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The Furies : La Région sauvage

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Des « belles », des « bêtes », comme un codicille au conte d’Amat Escalante... Le slasher , on le sait, ne séduit guère les cinéphiles féministes, qui n’y perçoivent qu’un amas de misogynie, d’effarantes fadaises, désormais dénommées « féminicides », amen . Si The Furies (Tony D’Aquino, 2019) semble se situer au sein de l’imagerie ressassée, afin de la mieux renverser, d’attribuer aux proies une victoire provisoire, sur leurs chasseurs remplis d’une froide fureur, il contourne en réalité le conflit sexué, il tamise son manichéisme liminaire de nuances surprenantes, je pense à ce salut de la main, échangé entre la kidnappée, son poursuivant. Dans la forêt à vif de The Furies , les tueurs meurent, tête masquée, à distance explosée. L’épilogue, sous forme de mise en abyme ironique, sado-masochiste, tel voyeur, tel spectateur, nous apprend les tenants et les aboutissants du jeu sanglant, organisé par une obscure société, pour le bon plaisir et le mau...

La Région sauvage : Tentacules

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Amat Escalante. Après le réussi Heli (2013), sur lequel j’écrivis aussi, La Région sauvage (2016), dommage, déçoit vite, s’étire durant une heure trente languissante. Sorte de Possession (Andrzej Żuławski, 1981) délocalisé du côté de Mexico, le trop sage métrage, au titre en décalage, ne se soucie plus de communisme, de transcendance, de dédoublement, d’hystérie, plutôt d’être gay friendly , féministe, donc de nous resservir, entre deux soupirs de plaisir, deux tartes à la crème contemporaines. Comme dans un conte, la belle-mère fait des misères, le beau-père chasse le cerf, la bête, cette fois-ci interstellaire, fait s’envoyer la belle en l’air. Sous couvert d’érotisme rural, sidéral, sidérant, sidéré, le sieur Escalante assène un manichéisme mâtiné de dolorisme, mate-moi le grand christ en croix, la pietà de canapé, où les hommes se résument à des salauds, des homos, des prisonniers coupables et cependant i...

Heli : From Hell

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre d’Amat Escalante. Comme Irréversible , Heli commence par la fin, plus exactement par le milieu ; comme Irréversible , il s’apparente à un voyage au bout de la nuit vers une possible lumière. Les deux films s’achèvent sur deux femmes violées, allongées, ensommeillées, mais l’Alex de Noé ignore encore l’enfer qui l’attend, tandis que l’Estela d’Escalante cherche à l’oublier durant une sieste sur canapé à côté d’un bébé (son neveu), à peine troublée par un souffle d’air venu d’une fenêtre aux allures de cellule. Depuis la chambre, on entend les ahanements des amants-parents, peut-être réconciliés, en tous cas réunis au lit, après la justice expéditive, définitive, en steadicam et surcadrage en mode La Prisonnière du désert , de Heli parti venger sa sœur mutique et néanmoins dessinatrice (de plan éclairant). Au début, donc, une camionnette transporte le protagoniste groggy et le flic naïf en p...