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Affichage des articles associés au libellé Chris Carter

Horse Girl : Elle s’appelait Sarah

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La famille, l’asile, la lumière, l’interstellaire… De façon formelle, sens duel, Horse Girl (Jeff Baena, 2020) s’affirme en effet un téléfilm Netflix, il faut toutefois dépasser sa stylistique impersonnalité, afin de l’apprécier à sa mesure modérée, puisque tu le sais, lecteur, téléspectateur, « la vérité est ailleurs », en l’occurrence, dans ces circonstances, du côté d’un portrait de femme ne manquant pas de flamme. Co-écrit et co-produit par Alison Brie , actrice convaincue, convaincante, illustration à base d’improvisation d’un scénario illico psycho, inspiré par la folie familiale de l’intéressée principale, Horse Girl associe solitude, somnambulisme, sentimentalisme, studio bousillé, singulière insanité, songes-mensonges (?) et ravissements extra -terrestres, peste. Certes, les   insectes de Bug (William Friedkin, 2006) constituaient un sommet de ciné cinglé, en partie porté par une Ashley Judd méconnaissable, enfin recommandable. Horse Girl , s’il ne saurait se...

La Dame de Windsor : Highlander

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de John Madden. Un téléfilm inoffensif ? Sans doute, cependant plaisant. Treize ans avant L’Affaire Rachel Singer (2010), (re)lisez-moi ou pas, Madden devance le Stephen Frears de The Queen (2006), Helen Mirren idem . Mrs. Brown (1997), dénomination moqueuse de monarque a priori trop proche de son « palefrenier », cartographie une royauté recluse, menacée à distance par le républicanisme, dépeint un double portrait, celui d’une femme endeuillée, régie par le ressentiment, préférant le drame de l’exil à la comédie de la vie civile, celui d’un homme amical, loyal, Écossais censé ressusciter Sa Majesté, qui y perdra sa crédibilité, sa santé. La meilleure part du métrage réside dans la dynamique drolatique, tendue-tendre, du couple improbable, impossible, interprété de manière impeccable, récompensée, par Judi Dench & Billy Connolly, vrai-faux sosie de John Cleese, natif de Glasgow croisé selon ...

Le Dernier Vice-Roi des Indes : Diplomatie

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  Un microcosme cosmopolite, une poudrière de frontières, une mémoire intime. « L’Inde est un navire en feu » résume poétiquement Pug le conseiller au candide Dickie : pour à peine quatre euros, dominicale séance sous-titrée de printemps, en tout cas au cinéma, voici votre serviteur anglophile illico transporté au creux d’un palais sucré-épicé en 1947. Quand la réalisatrice de Joue-la comme Beckham et Coup de foudre à Bollywood , pas vus, pas pressé de les voir, je l’avoue, se préoccupe de partition et de Pakistan, cela donne un peu Devdas sur La Route des Indes . Certes, le classicisme frise l’académisme et le complot s’apparente à une imposture. Churchill cartographe prophétique et cynique, épris du pétrole, protégeant l’Empire britannique de la Russie soviétique (et des USA en embuscade) ? Laissons les historiens (r)établir la véracité d’un récit de toute façon suspect, en effet toujours « écrit par les vainqueurs », précise un aphorism...

Evolution : Arizona Dream

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Menace spatiale et glace anale… Disons qu’il s’agit d’une comédie scientifique et scatologique assez divertissante, mais plus modeste et moins réussie que SOS Fantômes , dont elle s’inspire pour le meilleur et le pire (préférer la brune Sigourney Weaver en robe du soir à la rousse Julianne Moore en porte-jarretelles ne saurait s’assimiler à de la muflerie, les deux actrices rivalisant de charme et surtout de talent). Ni sarcastique à la Tim Burton ( Mars Attacks! ), ni intergénérationnel à la Barry Sonnenfeld ( Men in Black ), le producteur des deux premiers longs métrages du compatriote David Cronenberg ( Frissons + Rage , notez en outre la concomitance de Faux-semblants et Jumeaux , tous deux sortis en 1988, ainsi que le clin d’œil over the top du moustique rectal à La Mouche ), de l’unique film en anglais (raté) de Chen Kaige ( Feu de glace ), fit (un peu) mieux (quoique) trois ans plus tôt avec 6 jours, 7 nuits , mélange américain des hexagonaux Le Sauvage (Cather...

Le Christ aveugle : Baptême

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le titre de Christopher Murray. Où se trouve Dieu ? Dans le feu de l’enfance enf(o)uie. Comment aider son prochain ? En lavant les pieds d’une vieillarde invalide. Qui aimer, quand et pourquoi ? Une femme survivante, durant une nuit souriante, parce qu’elle vous apprend à vivre. Pasolini peut reposer en paix, malgré sa mort assez atroce, Christopher Murray ne souhaite pas concurrencer L’Évangile selon saint Matthieu ni même Théorème . Son Michael à lui ne terrassera aucun dragon, ne fomentera aucune révolution, ne visitera – ne « connaîtra », dit la Genèse euphémique, désignée par la diégèse – aucune famille bourgeoise, histoire de révéler ses membres à eux-mêmes via une sexualité « angélique ». Faux road movie touristique et vrai chemin intérieur capturé en extérieur(s), dès l’ouverture en voix off à la limite du méta (« Je vais te raconter une histoire »)...

Tournage dans un jardin anglais : Les Duellistes

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Une vie et deux ou trois opinions à partir d’une galette neuve presque gratuite. Franchement, on ne donnait pas cher de la peau de Michael Winterbottom après le catastrophique The Killer Inside Me (Jessica Alba bêtement tabassée par le frérot de Ben Affleck, Jim Thompson s’en marre encore et nous itou) ni de celle de Steve Coogan, découvert en journaliste gérontophile pour le loupé Philomena de Stephen Frears ; quant au cinéma méta, sous-genre en soi, il nous donnerait plutôt la migraine que la trique (cf. la queue et la tête du titre original animalier, jeu de mots idiomatique sur cock et bull ), même porté par des Auteurs de valeur (alourdis cependant de nombreuses réserves, appréciez, s’il vous plaît, l’alexandrin taquin) comme Federico Fellini ou François Truffaut : à tout prendre, le cinéma peut certes longtemps continuer à se regarder le nombril au miroir de l’écran, dans un espace-temps autarcique et narcissique, geignard ou jovial (l’impuissance italienne ...

La Prophétie des ombres : Un pont entre deux rives

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Suite à sa diffusion par NRJ 12, retour sur le titre de Mark Pellington. Voici un film nocturne, hivernal, endeuillé, qui prend le fantastique au sérieux et se donne les moyens de faire entrevoir l’invisible. Bien entouré par des artistes talentueux – citons, principalement, le directeur de la photographie Fred Murphy, le monteur Brian Berdan et les deux compositeurs de tomandandy – le réalisateur, nanti d’un riche univers graphique allant du clip au documentaire, en passant par la publicité, la poésie et la « captation » de concert (on recommande la visite de son site officiel), délivre une œuvre injustement méconnue, accueillie avec tiédeur, visionnée en VO par votre serviteur hier soir, sur une chaîne dispensable peu accoutumée à autant de finesse adulte, dans sa « case » baptisée Les Portes de l’angoisse , introduite par des mains en mouvement dissimulées derrière un drap-écran entièrement blanc. Le scénario de Richard Athem, apparemment infidèle au liv...