Alexandre
Un métrage, une image : Les Poings dans les poches (1965) Tramé à domicile, financé en famille, le premier film de Bellocchio passa aussitôt pour un brûlot, scandalisa molto, ne séduisit ni Buñuel ni Antonioni, tant mieux, tant pis. Redécouvert aujourd’hui en version restaurée, beau boulot de l’éphémère dirlo photo Alberto Marrama, ensuite au service de la TV, du documentaire dit engagé, il s’avère vite une comédie dramatique, un mélodrame drolatique, dont l’humour noir autorise une discrète tendresse, exorcise le désespoir, presque. « Quel supplice de vivre ici ! » s’écrie en sourdine le souriant Leone, candide débile désolé d’un autodafé de maternel mobilier, Marat de médoc, cadavre à la flotte. Plus tard, dessillée, sidérée, à la renverse tombée le long de l’escalier, donc alitée, sa sœurette suspecte, cf. la liminaire lettre, un peu anonyme, pas très maligne, conseillera de s’incruster au frérot Augusto, lui-même idem au courant des meurtriers agi...