Articles

Affichage des articles associés au libellé J. G. Ballard

Le Cœur révélateur

Image
  De Jim Morrison la prière américaine ou bien de « l’orphelin » la même peu sereine… Antidémocratique, antisémite, misogyne, voire homophobe : la médiocrité de la modernité, moralisée, victimisée, fissa ferait second procès aux notes de choc, parues posthumes, moins remises en cause et renommées que de fameuses « fleurs maladives » désormais à demi fanées, embaumées dans le « cercueil de verre » solitaire, dirait Bradbury Ray, d’un herbier scolaire ou universitaire. La valeur de l’auteur, l’usure de la lecture, sinon de la littérature, l’hyperbole d’une époque, réseau social parfois infernal, professeur de lycée décapité, convoi motorisé de civils ukrainiens massacrés, « foire aux atrocités » ballardesque et médiatique en rime au « tissu d’horreurs » de la presse écrite, « apéritif » émétique, font que les foules s’en fichent, en bref et en définitive. Redécouvrir Fusées , Hygiène , Mon cœur mis à nu , ne ressemble ains...

Regain : Le Blé en herbe

Image
  Les funérailles, les semailles, les retrouvailles… Fini en février 1937, à « Aubignane », ah bon, auto-publié la même année, collection au titre explicite : « Les films qu’on peut lire », escorté d’un générique d’occasion, d’introduction, partagé en quatre parties, presque en autant de saisons, Regain de Pagnol transpose le roman homonyme de Giono, paru sept ans plus tôt, servit sans doute de base au tournage, au film en mars commencé, dans la foulée, d’ailleurs en parallèle à celui du Schpountz (1938), appréciez la décapitation en point commun, dont le début et la fin toutefois diffèrent, gare à la place de la « diligence », annonce d’accouchement substituée au soc labourant. Ce vrai-faux scénario, délesté d’indications techniques, sinon scéniques, séduit par sa maîtrise suggestive, l’économie de ses didascalies. Ici, on « suit » ou « précède » les personnages, on ne « regarde » plus qu’eux, en train de se déplacer ...

Mad Max : À tombeau ouvert

Image
Suite à sa sortie en BR et avant le quatrième pan sur grand écran, retour en marche arrière sur le titre de George Miller. Un plan vraiment unique, à la fois iconique et obscène, esthétique et brutal, doux et traumatisant : une chaussure de gosse – appartenant au fils de Mel – s'envole au ralenti, métonymie pour signifier l'irreprésentable, leçon de cinéma sur le thème : « Comment tuer un enfant (hors-champ) ? », après Hitchcock et consorts. Là réside la vraie violence du film (et le motif inconscient de sa censure française ?), celle du monde d'alors qui inspira Miller – que pense-t-il du contemporain, plus de trente ans après ? –, celle qui donne au titre, presque par inadvertance, car fugace, sa valeur indélébile, relativisant les excès graphiques et drolatiques dont les imitateurs transalpins « fauchés » feront leur beurre avarié. Mad Max, fou de douleur (on se souvient aussi de Gibson s'enfonçant un canon de revolver dans la bouche pour ...

Le Grand Embouteillage : Dark Country

Image
Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Luigi Comencini. Ah, Stefania Sandrelli en sueur et enceinte… Belle présence des enfants, une caractéristique du réalisateur. Rappelons que  Trafic  sort en 1971 et  Crash  paraît en 1973 (Ballard ira plus loin dans la stase narrative). À rapprocher du  Fanfaron , autre radiographie nationale en voiture ; Risi filmait la vitesse du renommé miracle économique, jusqu’à l’accident fatal, Comencini l’immobilité de la crise pétrolière, justement, avec ce klaxon italien typique en trait d’union. On ne compte plus les viols dans le cinéma des années 70, de Peckinpah à Winner, d’Enrico à Yannick Bellon, en passant par Rino Di Silvestro ( La Louve sanguinaire ) et Saura. Que nous disent ces images, dans le contexte de la pornographie d’alors et du MLF ? La réponse se trouve peut-être dans  Lames  de Mo Hayder (auteur de  Tokyo , grand livre en résonance, étrangement, avec  City of Li...