Articles

Affichage des articles associés au libellé Dominik Moll

Flight Plan

Image
  Modèle de modernité, moralité de monstruosité… L’antidote à In t he Mood for Love (Wong, 2000) ? Davantage un ouvrage sur les images et les mirages. Dans l’avant-dernier segment émouvant puis éprouvant des Nouveaux Monstres (1977), coréalisé en compagnie de Scola & Monicelli, Risi leur laisse presque toute la place, petit précis de ciné muet très expressif, tout le temps éloquent, où à peine une poignée de répliques, unilatérales, répondent aux paroles ad hoc du double programme musical, aux informations à la télévision finales et fatales. Face aux interrogations du romantisme, le terrorisme conserve ainsi mystère et mutisme. D’une décennie à la suivante, les moyens de locomotion diffèrent mais demeurent mortifères, la virée en voiture ou le vol en avion se terminent idem au cimetière, Senza parole prolonge subito presto Il sorpasso (1962). S’il ne fanfaronne comme Gassman, présent ici aussi, qu’il évoque en vrai-faux sosie, Latin lover au charme de cheveux sombre...

La Ferme de la terreur

Image
  Un métrage, une image : Beast No More (2019) À moitié mélodrame, à moitié survival , Beast No More risque ainsi de faire perdre au spectateur domestique le nord, puisqu’on passe presque sans préavis d’une sourde démonstration de misandrie à un petit précis de misogynie. Obscur opus australien le valant assez bien, concocté puis exécuté par une équipe artistique et technique surtout issue de la TV, au vu du résultat, on n’en doutait pas, le premier long métrage en effet longuet du méconnu Aaron Warwick pourtant une poignée de lignes mérite, justement en raison de ce renversement, d’un double discours pétri de schizophrénie, de sa nature impure de psychodrame avec dames, placé sous le signe de notre modernité médiocre qui déprime, qui se délecte de l’abjecte et obsolète guerre des sexes, au ciné, en société, cf. le succès d’été du nuisible et louche La Nuit du 12 (Moll, 2022), pendant que l’unisexe capitalisme, riche en vagins et pénis, insiste et persiste, se frotte les...

Ma sorcière bien-aimée

Image
  Un métrage, une image : La Sorcellerie à travers les âges (1922) Peintre pédé pour Dreyer ( Michaël , 1924), Christensen incarne ici le Christ & Satan, annonce surtout La Passion de Jeanne d’Arc (1928), semble aussi se souvenir, à échelle (d’urbain modèle) réduite, de Intolérance (Griffith, 1916), autre conte « historique et culturel », sinon cultuel, découpé en périodes, en épisodes, pas « à suivre », presque. Si le cinéaste de Naissance d’une nation (1915) délaisse le racisme, manie à demi la misogynie, puisque femmes moralisatrices, accusatrices, ruineuses de gréviste, puisque la massacreuse de catholiques Catherine de Médicis, le Danois ne suit ses pas, sa sienne fresque, plus modeste, en dépit d’un budget  suédois estimé élevé, frise le féminisme. Six ans avant les visages bouleversants de Renée Falconetti et ses tourmenteurs de malheur, Häxan , c’est-à-dire la sorcière, amitiés à Michelet, ne démérite pas, loin de là, immortalise les ...

La Nuit du 12 : La Femme flambée

Image
  Grenoble, ignoble, femmes, flammes, de Lynch, Wallace, Damiani démuni… Genrer tous les actes, c’est considérer que les gens n’ont pas d’âme. On ne condamne pas les hommes, on condamne les sales types. Et il y a aussi des femmes mauvaises. Cécile Bois Ce téléfilm régionaliste, digne d’une diffusion du samedi soir sur France 3, s’avère vite un sommet, in extremis situé au sommet, à vélo, guère rigolo, le « hamster » s’aère, de misérable misandrie assumée, assénée, formulée, formatée. Lequel « crama » Clara ? Inutile, en définitive, de se crever à investiguer, s’en rendre malade, parler pendant deux heures inter-minables, champs-contrechamps décourageants, interroger les habituels suspects (les antiracistes racialisent, les antisexistes sexualisent), rappeur crâneur, qui confesse au commissariat, sans « beat », pas sans bite, son désir d’incendier son ex , aux doléances de « princesse », « que des mots », plaidoyer pro ...