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Affichage des articles associés au libellé Kevin Reynolds

Parle avec lui

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  Exils # 63 (02/12/2024) La leçon d’émancipation se termine par un homicide, un sourire au carré, au visiteur, au spectateur, adressé au-delà de dix années. La femme maquillée, démasquée, se sert enfin du poignard épousé, au propre, au figuré. Sa confession l’affole et l’offense, alors l’immobile mari mutique aussitôt ressuscite, le quasi cadavre cocufié tente de tarir la parole en effet libérée, proclamée, entre quatre murs, en quelques murmures. Le silence assourdissant du déjà gisant, l’intimité formulée de l’infidèlement fidèle moitié, le bégaiement du débutant subissant les mauvais traitements du commandant insultant : le vaudeville réaliste et symbolique de double guerre domestique, familiale et nationale, (re)constitue un triangle de la langue, construit un huis clos de mots, où la dame anonyme, la mère intrépide, passe d’une maison d’intolérance à une seconde dite de tolérance, que tient sa tante, sensuelle conseillère, maquerelle et meurtrière. Davantage qu’au vi...

Grandmother’s House : Comment j’ai tué mon père

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Parents trop accueillants, roquette suspecte, secret préservé, atrocité actualisée… Le petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé. Perrault Avec son oreille coupée (racontée) à la Blue Velvet (David Lynch, 1986) et ses canaux-tombeaux à la Ça (le bouquin de King, publié la même année), Grandmother’s House (Peter Rader, 1988) constitue un conte de fées défait, une démonstration de dessillement, un déploiement de malédiction (familiale). Ce métrage méconnu mérite d’être (re)découvert, car il parvient à créer un climat de tragi-comédie réussie, reposant pourtant sur un postulat peu amusant, celui d’un inceste paternel insoupçonnable, insoupçonné, révélé puis presque reproduit in extremis , mince. Plus tard, Rader rédigera Waterworld (Kevin Reynolds, 1995) ; pour l’instant, il illustre avec précision le sujet de Peter (& Gayle) Jensen, ici aussi directeur...

Le Corsaire noir : Sympathie pour le diable

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Sergio Sollima. Un film de flibustiers, inoffensif, pour enfants ? Un item politique, au filigrane fantastique, aux tonalités tragiques et drolatiques. En partie porté par l’impeccable Kabir Bedi ( Octopussy , John Glen 1983 ; La Bête de guerre , Kevin Reynolds, 1988), quasi converti, Le Corsaire noir (Sergio Sollima, 1976) s’avère aussi un divertissement in fine euphorisant, où trois femmes fréquentables ne font pas tapisserie, Dieu du ciné des seventies et Déesse du MLF merci. Dès le début, presque en forme de snuff movie à la Scarface (Brian De Palma, 1983), pont de longue-vue, aux pauvres et multiples pendus, « fruits étranges » de saison, à la François Villon, le métrage se place sous le signe d’un réalisme transalpin, européen, inaccessible à l’esprit américain, a fortiori selon cette imagerie pas si jolie, point infantile, enfin. Récit de fraternité individuelle, endeuillée, p...

Tanks for Stalin : Dear Dictator

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Légende dorée, d’idiotie jolie, à réserver aux nostalgiques amnésiques… Restons en Russie, camarade cinéphile, avec cette pitrerie-poutinerie, itou produite par le ministère culturel, remarquez les renforts de la « société russe d’histoire militaire », misère. Kim Druzhinin semble amouraché des chenilles, puisqu’il signa en 2016 28 hommes de Panfilov , où des soldats soviétiques affrontaient des tanks teutons, allons bon. Ici, admirez le renversement dialectique, toujours historique, un ingénieur traverse le pays pour présenter au « petit père des peuples », en avant-première, à la veille de la guerre, sa dernière trouvaille fatale, le fameux T-34. Deux prototypes entament par conséquent un périple périlleux, puis s’exposent in extremis sur la place Rouge, à proximité du Kremlin, face au moustachu serein. En compagnie de ses co-équipiers, volontaires et sincères, réticents ou rusés, Mikhaïl Kochkine accomplit ainsi sa mission, presque sans autorisation, ...