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Affichage des articles associés au libellé André Cayatte

Luigi ou l’Embellie

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  Exils # 100 (02/04/2025) Dabadie adapte/dialogue Curtis et de Broca dirige un « exercice de style », ainsi qu’il qualifiait ce film méconnu et mal aimé, que le cinéaste souhaitait « pudique et délicat comme l’âme même de son héroïne » ( Philippe de Broca : Un monsieur de comédie ). Exécuté à Cannes, la critique ricane, sorti sans succès en septembre en salle, désormais restauré, disponible en ligne, Chère Louise (1972) ne relève ni du « trésor retrouvé », accroche de la nouvelle affiche, ni du déterré navet, sentimentalisme intempestif. Sorte de réponse positive à Mourir d’aimer (Cayatte, 1971), de matrice apocryphe et bien moins antiraciste de Tous les autres s’appellent Ali (Fassbinder, 1974), il peut aussi faire penser à Pain et Chocolat (Brusati, 1974), encore un conte tragi-comique de lac trop calme et d’étranger sudiste. Mais l’humour mélancolique du réalisateur du Magnifique (1973), perçu et rendu par la musique de Delerue, ne pa...

Accusée, levez-vous !

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  Un métrage, une image : Verdict (1974) Obscur opus à plein œdipien, encore produit par l’incontournable Carlo Ponti, où la cara Sophia, « sauvagement belle », dixit le journaliste, « salope » selon Madame Casadesus, pratique le kidnapping , le chantage, la corruption, sinon d’insuline l’injection, afin de faire sortir de prison son pas encore condamné fiston, puis finit, sa culpabilité, certes accidentelle, enfin formulée, « levée d’écrou », je t’avoue tout, dans un mur, adieu aux postures, aux impostures, à un amour maternel à la truelle, étouffant, cause réelle de tous les tourments, davantage que le pedigree de l’accusé, fils de « gangster marseillais » à maison paternelle du côté « de Corte », CQFD. Le magistrat à charge, à moitié retraité, à rendre vénère l’abolitionniste Robert Badinter, dispose d’une épouse diabétique, hic et chic, quelle otage, quel dommage, dont le suicide devait éviter de « déshonorer...

La Tête d’un homme

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  Un métrage, une image : L’Homme au crâne rasé (1966) Tourné pour la TV, distribué en salles, voici un ouvrage séminal, de la filmo de Delvaux, de celle du pays aussi, rayon fiction. Qui commence sur un mec ensommeillé, un diminutif féminin murmuré, prière peu patibulaire, d’un professeur point profanateur, souvent en sueur, lesté d’une sensibilité trop lourde à supporter. L’odyssée au tiers temps en POV se termine à l’asile, il convient de s’occuper de son jardin, dirait l’autre voltairien, d’accepter une altérité d’identité, en clin d’œil bien rimbaldien. Le cinéaste mélomane adapte donc un romancier cinéphile, signe le texte d’une chansonnette à la Weill & Brecht, la maison de fous projette itou L’Opéra de quat’sous (Pabst, 1931), en sus d’actualités d’actualité, adieu à la culpabilité, au féminicide intempestif, fictif, bienvenue à une forme de salut, d’humilité à cultiver, au propre, au figuré, à fabriquer un familial et immaculé tabouret, dessein divin, soi-même...

Arrêt d’autobus

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  Un métrage, une image : Un drôle de dimanche (1958) Bien moins doué que le second Allégret, Marc trame un mélodrame terminé en comédie, merci à la maladresse masculine doublement humide. Ex -capitaine que cocufie son ancien sous-lieutenant, tiens, Hanin, Bourvil incarne un vétéran blessé dans sa virilité, en souffrance de la fuite de sa pharmacienne de femme, qu’il rencontre encore à côté d’une traction, qu’il va essayer d’épater au volant de l’empruntée Chevrolet de son patron, colonel au civil, manager magnanime. Peut-on démoraliser un homme, un mec démobilisé, au propre, au figuré, de surcroît collectionneur de gramophones de malheur, à cause d’un manteau ? « Garce » pas si dégueulasse, au cœur reconquis presque de guerre lasse, Danielle Darrieux déclare oui illico , affirme le soi-disant deuxième sexe « fragile », « vulnérable », éprouve le besoin un brin mesquin d’être en beauté, « rassurée », par ici la monnaie. Le « publiciste » dépressif croise au creux de l...

L’Homme aux mille visages

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  Un métrage, une image : Mesrine (1984) « Il n’y a pas de héros dans la criminalité » résume Mesrine, cadavre d’automobile, pare-brise percé d’une pluie de projectiles, Sylvia blessée, sortie, clébard occis. Cinq années après ce décès controversé, vingt-quatre ans avant le diptyque assez anecdotique, très longuet, de Richet ( Mesrine , 2008), le producteur de La Gueule ouverte (Pialat, 1974), La Race des « seigneurs » (Granier-Deferre, idem ), Vive la France (Audiard, idem ), Émilienne (Casaril, 1975), Une vraie jeune fille (Breillat, 1976) ou Mado (Sautet, itou), surtout de plusieurs Chabrol, reconstitue la cavale d’un cas d’école. Le ciné ne pouvait pas ne pas s’intéresser à l’intéressé, surnommé à la Lon Chaney, Jacques transformiste, fataliste, « clown triste » surpris en train de danser, « cabot » casqué occupé à enregistrer ses mémoires, bien sûr d’outre-tombe, scène symbolique, concentré de lucide solitude, de désarmant ridicule. Documenté davantage que docu...

Les Compagnes de la nuit : J’embrasse pas

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  Instantané dépassé du passé ? Troupe impeccable de fable affable… Pour Jacqueline Le carton d’introduction catastrophique et à la Cayatte inquiète, mais le métrage vaut davantage que sa dispensable note d’intention désireuse de « servir la vérité », adressant ses remerciements aux « Services Officiels », on frémit d’identifier lesquels. Le parfait Pellegrin interprète un « fils de pute » au propre et au figuré, file des gifles fielleuses ou fatales, ne déteste le tilleul. À lui seul, son « souteneur » insoutenable, traumatisé par sa maman putain à la Pas de printemps pour Marnie (Hitchcock, 1964), muni d’une misogynie meurtrie, sans merci, mérite le déplacement/visionnement vers ce soigné, assez intéressant, ciné d’antan. Les Compagnes de la nuit (Ralph Habib, 1953), titre en toc de pseudo-poésie médiocre, ne se limite à cela toutefois, affiche des femmes fréquentables, plusieurs prostituées en pluriels portraits dépourvus de pat...