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Affichage des articles associés au libellé Marco Bellocchio

Alexandre

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  Un métrage, une image : Les Poings dans les poches (1965) Tramé à domicile, financé en famille, le premier film de Bellocchio passa aussitôt pour un brûlot, scandalisa molto, ne séduisit ni Buñuel ni Antonioni, tant mieux, tant pis. Redécouvert aujourd’hui en version restaurée, beau boulot de l’éphémère dirlo photo Alberto Marrama, ensuite au service de la TV, du documentaire dit engagé, il s’avère vite une comédie dramatique, un mélodrame drolatique, dont l’humour noir autorise une discrète tendresse, exorcise le désespoir, presque. « Quel supplice de vivre ici ! » s’écrie en sourdine le souriant Leone, candide débile désolé d’un autodafé de maternel mobilier, Marat de médoc, cadavre à la flotte. Plus tard, dessillée, sidérée, à la renverse tombée le long de l’escalier, donc alitée, sa sœurette suspecte, cf. la liminaire lettre, un peu anonyme, pas très maligne, conseillera de s’incruster au frérot Augusto, lui-même idem au courant des meurtriers agi...

La Longue Nuit de 43 : Vincere

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Les « fautes du fascisme » ? Il suffit de s’en affranchir… Jadis primé, à présent oublié, sic transit la gloria de l’amnésique cinéma, tant pis pour Pier Paolo Pasolini, adaptateur de Giorgio Bassani, accompagné d’Ennio De Concini, La Longue Nuit de 43 (Florestano Vancini, 1960) se déroule à Ferrare, d’où le brouillard. Certes, ce premier métrage estimable, récompensé à Venise, pâtit de son manque de personnalité, mais ne manque pas de lucidité, d’intensité, mention spéciale à la fusillade fameuse, odieuse, d’antifas, filmée comme il faut, froidement, lui conférant son titre historique, ésotérique, explicite. Mise en fiction d’un fait divers, d’un crime de guerre, le récit carbure à l’adultère et à l’amitié, à la désertion et à la prescription, juridique et pharmaceutique. L’épouse épuisée d’un soldat estropié retrouve un amour de jeunesse, fils d’avocat fissa de l’armée enfui, une fois l’armistice établi. Sur cette base rappelant l’argument du Diable au co...

Il primo re : Roma

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Nulle louve fellinienne à l’horizon, mais un chevreuil chassé, dévoré, sans cuisson…   Péplum réaliste, Il primo re (Matteo Rovere, 2019) relit le récit originel de Rémus & Romulus. Davantage qu’à La Passion du Christ ou Apocalypto (Mel Gibson, 2004 + 2006), autres épopées primitives, dépaysantes, aux idiomes d’époque(s) reconstitués, puisque le ciné, art funéraire, fantomatique, les « langues mortes » aussi ressuscite, le film fait penser à La Guerre du feu (Jean-Jacques Annaud, 1981) et au Nouveau Monde (Terrence Malick, 2005). Il s’agit, en effet, d’une réflexion en action(s), sur la société puis la citoyenneté, à base de fraternité, ensuite de fratricide, d’altérité, de religiosité, de piété, de virginité, de sacrifice et d’hubris, de destin et d’émancipation. En dépit d’un déluge dévastant les deux bergers, liminaire, spectaculaire, l’ opus se place sous le signe du feu, assimilé ou non à un dieu, à respecter, ne profane point son cercle sacré, à ...

The Offence

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Faire des films efficaces, se rassurer sur sa sensibilité… Ma confirmation à la question : Yes it can, and should! Voici en VO un article assez intéressant, cristallisant un basculement, du « graphique » vers l’idéologique, sans cependant paraître s’apercevoir que l’organique procède du politique, que la représentation ne saurait se passer d’une réflexion, même a minima , même inconsciente. Figurez-vous que je lus jadis L’Oiseau bariolé concerné, désormais adapté, petit catalogue horrifique, didactique, à l’authenticité discutée, sans en être traumatisé, CQFD – Survivre avec les loups de la fallacieuse Misha Defonseca suivra d’ailleurs la voie. Oui, la relativité concerne aussi le scandale, la censure, et la transgression, terme très religieux, à la Georges Bataille, se métamorphose avec les années, les sociétés, mais choquer, être choqué, constitue encore un plaisir, comme le disait un certain Pasolini, expert en ce domaine, réputation payée au prix de sa vie. ...