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Affichage des articles associés au libellé Vladimir Nabokov

L’Amour à la plage

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  Surdité à la Beethoven ? Unité pas à la gomme…    D’une Caroline à l’autre : avant un train en train de siffler, un clébard d’aboyer, une reprise a cappella de boucle bouclée, Pet Sounds donne donc à entendre en coda dépressive un portrait chanté, enchanté, davantage désenchanté, que pourrait adouber la sentimentale déprime de Berlin . De Reed à Wilson ne change presque pas la donne, la dope persiste et signe, la douceur supposée du LSD, de la marie-jeanne, substituée à la dureté de l’héroïne en prime. L’ opus de Lou ne pouvait sans doute surgir qu’au sein malsain des révisionnistes seventies , se situer en Allemagne en effet « mère blafarde », en reflet d’une mère amère et suicidaire. Celui des plagistes à succès, ensoleillés, à demi déjà séparés, révèle l’envers et la facticité du rêve californien, la genèse du disque se verra ensuite mise en images de manière hollywoodienne,  boomerang propret de biopic pasteurisé ( Love and Merc...

Toine

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  De la vaseline et un oignon : San-Antonio ? Oh non… Cela pourrait s’apparenter disons à une profanation, si l’on considérait la littérature comme sacrée. Cela pourrait passer aussi pour une assez sinistre plaisanterie, un exercice de révisionnisme risible, vide et stupide. A priori sensible aux critiques possibles, Fournier trois fois se justifie, prétexte de son patronyme homonyme, nous rejoue l’air déjà rassis du qui aime bien, châtie de même, amen , envisage l’ouvrage à l’image d’une recommandation à « lire ou relire » le renommé modèle, idem . Mais il s’agit, en vérité subjective, la mienne, la sienne, que double celle du diariste, de davantage, d’un drôle d’hommage, d’une recréation, voire récréation, au-delà d’une destruction. Composé de quatre parties de taille inégale, conclu selon un inventaire presque à la Prévert, Le Petit Meaulnes expose à petites doses, sous la forme d’un calendrier écrémé, étendu sur quarante-quatre années, avant et après de...

Fahrenheit 451

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  Un métrage, une image : The Bookshop (2017) La bande-annonce dynamique, sinon nostalgique, donne à envisager une comédie dramatique, scandaleuse en sourdine, moins choc que chic, alors que voici, en définitive, une tragédie feutrée, servie, surprise, par sa forme téléfilmée, son rythme cacochyme, où deux éclats, de voix, à distance, en correspondance, colère amère, émissaire, cimetière, ressemblent à des séismes, baisent en tandem la rance bienséance, incarnent une aristocratique reconnaissance, tant pis pour l’impuissance. Ni reconstitution à la con, ni apologue de Nabokov, ni éloge de la lecture, ni visite de villégiature, l’ item s’affirme en film funèbre, à la grisaille de funérailles, en requiem maritime et rural, en « rêve réalisé, arraché », parti, de façon littérale, en fumée. Point de pompiers pyromanes, malgré Ray Bradbury & Julie Christie, pas de Fahrenheit 451 (Truffaut, 1966) en filigrane, toutefois un autodafé final, enfantin, revanche de...

La Défense Lincoln

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  Humanité de l’automate, prophylaxie du patraque, solitude de la traque… Grand petit roman précis, à base de simulacres, schizophrénie, écrit à la suite de l’historique, uchronique, Le Maître du Haut Château , We Can Build You dut attendre dix ans, avant d’être en volume publié, après passage tripatouillé, parmi Amazing Stories , fameux magazine classé spécialisé. À l’instar de Pris, instable star , étoile aussi noire que ses cheveux, son regard, le texte multiplie les titres, le fondateur The First in Our Family transformé en A. Lincoln, Simulacrum , le définitif doté de l’intitulé français Le Bal des schizos , salut à celui des maudits (Dmytryk, 1958), dont la traduction revient donc à un tandem amène, cinéphilique, Anne & Georges Dutter itou auteurs de moult sous-titres, par exemple pour les opus de Fassbinder & Ferreri, Pollack & Polanski. Si bien sûr il anticipe Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? , dans une moindre mesure Ubik , on songe dav...