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Affichage des articles associés au libellé Steve Miner

L’Eau et l’Électricité

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  Exils # 78 (30/01/2025) La prison suprême ? L’esprit, surtout surnaturel. Telle pourrait être en résumé la morale de ce métrage que Monsieur Darmanin devrait visionner. En attendant le huis clos de narcos, voici le Wyoming State Penitentiary, bâtiment abandonné, nouvel avatar de la bonne vieille maison hantée. Après un prologue en POV, en vérité souvenir cauchemardé, exécution d’électrocution, suivi d’une conversation de commission sous tension, ériger un établissement vraiment pertinent prendrait trop de temps et d’argent, les prisonniers rappliquent en autocars et un tandem de rebelles termine à l’humide mitard. Au cœur des écroués, le jeunot et déjà beau Viggo (Mortensen, who else? ), que tout le monde remarque, que « tous les mecs matent », a fortiori le directeur directif, voire expéditif, au sommeil solitaire très tourmenté. Quitte à occuper une épave, illico retapée par les principaux intéressés, autant la confier à un professionnel (r)éprouvé, sen...

La Couleur de l’argent

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  Un métrage, une image : Soul Man (1986) Ce téléfilm infime demeure donc d’actualité, dans notre désolante modernité, au milieu du mouvement Black Lives Matter, au côté de la franco-française « non-mixité ». Écrit par Carol Black la bien nommée, scénariste cependant blanche, au vu du contexte, il convient pourtant de le préciser, Soul Man connut le succès, consterna un certain Spike Lee, tant mieux, tant pis, irrita là-bas quelques antiracistes, souvent aussi vifs que leurs adversaires vénères pour racialiser la moindre relation (ou production), certes pas pour les mêmes raisons. Découvert hier, l’ item de Miner, par ailleurs réalisateur de House (1985), (re)lisez-moi ou pas, traite justement des « relations interraciales », idiotisme américain à faire fissa frémir les républicains « bon teint », aussi « niche » presque « progressiste » du X, et le couple de ciné, puis en privé, de Rae Dawn Chong & C. Thomas Howell...

Blue Steel : Magnum Force

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Kathryn Bigelow. Cinéaste inégale – l’estimable Démineurs (2009), le dispensable Zero Dark Thirty (2012), le sympathique Point Break (1991), l’anecdotique Le Poids de l’eau (2000) et pas si marginale – des femmes derrière la caméra, on en dénombre même aux USA –, Kathryn Bigelow signe ici un troisième film intéressant, à défaut de passionnant. Co-écrit par Eric Red, le scénariste de Hitcher (Robert Harmon, 1986) et du sien Aux frontières de l’aube (1987), Blue Steel (1990) ferait se croiser La Femme flic (Yves Boisset, 1980) et American Psycho , le roman moqueur, sinon majeur, de Bret Easton Ellis, paru en 1991, pas son adaptation à la con selon Mary Harron (2000). Prise en sandwich , presque au sens propre, sale, salé, de l’expression, puisque ses deux scènes sexuelles, duo de différents amants, l’un réchauffant, l’autre refroidissant, à l’opposé s’enchaînent, l’impeccable Jamie Lee Curtis compose une p...

Grandmother’s House : Comment j’ai tué mon père

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Parents trop accueillants, roquette suspecte, secret préservé, atrocité actualisée… Le petit Chaperon rouge se déshabille, et va se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir comment sa mère-grand était faite en son déshabillé. Perrault Avec son oreille coupée (racontée) à la Blue Velvet (David Lynch, 1986) et ses canaux-tombeaux à la Ça (le bouquin de King, publié la même année), Grandmother’s House (Peter Rader, 1988) constitue un conte de fées défait, une démonstration de dessillement, un déploiement de malédiction (familiale). Ce métrage méconnu mérite d’être (re)découvert, car il parvient à créer un climat de tragi-comédie réussie, reposant pourtant sur un postulat peu amusant, celui d’un inceste paternel insoupçonnable, insoupçonné, révélé puis presque reproduit in extremis , mince. Plus tard, Rader rédigera Waterworld (Kevin Reynolds, 1995) ; pour l’instant, il illustre avec précision le sujet de Peter (& Gayle) Jensen, ici aussi directeur...

House : Good Morning, Vietnam

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Hantise intime, culpabilité exp(l)osée, propriétaire en enfer…   Somewhere after midnight In my wildest fantasy Somewhere just beyond my reach There’s someone reaching back for me Racing on the thunder and rising with the heat It’s gonna take a superman to sweep me off my feet Bonnie Tyler, Holding Out for a Hero Au siècle dernier, c’est-à-dire en 1986, sortirent deux titres se souvenant des ravages du Vietnam : House + Platoon . Si Oliver Stone, alors en mode autobiographique, opte pour la transposition réaliste, Steve Miner favorise le fantastique, le contrapuntique. Mais on retrouve, d’une bande à la suivante, une identique posture caractéristique, sinon christique, celle d’un soldat au sol, agenouillé, les bras levés. Pourtant, ici, point de ralenti trop joli, ni d’adagio (de Samuel Barber) à trémolo. Confrère du fameux Stephen King, moins productif et moins riche, Roger Cobb décide donc de ne plus vendre la maison de sa tante pendante, puisqu...

Halloween : Jason X

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Revenir à Haddonfield ? Presque « trop vieux pour ces conneries », hein, Danny ?   J’aime Jamie Lee Curtis et j’aime John Carpenter, mais cette bande-annonce fait peur, et pas pour de bonnes raisons, non, non, non. Co-produit par JC et le petit épicier à succès Jason Blum, responsable des lucratives pitreries de  Paranormal Activity , le film signé David Gordon Green (Inferno) – qui ça ? Ah, oui, le mec derrière la caméra pour le dispensable  Joe  avec Nicolas Cage – paraît un redoutable concentré de gérontophilie à main armée, de jeunisme décérébré, de révisionnisme narratif,  exit  le lien familial au filigrane incestueux unissant Laurie Strode & Michael Myers. Cela ne te suffit point, amateur d’horreur ? Voici en Scope un couple d’enquêteurs casse-couilles à la  Conjuring , à l’accent britannique exotique, voilà un asile géométrique, vrai-faux échiquier au centre du bâtiment d’insanité, un meurtre de toile...