Articles

Affichage des articles associés au libellé Peter Greenaway

Le Ventre de l’architecte

Image
  Un métrage, une image : Liebestraum (1991) L’ultime film de Kim Novak la portraiture en patiente très patraque, en gémissante génitrice, in fine en flingueuse au passé, à l’agonie aujourd’hui, tandis qu’elle expire, une jeune femme soupire, grande et petite morts encore mêlées, merci au montage alterné. En dépit de la présence de Pamela Gidley ( Twin Peaks: Fire Walk with Me , 1992) & Bill Pullman ( Lost Highway , 1997), d’une ambiance étrange, de mauvais rêves presque réels, voire l’inverse, d’une perversité secrète et souterraine, on songe davantage à quelques compatriotes de l’aussi scénariste et instrumentiste Figgis, aux claviers comme Badalamenti, eh oui, qu’au spécialiste David Lynch, par exemple à Peter Greenaway ( The Belly of an Architect , 1997), Alan Parler ( Angel Heart , 1987), Nicolas Roeg ( Bad Timing , 1980). Climatique ou léthargique, suivant l’adoptée perspective, moins estimé, à succès, que Stormy Monday (1988), Internal Affairs (1990), Leaving...

Mano de obra : Travaux

Image
  Squatteurs de caveau, (dé)construction des idéaux… Bande-annonce d’à moitié mensonge, car Mano de obra (David Zonana, 2019) ne se résume pas à un tendu thriller entre un ouvrier vénère et un impitoyable propriétaire. Ceci survient, voire s’évacue, vite, autant que la chute du vrai-faux alcoolisé, dès le premier plan pondéré, harmonie masculine immédiatement minée, mystérieux traumatisme originel jamais surmonté, même si au final instrumentalisé. En effet Francisco se remet fissa du double fiasco, il supprime subito l’assassin désinvolte, par procuration, de sa belle-sœur enceinte, pauvre Lupe dépourvue d’indemnités, pendue puisque désespérée. Une fois la corde (de la discorde) mise en commun, seconde pendaison de saison, à présent en appartement, l’intrus s’improvise parvenu, incite ses potes à s’installer au sein de la piaule luxueuse, coûteuse, géométrique, en fabrique, de l’esseulé décédé. Le farniente en jacuzzi ne lui suffit, il monétise des meubles du mort, il passe un...

Rester vivant : Méthode : L’Antre de la folie

Image
Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Arno Hagers, Erik Lieshout, Reinier van Brummelen. Ce sympathique essai de soixante-dix minutes se caractérise par sa douceur, son apesanteur. Iggy Pop profère de manière remarquable des extraits du texte de Michel Houellebecq traduit avec fidélité. Il lit aussi un bel écrit de Jérôme Tessier, Stéphanois autrefois interné, récit d’une sortie de route hors de l’anormale normalité. Le résident de Floride roule quant à lui en Rolls Royce et explicite son autobiographique-métaphorique Open Up and Bleed (1988). Il sert itou de fil rouge, parfois téléphonique, à trois portraits croisés, rajoutons l’hôtesse d’accueil parisienne Anne Claire Bourdin, fumeuse mélancolique + le peintre lyonnais Robert Combas, à l’accent sétois. Erik Lieshout signa un making-of de La Possibilité d’une île (2008) dont le romancier, ici co-scénariste, à nouveau acteur après L’Enlèvement de Michel Houellebecq (Guillaume ...

Images : Oh, Susanna!

Image
Bal(l)ade irlandaise ? Enfantillages et fadaises… À Franck Ferreira, affaire de faux hasard En 1972, à Dublin, Robert Altman se renie à demi. Il évacue le choral, il conserve le théâtral. Drame de chambre, à coucher, à photographier, Images dure cent longues minutes et s’achève par une chute, au propre, au figuré. Sous sa douche à la Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), l’héroïne pousse un cri prolongé par les percussions ponctuelles, stridentes, et la cascade rurale, renversant le mouvement ascendant, reprenant le plan en grue descendante du début, dévoile le véritable cadavre, celui du mari transi. Quand la gamine, aux faux airs de sœurette, lui demande comment elle-même s’occupait à son âge, sa « meilleure amie » lui répond qu’elle se racontait des histoires. Adulte, elle continue, elle passe son temps à cela, et Altman filme en mode méta son imagination en effet « délirante », son solipsisme de saison, automne d’intériorité, d’amours endeuillée...

Le Cuirassé Potemkine : Little Odessa

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Sergueï Eisenstein. Passons (vite) sur une sonorisation (doubleurs allemands, L’Internationale et La Marseillaise à la trompette, chouette, crescendo musical durant la bataille navale avortée) et une « colorisation » (oh, le beau drapeau rouge hissé sur le cuirassé) de saison (parlant émergent) dont le film se passe sans peine, et nous idem  : te revoilà, camarade cinéphile, à Odessa. Que fais-tu là, que viens-tu chercher dans l’été russe reconstitué (par une troupe de troupes théâtrales), loin (par l’espace et le temps) de ton automne humide, assez glacé, du règne transparent, désolant, de Poutine (et Trump et Macron) ? La révolution ? Elle s’apparente à un rêve, celui du film et celui de son récit, qui l’encadre de deux sommeils de marins vite réveillés (de leurs songes personnels, de leurs illusions d’union) puis emprisonnés en… Roumanie, eh oui. Le lyrisme avoué viendra (bientôt)...

Que viva Eisenstein! : Siesta

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Peter Greenaway. Greenaway ? Pas vraiment ma tasse de thé, malgré mon anglophilie cinéphile, même si le fait d’avoir autrefois filmé la frontal nudity de la belle (et talentueuse) Helen Mirren dans Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant mérite mon respect émoustillé. Picturalisme, théâtralité, arrogance culturelle : les principaux péchés de sa profane trinité se retrouvent dans ce vrai-faux biopic , mais pas seulement, et heureusement. Car l’humour domine dans le portrait irrespectueux, admiratif, documenté, subjectif, s’autorise des instants au bord du poignant, laissant la vénération (voire le militantisme gay ) à autrui, aux érudits, aux universitaires, aux étudiants, s’aventurant sur le terrain miné (pour l’exposé) de l’émotion, de la passion, de l’émancipation. La meilleure part d’un film anecdotique et ludique, il convient de l’apprécier dans l’histoire d’amour, très court, disons quel...