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Affichage des articles associés au libellé David Schmoeller

Élémentaire, ma chère Watson

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  Exils # 150 (15/12/2025) L’ambiguïté de Rosemary’s Baby (Polanski, 1968) ? Le dolorisme de L’Emprise (Furie, 1982) ? La chronologie de Lucky (Kermani, 2021) ? Périmètre mortel (Red, 2008) s’en moque à la truelle, malmène Famke Janssen qui se démène, se souvient de Verhoeven ( Hollow Man : L’Homme sans ombre , 2000), l’invisible devient visible via le sang de l’amant, violence virtuose, payer de sa vie le prix d’une nuit d’humide défi, logique symbolique empreinte de puritanisme. Si le synopsis se résume à ceci : une ex -détenue homicide affronte à domicile le fantôme d’un flic, la scène de ménage ne ménage ses dommages et mérite quelques lignes à demi laudatives. Nanti d’un titre d’origine programmatique ( 100 Feet ), assez bien adapté en français, ce survival marital, au final infernal, demeure en flammes, telle jadis la chaufferie du Freddy des Griffes de la nuit (Craven, 1984), naturalise le fantastique, n’en fait une affaire de subjectivité f...

Zone morte

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  Exils # 21 (15/02/2024) Déjà responsable de l’ arty et risible Under the Skin (2013) – le fameux et freudien « continent noir » de la sexualité féminine relooké en tache d’huile, puits de pétrole pas drôle où périssent les prédateurs devenus proies, les féministes s’en félicitent, ça va de soi –, l’austère Glazer remet le couvert, telle la servante tétanisée, maltraitée, de la maudite maisonnée. De Scarlett Johansson, autant transparente que dans l’insipide pudding du Dahlia noir (De Palma, 2006), in fine transformée en Jeanne d’Arc en forêt, aux crématoires à concevoir, améliorer, jour et nuit utiliser (la mère de la mère s’en désespère, se carapate en catimini, laisse un mot cramé illico , occupation locale oblige), puis pendant l’épilogue interpolé contemporain, sis au musée malsain, astiquer en silence et au féminin, en rime à l’hygiénisme de la funeste famille – baignoire miroir, car les os à l’eau, ça salit, la baise d’une prisonnière rousse pas farouche...

La Maison de cire

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  Un métrage, une image : Tourist Trap (1979) Ce premier opus persiste à procurer une poignée de petits plaisirs, par exemple réécouter la bonne BO de Pino Donaggio, revoir en vie et brunie la regrettée Tanya Roberts, redécouvrir le beau boulot d’un dirlo photo à patronyme célébrissime, puisque fils de Josef von Sternberg. S’il suit à sa modeste mesure et moins renommée le sillage d’outrage de Psychose (Hitchcock, 1960) puis Massacre à la tronçonneuse (Hooper, 1974), modèles indémodables d’horreur économique, d’économie horrifique, s’il développe à son compte, durant une heure trente, le fameux final figé du Baiser du tueur (Kubrick, 1955), l’associe aussi à la télékinésie de Carrie (De Palma, 1976),  Tourist Trap possède pourtant sa propre personnalité, propice à séduire un certain Stephen King. Presto tourné à peu de frais, doté d’un titre ironique, le slasher de Schmoeller développe un item de fin d’études texanes, n’use ni du sang ruisselant ni de la nudi...

Sois belle et tais-toi : Bye-bye à Tanya

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  En mémoire de Tanya Roberts (1955-2021)… Très chère Tanya Roberts, dès lors décédée des suites d’une infection urinaire, reins atteints, fragilité d’hépatite C, saloperie de septicémie, je ne vais déranger l’éternelle éternité du repos et de la paix supposés, je voulais vite vous remercier de votre beauté, de votre simplicité, de votre perso (n) na (lité), du tracé en moi-même (dé)laissé. Au ciné, à la TV, jadis, au siècle dernier, je vous croisais au creux de l’estimable Tourist Trap (David Schmoeller, 1979), du sympa Sheena  ( reine de la jungle , John Guillermin, 1984), du bondesque Dangereusement vôtre (John Glen, 1985), des dispensables polissonneries d’adolescente insomnie de Night Eyes (Jag Mundhra, 1990) +   Inner Sanctum (Fred Olen Ray, 1991), de Drôles de dames (1980-1981), de La croisière s’amuse (1982), de Si tu me tues, je te tue (1983). Quelle brève carrière, ma bien chère, à peine prodiguée pendant une vingtaine d’années, avant que la maladie de...

The Seasoning House : Casualties of War

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  Écarlate kyrielle d’esclaves sexuelles pas à la truelle… Cette Cosette sourde et muette, de bien cruel bordel, dans des Balkans à feu et à sang, se voit vite rebaptisée d’un « Angel » infernal, par son sadien proxénète sentimental. Comme le Klaus Kinski very nazi de Crawlspace (David Schmoeller, 1986), elle se déplace derrière les cloisons et assiste aux exactions, désormais sans délectation. Sorte de souris à rat sympa, la voilà, telle jadis la délocalisée Anna de Carlos Saura ( Ana y los lobos , 1973), au milieu d’une meute de loups, quel bestiaire de fous. Disons-le d’emblée : The Seasoning House  (Paul Hyett, 2012) ne s’apparente pas exactement à un divertissement, pas même celui, lesté d’un sadisme scolaire, stérile, insipide, du torture porn à la gomme. Premier essai du réalisateur de Howl (2015), (re)lis-moi ou pas, il séduit en raison de sa radicalité, de sa dimension d’effroyable conte de fées défait, pardon du pléonasme. Ange exterminateur enco...

Feedback : Radio Days

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Brexit  britannique ? Coup de Moscou. Citoyen à la Bourdin ? Sériel assassin. « Quand on n’a plus rien à perdre, on devient monstrueux » : premier long métrage rempli d’outrages, au propre, au figuré, au présent, au passé, Feedback (Pedro C. Alonso, 2019) démontre donc sa moralité de résumé, en plus d’illustrer un fameux aphorisme de Friedrich Nietzsche, au sujet d’un abîme intime, d’une monstruosité miroitée. De l’autre côté du verre blindé, insonorisé, à la radio, devant son micro, le londonien Jarvis voit ressurgir sa némésis, c’est-à-dire l’obscure Claire, déguisée en transparente et mésestimée stagiaire. Que fit d’affreux cette star du soir, animateur a priori dépourvu de peur, malgré des intimidations de saison, de La Triste Réalité – The Grim Reality en VO –, émission controversée, à succès, un certain soir de gloire, d’alcool, de drogue, de séduction à la con, mineures éméchées, vaine virilité, gare au bazar à Belfast, IRA ou pas, en compa...