogue ad hoc , avant de visiter l’univers malsain de Damien ( La Malédiction finale , Graham Baker, 1981) puis la grosse pomme pourrie, de nuit, d’Abel Ferrara ( New York, deux heures du matin , 1984). Dans le rôle de l’...

Ma maison est remplie de miroirs : Sophia Loren, reine sereine

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  De Sofia à Sophia, au-delà du cinéma… Belle et sensuelle, heureuse et talentueuse, élégante et amusante, intelligente et attachante, populaire et altière, accessible et cependant dotée d’une aristocratie innée, Sophia Loren traversa et transforma un moment important du cinéma d’Italie, dut déclencher des jalousies pas jolies jolies, dont la détestation sans raison, irrationnelle, à la truelle, du pseudo-napoléonien Jean Tulard qui, au cours de ses collectifs dictionnaires anecdotiques, sinon à la con, consacrés aux acteurs, aux films, ne manque aucune occasion de déverser son fiel sur Mademoiselle Loren. Elle changea de (pré)nom, elle changea de vie, elle épousa de manière presque rocambolesque l’incontournable producteur Carlo Ponti, ni père ni patron, plutôt précieux compagnon. La fifille illégitime d’un ingénieur déserteur s’ingénia jadis à participer à un concours de beauté, « des lires pour un sourire », dommage pour les dollars du compatriote Leone, à s’affiche...

Le Grand Embouteillage : Dark Country

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Luigi Comencini. Ah, Stefania Sandrelli en sueur et enceinte… Belle présence des enfants, une caractéristique du réalisateur. Rappelons que  Trafic  sort en 1971 et  Crash  paraît en 1973 (Ballard ira plus loin dans la stase narrative). À rapprocher du  Fanfaron , autre radiographie nationale en voiture ; Risi filmait la vitesse du renommé miracle économique, jusqu’à l’accident fatal, Comencini l’immobilité de la crise pétrolière, justement, avec ce klaxon italien typique en trait d’union. On ne compte plus les viols dans le cinéma des années 70, de Peckinpah à Winner, d’Enrico à Yannick Bellon, en passant par Rino Di Silvestro ( La Louve sanguinaire ) et Saura. Que nous disent ces images, dans le contexte de la pornographie d’alors et du MLF ? La réponse se trouve peut-être dans  Lames  de Mo Hayder (auteur de  Tokyo , grand livre en résonance, étrangement, avec  City of Li...