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Affichage des articles associés au libellé Michele Soavi

Démons + Démons 2 : Entropy

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    « Cathédrale » et « caïman », mitan et maintenant… Quand je mourrai j’irai au Paradis C’est en Enfer que j’ai passé ma vie Daniel Darc Cinéma méta ? Cela va de soi. Satire de la TV ? Pourquoi pas ou en effet. Ce diptyque sympathique cependant à ceci ne se limite. Bava se souvient de son puissant et pionnier papa ( Le Masque du démon , 1960), il rencontre le Cronenberg de Frissons (1975) et Vidéodrome (1983), il délivre deux survivals juvéniles, dont la surface à fond superficielle reflète celle, darwinienne, synthétique, ludique, cynique, de la décennie. Les films fonctionnent à la symétrie, dialoguent à distance, se citent, se corrigent. Le premier volet verse in extremis vers la dystopie, s’achève via un cadavre de nuit ; le second se termine sur une femme transformée en mère et son homme à l’aube, comme en clin d’œil à la coda ouverte de Zombie (Romero, 1978), hélico illico . Au-delà de divertissements d’antan, co-écrits...

Blastfighter : La Chasse

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Jake et son faon, Jake et son enfant, Jake en ermite et en mécanique…          Bien sûr, Blastfighter (Lamberto Bava, 1984) adresse des clins d’œil aux Chasses du comte Zaroff (Irving Pichel & Ernest B. Schoedsack, 1932), à Délivrance (John Boorman, 1972), à Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1978), à Rambo (Ted Kotcheff, 1982), au contemporain Razorback (Russel Mulcahy), mais il résonne surtout, certes à sa modeste mesure, avec Impitoyable (Clint Eastwood, 1992), possible titre suppléant, puisque son argument, de passé point ne passant, repose à la fois sur le refus de la violence et l’accomplissement de la vengeance. Le générique de fin précise que les images de souffrance animale proviennent d’archives, exit le côté documentaire de Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980), donc, cependant ce métrage de traque générale, de gibier à deux pieds, capable de parler, pleurer, constitue à sa manière un tract contre l’...

Delirium : Sabrina

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Petite et grande mort autour de la grandiose et morose Serena Grandi. Les Yeux de Laura Mars (Kershner, 1978) meets Caligula (Brass & Guccione, 1979) : la charmante, célibataire, propriétaire-héritière d’un « magazine de charme », euphémisme de jadis, avant la massification des masturbations en ligne, affronte son propre frère un peu trop épris, surtout de ses formes opulentes. Le vrai-faux crevé sur escalator finira terrassé au niveau des testicules, au bord de la piscine nocturne, par un malin voisin voyeur et harceleur, accessoirement agresseur de rêve/cauchemar muni d’une lampe torche molto phallique, lui-même cloué sur un fauteuil roulant à la James Stewart ( Fenêtre sur cour , Hitchcock, 1954), à cause du choc psychologique, traumatique, d’un accident de voiture où décéda sa bien-aimée, vous suivez ? On pardonnerait presque sa marotte au petit (saligaud) Tony, puisque la généreuse Serena Grandi, enceinte selon Joe D’Amato ( Anthropophagous , 1...

La Belle et la Bête : Bloody Bird

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Interdiction de Jésus, injonction de Morrison ? Ramage-plumage d’otage tactile.   Oubliez illico Cocteau, à peine cité le temps d’un plan de rideaux volants : La Belle et la Bête tchèque dialogue davantage avec Herzog, Franju, De Palma, Ridley Scott. Le titre original précise d’ailleurs les choses ; il s’agit de la rencontre d’un « monstre » et d’une « jeune fille », comprenez donc une vierge. Adieu au masque velouté, à la crinière léonine, de Jean Marais magnifiquement défiguré par son amant polyvalent et le maquilleur Hagop Arakelian, bonjour à une tête de piaf inspirée de la party déguisée de Judex (1963) autant que du volatile vengeur de Phantom of the Paradise (1974), ailes de cape à la Batman incluses. Quant au château de huis clos, il annonce bien sûr le petit théâtre de la cruauté transalpin de Bloody Bird (1987), autre item orné d’un oiseau sado. Juraj Herz, décédé au meurtrier mois d’avril, Heynemann opine, paix à son âme ...

Contamination : L’invasion vient de Mars

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Au pays de Shakira, nul ne vous verra sauver (provisoirement, loi mercantile et lucide du « genre ») vos semblables (qui ne le méritent guère, en vérité). « Tout s’harmonise » (Stephen King, 22/11/63 ) : l’ouverture de Contamination rime avec Le Vaisseau de l’angoisse de Steve Beck (dans le sillage, expression idoine, du Dracula de Stoker, certes), l’un de ses prédécesseurs mentionnés au détour d’un ligne de dialogue : un bateau fantôme pénètre dans les eaux calmes de New York, survolé par un hélicoptère dont le co-pilote, pressé par un opérateur de la tour de contrôle, rappelle qu’il ne se trouve pas à bord du Concorde, mais à proximité de la Statue de la Liberté. Dès ce prologue crépusculaire, littéralement, Luigi Cozzi (rebaptisé Lewis Coates pour l’exportation) met en place les principaux éléments de son histoire, le danger venu d’ailleurs, un humour discret, constant, une féminité davantage éclairée, éclairante, que la masculinité souvent ...

Dellamorte Dellamore : Le Trio infernal

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Sans le connaître, le protagoniste de ce film d’horreur pas comme les autres pourrait s’attribuer à juste titre la célèbre déclaration nécrophile de Poe : « Je ne pouvais aimer que là où la mort mêlait son souffle à celui de la beauté »… Comme tout bon cinéphile, Francesco Dellamorte fréquente les cimetières, littéralement – et non pas les salles obscures à l’avant-goût de tombeau (Artaud), avec leurs génériques aux allures de nécrologies –, puisqu’il occupe le poste de « gardien des morts » dans une petite nécropole de province (italienne), auquel le prédestinait son funeste patronyme. Pour tout dire, les défunts n’y trouvent guère une éternelle sérénité, ressuscitant au bout d’une semaine à peine, dans les cris et l’agressivité, ce qui oblige notre bellâtre (impeccable et drolatique Rupert Everett, sympathique dandy du dit septième art, quelque part entre Errol Flynn et George Sanders) à ramener l’ordre des vivants manu militari . Assisté du fidèl...