Articles

Affichage des articles associés au libellé Claude Zidi

La Preuve par l’épreuve

Image
  Exils # 107 (12/05/2025) Pour Patrick Dans Survivre à Hollywood , titre programmatique, le cher Fleischer se souvient de l’oraison de Robinson, de l’émotion de Heston, qualifie le film, avis d’Eddy, « de premier ordre », doté d’une histoire « qui a du fond  ». La valeur de Soleil vert (1973) se situe ici aussi, histoire d’amour entre deux hommes non plus amicale et homosexuelle ( Ben-Hur , Wyler, 1959) mais cette fois-ci filiale et paternelle. Plus proche du « charognard » coriace de L’Inspecteur Harry (Siegel, 1971) que des serviteurs dessillés des sinistres sociétés du Meilleur des mondes , 1984 , Fahrenheit 451 , émules de Paul sur le chemin de Damas, le « détective » indocile et anti-émeutiers affamés se nomme Thorn, patronyme explicite de déchirement piquant, tel le père infanticide, avatar d’Abraham, de La Malédiction (Donner, 1976). En « 2022 », à New York la glauque, chacun se fiche de l’Antéchrist, du maléfique me...

Une autre histoire : Notre histoire

Image
  Roulette russe ? Succès Circus… Chansonnette simplette, certes, à la musicalité datée, même si Fanny Ardant défendait ardemment, dans La Femme d’à côté (Truffaut, 1981), la supposée vérité de ses dispensables semblables, assortie aussi d’un clip caractéristique, telle une capsule temporelle, un récit de jadis, qui mérite quelques lignes cinéphiles. Une autre histoire commence comme Le facteur sonne toujours deux fois (Garnett, 1946), trio de bon aloi, vaudeville loin de la ville, station-service au bord du hors service, dont le pompiste dépressif évoque un brin l’épave de Tchao Pantin (Berri, 1983). La jeune et jolie Annie Pujol, cliente au téléphone, en parallèle présentatrice de TV, descendante de pétomane, du Gérard en calebard alors la compagne, incarne une conductrice très lisse, avise le pare-brise, coup de foudre contre coup de pompe, se voit au rétroviseur, surcadrage de la brune et du moustachu inclus, cependant ne regarde en arrière, en direction d...

Le Nain Jaune : Le Bossu

Image
  Le père, le fils, l’esprit, le pays… Pour mon père Davantage dialoguiste, surtout scénariste, citons ses collaborations, mot très connoté, texte en contexte, avec Sautet, Clément, Bernard-Aubert, Borderie, Lautner,   Granier-Deferre, Deray, Enrico (Borsalino) and Co. ou Zidi et compagnie, Jardin signa aussi plusieurs autobiographies, dont celle-ci, primée par la française Académie, fichtre, éditée deux ans seulement avant son subit décès. L’auteur des scripts de Classe tous risques (Sautet, 1960) depuis José Giovanni, du Train (Granier-Deferre, 1973) et du Vieux Fusil (Enrico, 1975), se préoccupe ici de son papounet particulier, occulte conseiller, au service de Laval et de ses amis en détresse, peste, complexité d’époque, revient en arrière, à nouveau convie (à) la guerre, survenue cinq ans après sa naissance, pas de chance. L’ami de Morand, Gabin, Delon, dont il parle rempli de tact, d’émotion, en autodidacte, en compagnon, délivre en définitive un ouvrage autant...

Jo : Madame Claude

Image
  Répétition, reproduction, consternation, continuation… Comme si Oscar (Molinaro, 1967) croisait Sœurs de sang (De Palma, 1972) – pas de corps, pas de crime, yes indeed , canapé compris, oh oui. Cette comédie macabre, en écho délocalisé, assourdi, à La Corde ou Mais qui a tué Harry ? (Hitchcock, 1948, 1955), se base sur une pièce du couple Coppel, le sieur Alec d’ailleurs vrai-faux scénariste de La Main au collet ou Sueurs froides (Hitch, 1955, 1958), ici transposée en partie par Claude Magnier, le dramaturge/adaptateur du premier film cité, CQFD. Elle appartient à la fin de la filmographie de Louis de Funès, douze titres étalés sur une douzaine d’années, de 1970 à 1982. Entre trois tomes des (més)aventures de l’increvable et assez dispensable Gendarme ( en balade , et les Extra-terrestres , et les Gendarmettes , Girault, 1970, 1979, 1982), de Funès, au propre, au figuré, ne se repose, n’indispose, tente des expériences, témoigne de son temps. Ainsi, Sur un arbre ...

Les Aventures de Rabbi Jacob : Yiddish Connection

Image
  Papillotes à la flotte ? Persévérance de la tolérance… À la mémoire de Claude Giraud (1936-2020) Comédie politique moins didactique que Le Dictateur (Chaplin, 1940), moins théâtrale que To Be or Not to Be (Lubitsch, 1942), Les Aventures de Rabbi Jacob  (Oury, 1973) cartographie une France en fuite et enfuie. Danièle Thompson l’affirme en effet impossible à refaire aujourd’hui, en raison de (dé)raisons de saison. Entre chabbat et chewing-gum , le cinéaste lui-même sémite, ici aussi en famille, flanqué de sa scénariste de fifille, déploie une course-poursuite very seventies , doublée d’une œcuménique moralité, à base d’hassidisme, d’antisémitisme, de racisme et de terrorisme. Ouvrage à la genèse presque piège, opus alors d’actualité, à la sortie compliquée, au rassurant succès, Les Aventures de Rabbi Jacob comporte une célèbre scène de danse, démonstration par l’image et le son que si l’habit ne fait pas le moine, il ne défait le vrai-faux rabbin, le transforme...

Une femme dans la tourmente + Une femme douce : Le Beauf + Le Boulet

Image
Suite à leur visionnage sur le site d’ARTE, retour sur les titres de Mikio Naruse & Sergei Loznitsa. Mikio vainqueur par KO ? Presque… Tandem de mélodrames interminables, Une femme dans la tourmente (1964), Une femme douce (2017) affichent des femmes affligées, avec lesquelles le spectateur, a priori la spectatrice, se voit pour ainsi dire mis en demeure de compatir. Hélas, tout ceci, diptyque très démonstratif, directif, sis dans des pays opposés, à des moments différents, au moyen de styles guère similaires, ne respire jamais, se délite vite. Cadré millimétré, en Scope d’époque, déroulé surtout en studio, scandé par la sirène du train du destin, sucré par les trémolos de la BO, Une femme dans la tourmente préfigure Le Grand Bazar (Zidi, 1972), le petit commerce versus le supermarché, lutte métonymique, métaphorique, économique, sociologique, de « temps en train de changer », en effet, Dylan ne contredit. Ici, au sein de ce conte de fées défait, flan...

Tendre Dracula : Le ciel est à nous

Image
La fatigue et la fuite, le commerce et les promesses… Pierre Grunstein produisit plusieurs films, surtout ceux de Claude Berri, ici retrouvé via Renn Productions, et de Claude Zidi, par exemple L’Aile ou la Cuisse (1976), financé par le fidèle Christian Fechner ; on lui doit idem des items de Bertrand Blier ( La Femme de mon pote , 1983), Jean-Jacques Annaud ( L’Ours , 1988), Oliver Stone ( Alexandre , 2004), Julian Schnabel ( Le Scaphandre et le Papillon , 2007) ou Abdellatif Kechiche ( La Graine et le Mulet , 2007). Il assista en sus Pierre Lhomme & Chris Marker sur Le Joli Mai (1963), Alain Resnais sur Muriel ou le Temps d’un retour (1963) ou Berri, bis , sur Le Vieil Homme et l’Enfant (1967). Pourtant Pierre Grunstein ne réalisa qu’un seul film, un film unique, en effet, intitulé Tendre Dracula (1974) et La Grande Trouille , clin d’œil de distributeur intéressé adressé à La Grande Bouffe (Marco Ferreri, 1973). Adaptateur avec Harold Brav d’un scénario si...

L’Aile ou la Cuisse : À couteaux tirés

Image
Haut-le-cœur ? Resto(s) du cœur… Film de fatigue et de filiation, film prophétique et réflexif, L’Aile ou la Cuisse (Claude Zidi, 1976) s’avère en plus un art poétique et un divertissement politique. Si l’argument (et le déguisement) reprend (en partie) Le Grand Restaurant (Jacques Besnard, 1966), témoigne de son temps (indépendant, inquiétant), une décennie suffit (à modifier la donne) : Louis de Funès , récemment hospitalisé pour de sérieux soucis de santé, veut (et doit, dit le docteur) se réinventer, se modérer, quitte à revenir au muet révéré (le Mel Brooks audacieux de Silent Movie , 1976, acquiesce). Au creux du contexte de crise(s) des seventies , de la filmographie du fragilisé « Fufu », L’Aile ou la Cuisse se situe ainsi entre l’antiracisme des Aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury, 1973) et l’écologie de La Zizanie (Zidi, 1978), sorte de réponse hexagonale au spatial (et US) Silent Running (Douglas Trumbull, 1972), tandis que Le Grand Bazar ...