Articles

Affichage des articles associés au libellé Jodie Foster

Un secret à croquer

Image
  Exils # 182 (19/03/2026) Badalamenti au générique, une Amérique historique et satirique, un placard ajouré piqué à Blue Velvet (1987) et une (a)normalité tourmentée : Parents (1989) ressemble en surface à un film de Lynch, mais il s’apparente en profondeur à Miller ( La Classe de neige , 1998). Prisonnier du célèbre « cauchemar climatisé », ce Petit Poucet made in USA fait les siens, fait des siennes, préfère se coucher que toucher aux repas carnés, cuisinés jusqu’à la nausée, servis à satiété. Si une saucisse paraît s’enrouler autour de son cou tel un serpent, son lit soudain se transforme en mare de sang, tandis que le même liquide dégouline illico d’un frigo. Quant à la cave, espace obscur à la clarté symbolique, les psychanalystes ne le contredisent, elle rappelle celle de La Nuit du chasseur (1955), autre conte d’ Americana , d’enfance en fuite, de survie pervertie. Michael porte le prénom d’un tueur de dragon, terrasse à sa manière incendiaire l’ogre ...

Le Cobaye

Image
  « Too good to be true » ? Pas pris, pas vu, épris, bienvenu… Disons une dizaine d’années après, on réécoute donc l’increvable Can’t Take My Eyes Off You , pourtant, dans l’intervalle séparant The Deer Hunter (Cimino, 1978) de Conspiracy Theory (Donner, 1997), le voyage en effet infernal au Vietnam s’évanouit, puisque revoilà le projet MK-Ultra, Clinton succède à Nixon, l’amitié masculine autour d’un billard, de retour trop tard, se dissout en solitude, en séjour à l’asile. N’en déplaise à notre modernité très conditionnée, les complotistes ne racontent pas que des contes et des conneries, en tout si l’on en croit ce Complots quasi prophétique, au script signé Brian Helgeland, le cinéaste de Payback (1999), Mel se (la) ramène, surtout le scénariste du Cauchemar de Freddy (Harlin, 1988), L.A. Confidential (Hanson, 1997), Créance de sang (2002) ou Mystic River (2003), tandem d’Eastwood. Gibson s’y prend un peu pour le Robert De Niro de Taxi Driver (1976), autre satire s...

Du rififi chez les hommes

Image
  Un métrage, une image : Sacrifice (2016) L’accoucheuse fait une fausse couche : talons ou non, ceci s’appelle de l’ironie cruelle. Le couple en déroute quitte vite la ville, au bout du monde mais en famille s’exile. Les Shetland ne manquent de charme ni, hélas, de cadavre. Notre obstétricienne guère sereine s’improvise détective, fait presque coéquipe avec une fliquette peu suspecte, qu’elle sauvera in extremis d’un machiste sacrifice. Si son mec ne s’injecte de l’insuline, puisque contraceptif, il faut se méfier des autres apparences, des parents, partout, tout le temps. Runes et ruines, paganisme et eugénisme, mères porteuses et victimes malheureuses, autant d’émotions et de stations sur le chemin de croix de Tora, fossoyeuse audacieuse, courageuse, qui ne sait peut-être pas planter un clou, plaisante l’époux, cependant décide de déterrer, au propre, au figuré, les multiples squelettes d’une masculinité obsolète. Contre le clan, contre le courant, la collusion de...

Dans la maison

Image
  Un métrage, une image : Parasite (2019) La représentation de la pauvreté peut beaucoup rapporter – voici, en définitive, la moralité du métrage mondialement acclamé, primé. Succès critique et public, Parasite s’avère vite cependant bien moins amusant, émouvant, que les films précédents, c’est-à-dire Memories of Murder (2003), The Host (2006), Mother (2009) et Snowpiercer, le Transperceneige (2013). N’en déplaise aux experts du commentaire, il ne s’agit jamais de la lutte des classes mise en images, car le combat implique une conscience politique, non une simili sociologie. Pas même prolétaire, le père méconnaît Marx, pratique un pragmatisme teinté de cynisme, délesté de patriotisme, tuer quelqu’un ou trahir son pays, quelle importance, seule importe la survivance, la crédulité en l’occurrence, surtout celle de la maîtresse de maison young and simple , riche et gentille, gentille puisque riche, persifle sa femme, qui s’imagine déjà belle-mère de la lycéenne auss...

Le Silence des agneaux : Promising Young Woman

Image
  Bouffe & Buffalo, délice et supplice… I’m a little lamb who’s lost in the wood I know I could always be good To one who’ll watch over me Sting Une jeune femme court dans des bois, au cours du conte à trauma , un loup cannibale elle rencontrera. Comme elle s’active du côté de Quantico, on devine illico son boulot, on l’accompagne sur son parcours de santé d’agent pas secret. De façon assez symbolique et surtout physique, elle arpente une descente en se tenant de toute sa force à une corde, tiens bon, Clarisse, gare à la glisse. Arrivée au sommet, elle prend à peine le temps de regarder autour d’elle, arbres noirs de décharné désespoir, lac patraque, brume lugubre, d’écouter les cris de corbeaux à la Poe, virginale Virginia, oui-da, au sein de ce décor naturel aussi sombre et gris que ses habits, beau boulot du fidèle dirlo photo Tak Fujimoto, un volatile s’envole, le steadicam la frôle, la musique magique signée Howard Shore l’escorte. Le rythme s’accélère, le ca...

That’s Entertainment!

Image
  La fin de Netflix ? Le cycle du recyclage… Affaire de fric, annonce symbolique : Amazon dispose donc désormais du gros catalogue de la MGM elle-même. On sait que ce studio presque centenaire possède un CV assez agité, cas d’école pour spécialistes ès faillites. On se souvient des épisodes plutôt pénibles de son feuilleton financier, du kolossal Kirk Kerkorian, de l’éphémère Ted Turner, de l’Asie selon Sony, du transalpin Giancarlo Paretti, épaulé par un certain Crédit Lyonnais, olé. La fameuse firme du lion à la con, dotée de sa devise autarcique ou cynique, l’art pour l’art, à moi les dollars , subit aussi le démantèlement antitrust et des dettes à perpète, dont un faramineux fiasco dû au mégalo mais pas démago Michael Cimino ( La Porte du paradis , 1980). Néanmoins « major » en or, elle accumula moult succès, assortit un essaim de « stars », déploya des producteurs de valeur, citons les noms d’Irving Thalberg, de David O. Selznick, du tandem W...

Un film, une ligne

Image
  Cinoche moche, vie brève, texte « in progress »…   Une vie violente (Thierry de Peretti, 2017) Auteurisme théâtral, in extremis psychologique, dont la facticité des flammes n’enflamme… Double Take (Johan Grimonprez, 2010) Interminable et muséal salmigondis, commis par un « artiste multimédia » multimédiocre… Mandibules (Quentin Dupieux, 2021) Téléfilmée moralité d’amitié anémiée, où Exarchopoulos s’époumone ; Cronenberg ricane… The Rider (Chloé Zhao, 2017) Interminable mélodrame œdipien-équin : garder le bagarreur Bonner, bazarder à Bartabas… El Presidente (Santiago Mitre, 2017) La baudruche politique puis psychologique (se dé) gonfle vite, l’irrésolution assure la vanité… Le Sel de Svanétie (Mikhaïl Kalatozov, 1930) Du docudrama de propagande qui cependant déplut, dommage pour l’admiratif Tarkovski… Adieu les cons (Albert Dupontel, 2020) Mélo démago d’ opus anti-police, éclairé comme une publicité, rempli de spéci(a)e...