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Affichage des articles associés au libellé André Malraux

Le Neuvième Homme

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  Exils # 169 (11/02/2026) À Maïté Du givre sur les épaules évoque Pagnol, surtout celui de Manon des sources (1952) : un instituteur y retrace « les terribles événements du bois d’Errosas », coda d’hécatombe d’une lutte des classes sise en sierra, au village enclave de Biescas de Obago. Le mélodrame marxiste et romantique, rural et choral, se termine sur un massacre moral, exercice de darwinisme poussé au paroxysme. Les « héritiers » un brin bourdieusiens et « requins » humains de « maisons » façon Frank Herbert s’y déciment de manière horrifique et orgasmique, prétendants s’étripant, relecture ironique de la table rase fatale du féroce Ulysse, revenu lui aussi chez lui in extremis . Huit macchabées en obscure forêt paraissent pourtant anecdotiques face au conflit fratricide, moins proche que lointain, de la guerre d’Espagne, qu’alimente la contrebande d’armes. Le fait divers légendaire occupera en effet une « demi-colonne e...

La vie est un long fleuve tranquille

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  Un métrage, une image : Madres paralelas (2021) Pendant le prologue, Penélope se prend un peu pour Faye ( Les Yeux de Laura Mars , Kershner, 1978), Cecil Beaton contre Helmut Newton, puis se soucie subito du squelette d’un ancêtre. Le cinéaste septuagénaire ainsi déterre les fossiles du franquisme, marronnier mimi de l’ in situ cinématographie, sorte de Vietnam d’Espagne, citons les noms d’illustrateurs illustres, ceux de Buñuel ( Viridiana , 1961), Saura ( La Chasse , 1966), del Toro ( L’Échine du Diable , 2001 + Le Labyrinthe de Pan , 2006) ou Malraux ( Espoir, sierra de Teruel , 1940), Loach ( Land and Freedom , 1995), Aurel ( Josep , 2020). En vérité, la division passée, presque sous silence, recherche de hochet, d’alliance, se réduit à un moralisme intime, intimiste, bancal, national, assorti d’un soupçon de saphisme, sur le Summertime de Janis Joplin. Téléfilmé, anémié, désincarné, dépassé, Madres paralelas enfonce des portes ouvertes alors qu’il ...

La Secrétaire

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  Un métrage, une image : Le Piège à cons (1979) À Jacqueline ou Bakounine Muni d’un thème musical inepte, surutilisé jusqu’à la nausée, ponctué de courses-poursuites empruntées au slapstick , Le Piège à cons constitue donc la vraie-fausse suite de Solo (1970), sinon de L’Albatros (1971), surtout une comédie noire terminée par un double meurtre de désespoir. Mocky s’y souvient de Malraux, trafiquant connu de sculptures du cru, de Delacroix, sa célèbre et à demi dénudée Liberté guidant le peuple délocalisée parmi un panier à salade, il fallait y penser, oser, se moque des annonces sexuelles du bobo Nouvel Obs , il relit aussi, à l’économie, la cavale de Clyde & Bonnie, désormais relookés en « terroriste » amatrice et professeur (un) peu en fureur. Durant le gouvernement finissant de VGE, rien ne va bien, rien ne va mieux, comme le constate illico l’exilé, aux diamants indonésiens sous le nez des douaniers passés. Rayan revient, pas vingt ans après...

La Ferme du pendu : Au nom de la terre

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  Propriétaire terrien ? Propriétaire, t’es rien… Regain (Pagnol, 1937) se terminait sur un couple en train de semer, sur le point de récolter, d’accoucher, bouleversait via ses travellings vibrants, la belle BO du fier Honegger ; La Ferme du pendu (Dréville, 1945) s’achève sur un vieil homme esseulé, terrassé, au sens propre, figuré, trépas depuis longtemps programmé, n’en déplaise au neveu juvénile, qui l’appelle, invisible, qui convainquit in extremis sa maman s’en allant de le laisser là, auprès de son oncle conquis, sur cette terre obsédante, épuisante, suaire austère sillonné de sueur, de labeur, tout au long des décennies, tant mieux, tant pis. Commencé au milieu d’un cimetière, le métrage méconnu mérite son exhumation, se dédie à une destruction, celle d’une fragile fratrie où les « affaires » se foutent des femmes, où un cocufieur finit fou, où un frêle frangin file, devient mécanicien. La tante précitée elle-même s’enfuit à la ville, rentre...