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Affichage des articles associés au libellé Alexander Korda

New Yorke

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  Exils # 146 (02/12/2025) Howard Hawks se moquait de la sentimentalité de John Ford, mais Rio Grande (1950) s’avère presque pudique et modéré par rapport à l’expressivité de Pagnol ( Marius , Korda, 1931), c’est-à-dire de Raimu & Fresnay, père et fils enlacés. Dans un plan-séquence assez intense, la remarquable Maureen O’Hara essuie une larme, son rejeton embrassé à trois reprises – front, nez, lèvres – ne désarme. Néanmoins l’émotion irrigue tout le film, tel le fleuve qui le baptise, se rebaptise Bravo du côté de Mexico, Howie dit oui, frontière liquide à ne pas franchir au jeu dangereux « du chat et de la souris », finalement franchie afin de secourir des enfants captifs rassemblés à l’abri d’une église, croix de volets en meurtrières fissa transformées, comme si Oradour se délocalisait, contre-attaquait. Du chœur ecclésiastique au chœur acoustique, voire l’inverse : les hommes chantent, enchantent, déchantent ; ils « massacrent » aussi les Apach...

L’Arroseur à Rosay

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  Exils # 141 (18/11/2025)   En dépit d’une note d’intention de bon ton, La Kermesse héroïque (Feyder, 1935) ne succombe au picturalisme, car cette « farce héroï-comique » déclarée fictive, sinon inoffensive, ne manque de mouvement, à la grue notamment. L’auteur de L’Atlantide (1921), Crainquebille (1922), Visages d’enfants (1925) ou du Grand Jeu (1934) certes profite d’une impeccable direction artistique, concoctée par les cadors d’alors, Benda, Meerson, Trauner, Wakéwitch et compagnie, mais jamais ne s’immobilise ni ne s’endort sous le poids des costumes ou du décor. Sept ans avant Les Visiteurs du soir (Carné, 1942), réalisé par son ancien assistant, il raconte un conte de passage et de passé, propice à être (sur)interprété, contexte historique oblige. Retoqué par Korda et la UFA puis produit par la Tobis, ce succès en salles adapte une nouvelle de Spaak, datée d’une huitaine d’années, chèrement et peu cordialement payée, recrée le comté de Flandre du côté...

Madame porte la culotte

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  Un métrage, une image : Chaussure à son pied (1954) Comédie de mœurs amusante et mineure tramée par un cinéaste tout sauf amateur, Chaussure à son pied , même adapté d’un scénique succès, ne ressemble jamais à du théâtre (mal) filmé, tandis que la séquence de delirium tremens annonce celle, célèbre, du bien nommé Cercle rouge (Melville, 1970). Mais Montand fout le camp, Laughton cartonne, carbure à l’alcool, petit patron abonné à la boisson en réunion, papounet endeuillé, fi de sa défunte et trop parfaite femme, voici trois filles serviables et infernales. Notre épigone du roi Lear, très près de sa tirelire, exploite sa triple progéniture, passe ses jours et quasi ses nuits en piètre compagnie, amitié imbibée, sinon intéressée, au Moonraker, pas celui de Bond, bien sûr, habituée. Alice & Vicky se rebiffent, envisagent le sauvetage du mariage, la première avec un avocat aux « empeignes à faire honte à la magistrature », fichtre, la seconde éprise du grand gamin d’un mar...

Annette

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  Un métrage, une image : Poil de Carotte (1925) En (re)découvrant, en version restaurée, bravo à Lobster, la boîte de Bromberg, cette première transposition, moins célèbre que celle avec le tandem Baur & Lynen (Julien Duvivier, 1932), on ne peut pas ne pas penser à Visages d’enfants (1925) de Jacques Feyer, d’ailleurs ici crédité co-scénariste, autre conte de souffrance d’enfance, de ruralité portraiturée, (re)lisez-moi si ça vous va. De plus on comprend, en un instant, pourquoi le cinéaste s’autoremaka fissa, comme Hitchcock ( L’Homme qui en savait trop , 1934 + 1956) : Poil de Carotte s’avère vite un opus aspirant à être parlant, chantant, à cancans, en très gros plans. Duvivier y invente une variante du split screen , via des miroirs mobiles, il fait apparaître les pensées de ses personnages à l’aide de surimpressions de saison, qui participent d’un « réalisme fantastique », amitiés à sa sienne Charrette fantôme (1939), elle-même déjà à la sui...

Le Troisième Homme : Deconstructing Harry

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  Égout itou, plus propre mais autant létal que celui de Kanał … Comment mourir le mieux, sinon de la main d’un ami, même malheureux ? Au son d’une célèbre cithare de trop tard, on passe ainsi de Wajda à Welles, on explore un autre décor, on ranime une autre mort. Modèle de rythme aux cadres obliques, le requiem cette fois manifeste du mensonger macchabée utilise le son à l’unisson, affirmons à nouveau, que vous le vouliez ou non, en chœur avec le spécialiste Michel Chion, le cinéma comme « art sonore », hier et encore. Au creux de tunnels-caveaux, de catacombes européennes remplies d’ombres voire de vauriens, de clairs-obscurs d’impostures, beau boulot du dirlo photo Robert Krasker, pour ceci oscarisé, ensuite au côté de Visconti sur Senso (1954), ah, revoici Alida Valli, à proximité d’une immense roue de la destinée propice à séduire le symboliste Malcolm Lowry (et le John Huston de Au-dessous du volcan , 1984), se trame une traque patraque, en puissante profon...

Les Enfants du désordre

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  Un métrage, une image : Rue des prairies (1959) Denys de La Patellière ne possède le moindre soupçon de personnalité, il se repose sur les personnages, leurs paroles, leurs interprètes, à savoir sur le travail valeureux et savoureux du tout sauf tocard Audiard. Mélodrame familial divisé en deux temps, le passé, le présent, Rue des prairies dispose d’une scène dite d’exposition assez excellente, modèle de litote dépouillé de parlote, où explose en silence l’éloquence de la présence de Gabin déguisé en prisonnier guerrier émancipé, endeuillé, cocufié, donc doté d’un « fils préféré », émouvant « délinquant » de Dumas à défaut de celui de Nicole Garcia. Ensuite, ça se complique, le bâtard se bagarre, sa sœur et son frère font la paire, tandem pragmatique de réussite cynique. Tout se termine au tribunal, père accablé, « mineur » libéré, amour masculin jamais mesquin formulé enfin. L’adaptateur/dialoguiste s’y connaissait en cyclisme, il esquiv...

Music of My Life : Bruce tout-puissant

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Et les bons contes font les bons amis, du côté de Luton puis Asbury… Ici, hélas, pas une once de l’urgence, de la pertinence, de My Beautiful Laundrette (1985) & Sammy et Rosie s’envoient en l’air (1987), diptyque in situ , instantané, des années Thatcher, dépeintes par un tandem Hanif Kureishi/Stephen Frears à la fois tendre et en colère. « Feel good movie » téléfilmé, « inspiré d’une histoire vraie », Music of My Life (Gurinder Chadha, 2019) ferait aussi ressembler Absolute Beginners (Julien Temple, 1986) à un métrage marxiste. Narré par son principal protagoniste, un « Paki » porté sur l’écriture, en opposition paternelle, sujet d’une épiphanie jolie, un soir de tempête suspecte, réminiscence de romantisme, ce récit d’une déception, d’une obsession, d’une ascension, ne réserve aucune surprise au spectateur anglophone, anglophile, déjà au courant, dès son rural commencement, de son collégial achèvement. Cependant, on n’y perd pas trop s...