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Affichage des articles associés au libellé Nicholas Ray

Frozen

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  Un métrage, une image : Nightfall (1957) L’ opus poétique et politique s’avère vite une évidente réussite, jadis passée inaperçue, désormais adoubée, reconnue, même admirée d’Ellroy, allez. Cinéaste subtil et stylé, Tourneur met en valeur un scénario écrit au cordeau, Silliphant ( Le Village des damnés , Rilla, 1960) ici en lecteur + adaptateur du roman de Goodis le grand. Avec son trio à bravo, Ray à la voix voilée, Keith à la courtoisie d’utopie, Bancroft contre, tout contre, les coups de crosse, avec ses Los Angeles de détresse, de tendresse, Wyoming magnanime, Nightfall nous dit que tombe la nuit, le soleil se lève, la neige piège l’innocence, le départ conduit vers la délivrance. Plutôt que de Ray & Lupino ( La Maison dans l’ombre , 1952), on se souvient de Cimino, du  Canardeur (1974) illico , autre item de banque braquée, de paquet (de billets) à récupérer, d’écoulé calendrier, l’église à l’école substituée, de couple en (dé)route, d’Amérique (no...

Des femmes disparaissent

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  Un métrage, une image : Mars Needs Women (1967) Pourvu d’un titre programmatique, presque poétique, a fortiori euphonique, Mars Needs Women s’apprécie en raison de sa dimension satirique, de sa mélancolie implicite. Pragmatique plutôt que cosmique, l’argument se résume à la survie d’une civilisation, au ravissement in situ puis à la congélation d’occasion de spécimens terrestres, afin d’infléchir une fatidique déficience génétique. On le voit vite, ce film inédit en salles, assez paupérisé, donc d’images d’archives parsemé, trame une moralité sexuée, renforce in fine son féminisme soft , se focalise sur de fortes figures d’américaine culture, artiste en plein air, hôtesse de l’air, reine universitaire, strip-teaseuse le dos à l’air et, last but not least , scientifique qui connaît son affaire. Rendu maître de la mission et de la situation, l’amour « interracial », comme on ose dire outre-Atlantique, mène in extremis la danse, esquive la souffrance, le viol...

Respiro

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  Un métrage, une image : La Dernière Femme sur Terre (1960) Combat de coqs, au figuré, au propre + apocalypto à Porto Rico = un grand petit film de Corman, à la fois prophétique et eschatologique. Davantage désargenté, moins renommé que Le Monde, la Chair et le Diable (MacDougall, 1959), point préoccupé par de son prédécesseur estimable l’étasunienne « interracialité », le film cartographie ainsi un insupportable paradis, où par exemple croiser au creux du caniveau le cadavre édifiant d’une enfant. Deux avant le lucide et sidérant, ( indeed ) en(tre) noir(s) et blanc(s), The Intruder (1962), prochain portrait vitriolé d’une Amérique nordiste, en proie de choix du racisme sudiste, le cinéaste, ici assisté de Robert Towne, débutant prometteur, surtout scénariste et rarement acteur, étudie un pays aux prises avec une métaphorique et politique asphyxie. L’écueil du tourisme (sexuel) évacué, celui du vaudeville, y compris dépressif, définitif, aussi, la tension...

Grease : Travolta et moi

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Du miel à la truelle ? Diptyque de pépites… N’en déplaise aux spécialistes, au critique Kant, le sublime peut aussi procéder du risible, au lieu de flanquer l’effroi, de flanquer les foies, au moins parfois, surtout au cinéma, surtout à gomina. Le dispensable Grease (Randal Kleiser, 1978) présente ainsi deux instants assez intéressants, sinon séduisants, unisson de chansons de (désespérée) dévotion et de (mauvaise) réputation. Certes, de supposées lycéennes s’y voient interprétées, double sens, par d’avérées trentenaires, en duo à distance, solidaire, mais la magie, pas seulement musicale, muséale, sentimentale, opère, la « suspension d’incrédulité » possède une certaine solidité. Opus d’adolescence(s) et d’apparence(s), Grease se mire au miroir ludique, liquide, du désir, de la nostalgie, des identités sexuées de communautés archétypisées, des images-mirages d’un autre âge, à la fois subjectif et collectif. Par conséquent, il devient cohérent que l’esseulée,...

Susan Slept Here : Debbie Does Dallas

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Délicieuse-dédoublée Debbie… In memoriam of Carrie Fisher Un oiseau de (Vanessa) paradis relooké par (Jean-Paul Goude) Héctor Babenco ? Davantage un « dream ballet » en forme de moralité. Pas encore incarcérée par décence de policier, par magnanimité de Noël, Susan Landis déboule au domicile de Mark Christopher, scénariste US   oscarisé, pourtant incapable de rédiger un récit au sujet – d’actualité, au ciné, cf. La Fureur de vivre , Nicholas Ray, 1955 ou Graine de violence , Richard Brooks, idem – de délinquance juvénile et, rapetissée, se met à rêver… d’une cage, à défaut d’une cellule, annonçant, bien sûr sans le savoir, les déboires molto cosmiques, poétiques, philosophiques, de L’Homme qui rétrécit (Jack Arnold, 1957). La mineure vient d’assommer un marin, alors elle « déplace », terme freudien, elle déguise son logeur de malheur puis de bonheur, mécanisme (d’attraction/répulsion) commun de la comédie sentimentale américaine, d’abord agi...

Dantza : Brigadoon

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Danser sa vie, enchanté ? Dénombrer les minutes immobiles, désenchanté. À la chère Shula, tu te reconnaîtras. Dantza (Telmo Esnal, 2018) se voudrait mythique mais se réduit à de l’anecdotique et, peut-être pire, à de l’autarcique. Ce projet assez sauvage, devenu produit trop sage, cherche à séduire via ses paysages, voire ses visages, n’y parvient jamais, dommage. On doit Dantza à un ancien assistant d’Álex de la Iglesia, par exemple sur Le Crime farpait (2004) ou Mes chers voisins (2000). Toutefois, en dépit du sardonique pedigree , Dantza souffre aussi de son manque d’humour, de son esprit de sérieux, de son déroulement laborieux, en partie calqué sur le cycle des saisons, allons bon. Plus aéré que le claustro Beyond Flamenco (2016) du compatriote Carlos Saura, moins songeur que le pictural Rêves (1990) d’Akira Kurosawa, cédant la 3D au piteux Pina (2011) de Wim Wenders, trois influences assumées du cinéaste ex -danseur, Dantza ressemble ainsi à une commande a...

The Blob : The Thing

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Suite à son visionnage sur le service Médiathèque Numérique, retour sur le tire de Irvin S. Yeaworth, Jr. Communisme ? Œcuménisme. L’Invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956) ? La Fureur de vivre (Nicholas Ray, 1955). En 1958, « Steven McQueen » devient Steve Andrews et semble atteint de démence, comme l’indique « le film dans le film » Dementia , aka Daughter of Horror (John Parker, 1955). Lui aussi, en Pennsylvanie, va vivre une nuit éprouvante, va tenter de convaincre la petite ville d’un Danger planétaire , retitrage de ressortie so seventies , affiche fallacieuse à la Frank Frazetta en sus, en vérité très stellaire, in extremis refoulé en Arctique, pas encore touché par le réchauffement climatique, déjà exploré par The Thing from Another World (Christian Nyby, 1951). D’une chose à l’autre : en 1982, John Carpenter localise son eschatologie en Antarctique, à l’exact opposé géographique, amusante manière de se déma...

Drive

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Un métrage, une image :  Christine  (1983) Mr. Mercedes , le dernier Stephen King, polar sur un chauffard, paraîtra dans sa traduction française en février 2015 : l'occasion, avec un peu d’avance, de fêter  Christine , l'un des titres mésestimés de Carpenter, qui forme avec  Starman ,  Les Aventures d'un homme invisible  et  Le Village des damnés  un quatuor de tentatives plus ou moins réussies de cinéma  mainstream , pour se rétablir, a fortiori financièrement mais aussi au niveau de la critique, après les échecs douloureux de films bien plus personnels, réflexifs, radicaux et satiriques ( The Thing ,  Invasion Los Angeles ,  L’Antre de la folie ). S'il remplit le cahier des charges de l'évocation  vintage  d'un  geek  avant l'heure souffre-douleur de son lycée (qui dit  Carrie  ?), avec morceaux musicaux d'époque transposés sans nostalgie dans la vulgarité assumée des années 80, Carpenter li...