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Affichage des articles associés au libellé Steven Soderbergh

Pas très catholique

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  Un métrage, une image : The Rosary Murders (1987) Huit années après son titre le plus emblématique, Terreur sur la ligne (1979), Walton signe donc son ultime film, avant de se transférer définitivement vers la TV, pour laquelle il dirigea déjà des épisodes des séries Alfred Hitchcock présente et Deux flics à Miami . Ce requiem à base d’inceste et de meurtres sériels inspirés par le Décalogue représente par conséquent un double adieu, adressé à une adolescente abusée, suicidée, à une éphémère carrière sur grand écran. Tourné à Detroit, ça se sent, ça se voit, en avril de vendredi saint malsain, ne te découvre d’un fil, ma fille, The Rosary Murders , intitulé explicite, ici aussi connu comme Confession criminelle , met en images un roman de William X. Kienzle, ex -prêtre et journaliste ensuite passé par l’université puis l’écriture de bouquins policiers, le premier consacré au récurrent curé Robert Koesler. Flanqué du fameux Elmore Leonard, lui-même de là-bas, diplômé d’...

Jennifer 8

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  Un métrage, une image : Hors d’atteinte (1998) L’éclectique et anecdotique Steven Soderbergh se refit ainsi une santé critique, grâce à ce sentimental polar transposé d’Elmore Leonard. Disons-le d’emblée : son Miami entre amis à lui lasse assez vite, ne possède pas une seule seconde la maestria d’opéra d’un De Palma ( Scarface , 1983). Quant à l’étreinte enneigée, alternée, amusée, à Detroit délocalisée, de Sisco & Foley, singeant une scène célèbre du Ne vous retournez pas (1973) de Nic Roeg, autre monteur promu réalisateur, elle montre idem ses limites, a fortiori fantasmatiques. Comme le ridicule ne tue pas, pas même au cinéma, notre palmé cannois ne renoncera à remaker de manière médiocre un certain Tarkovski ( Solaris , 2002), à commettre l’interminable et pseudo-didactique Traffic (2000), à côtoyer, via un risible Équilibre , l’envoûtement manuel de Wong Kar-wai et l’ennui poli selon Antonioni ( Eros , 2004). Si l’on risque, qui sait, de visionner un jo...

Extorsion + Reporter criminel : L’Homme des foules

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Rappel des criminels précédant la reprise de la symphonie. En découvrant ces deux ouvrages, à la brièveté séparée par le pavé de Perfidia , par l’ album de LAPD ’53 , on se surprit ou pas à penser à Poe. La fascination des femmes défuntes, l’enquête policière comme odyssée existentielle, la foi en filigrane : autant de correspondances entre Edgar & Ellroy, même si le divin du premier se différencie du second, plus cosmique et moins chrétien, on renvoie vers Eurêka . Le lecteur familier de l’auteur classera tout ça fissa, Extorsion disons en prolongation de Dick Contino’s Blues et Reporter criminel  dans le prolongement de Crimes en série ou Destination morgue . Ellroy essayiste, Ellroy nouvelliste, Ellroy radoterait un brin, le ferait bien ? Oui et non, car l’écrivain, sur son terrain d’élection, sait s’ouvrir des horizons. À l’instar de Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1950), Extorsion , sous-titré Les confessions de Freddy Otash , donne à lire l’autob...

Becoming Elsa: A Coming of Age Story : Elsa, Elsa

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Partir, (se) découvrir, grandir. « Deviens qui tu es ! » Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra En country girl esseulée, en étudiante boursière à UCLA, en vierge réservée, Elsa Jean séduit assez. Certes, tout ceci, étiré autour de deux heures vingt, découpé en épisodes à la fois prospectifs et récapitulatifs, s’avère trop long, manque d’émotion, ce « passage à l’âge adulte » – notez le jeu de mots inclus sur come – ne déploie pas de passion, et le twist vite deviné, in extremis dévoilé, d’une amie imaginaire, dédoublement d’audace explicité par l’intéressée, à l’attention des étourdis, ne saurait suffire à rivaliser avec les fantasmes méta de Naomi Watts selon Mulholland Drive (Lynch, 2001), qui lui-même, d’ailleurs, comporte une mémorable scène d’onanisme dépressif, passons. Le scénariste/réalisateur/monteur Rick Greenwood se conforme pour sa part, en professionnel anonyme, au cahier des charges de l’estimable studio spécialisé, co-cré...

Ma vie avec Liberace : Le Pianiste

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Steven Soderbergh. Pas de boogie-woogie avant de faire vos prières du soir Eddy Mitchell Ni Fassbinder, ni Friedkin, ni LaBruce, ni Molinaro, Soderbergh mit du temps à concrétiser son projet de biopic de dix années ramassées sur cent dix minutes, et Ma vie avec Liberace vient parfois longtemps après Le Droit du plus fort, Cruising , Gerontophilia , La Cage aux folles , deux opus importants, une jolie réussite itou sortie en 2013 + une comédie indubitablement dispensable. S’il s’autorise quelques afféteries arty au piano, en avion, durant un bad trip , l’ensemble fait profil bas et s’apparente davantage à du filmage qu’à un long métrage rempli d’audace(s). Que ce littéral téléfilm de luxe connut les honneurs d’une exposition cannoise, que son auteur stakhanoviste passe auprès de certains critiques pour un styliste, laisse songeur et renseigne autant sur les exigences de Monsieur Thierry Frémaux qu...

Ocean’s Thirteen + Ned Kelly : Les héros sont fatigués

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Danny versus Kelly, par un soir de zapping en ligne. Ellen Barkin, alternativement psychorigide et hystérique, porte désormais des lunettes assorties à sa robe rouge décolletée, Pacino, très bronzé, l’imite en matière d’optique, opte pour la transparence, caresse avec délice, dans un écrin sud-coréen, son tout nouveau cellulaire, tandis que Brad & George (qui d’autres ?) reniflent devant un extrait d’une émission d’Oprah Winfrey (on offre une bicoque à des Noirs pleurnichards), que Vincent Cassel semble perplexe devant un étal de slips ; Soderbergh, bientôt biographe du Che acoquiné à Sasha Grey, sept ans après le soap sérieux du surfait Traffic , boucle une épuisante trilogie, se prend pour Scorsese, filme Las Vegas en hélico, en montage musical, en dialogues de mecs entre eux : cinéma de parvenu(s), de vide clinquant, qui se voudrait champagne amusant, qui s’évente aussitôt – au bout de dix minutes, on s’éclipsa fissa. Heath Ledger, paix à ses mân...