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Affichage des articles associés au libellé Rob Marshall

Folies d’avril

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  Un métrage, une image : Le Suspect idéal (1997) Sans son casting ad hoc , pas en toc, Deceiver décevrait, ressemblerait à un ersatz en définitive assez fadasse et futile de Usual Suspects (Bryan Singer, 1995). Mais muni de Tim Roth ( La Légende du pianiste sur l’océan , Giuseppe Tornatore, 1999), de Chris Penn ( Nos funérailles , Abel Ferrara, 1996) & Michael Rooker ( Henry, portrait d’un serial killer , John McNaughton, 1986), le petit exercice de style des jumeaux Jonas & Josh Pate prend une autre dimension, acquiert presque une autre ambition, que le jeu un peu oiseux du chat et de la souris de son incertain, malsain et ad nauseam recommencé récit. Une prostituée Elizabeth prénommée se fait donc trucider puis en deux découper, amitiés macabres à la fameuse Elizabeth Short, of course . Pourtant pas de « dahlia noir », plutôt un partagé désespoir, ludique ou tragique, puisque le premier flic doit du fric au bookmaker Mook, caméo en prime d’Ellen B...

Judy : Frances

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La Môme de Marion ? La Reine de Renée… Biopic en partie britannique, Judy (Rupert Goold, 2020) bénéficie du savoir-faire insulaire, prière d’apprécier la précision de la reconstitution, sinon de l’interprétation, double acception. Ce mélodrame – sens étymologique, car la souffrance s’y chante, s’y danse – souriant, doté, Dieu merci, d’auto-ironie, se caractérise, aussi, par son tact, par sa retenue, à laquelle contribue la partition discrète du revenant Gabriel Yared. Endettée à L.A., sa Liza, festive, aperçue, l’ignore ou ne s’en soucie pas, ensuite exilée à Londres, à la fin des années 60, Beatles versus Stones, « Mademoiselle Garland » donne un spectacle, se donne en spectacle, essaie de garder le cap, essaie de conserver la garde de ses enfants, se fait, en cougar qui ne cesse de boire, courtiser, puis épouser, en sus se souvient du temps lointain, passé passable passé sur le set d’Oz et surtout sous les diktats de la MGM, nutritionniste attentionnée, co...

Que le spectacle commence : Dirty Dancing

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Un article syncopé, comme de la tachycardie lexicale… All that jazz  : tout ce tralala, voilà. Le spectacle. La vie. Les femmes. Les films. Le Roman d’un tricheur sans la voix off . Le Septième Sceau sans la métaphysique. Une question de vie ou de mort sans la guerre. Les Chaussons rouges sans Andersen. Tous en scène sans la renaissance de Fred Astaire. Phantom of the Paradise sans Faust. L’Impasse sans les gangsters . Le Fellini de Huit et demi  ? Fosse s’en fout. Contrairement à Rob Marshall, auteur du raté Nine . Une comédie musicale ? Un mélodrame. Au sens courant, étymologique du terme. Une autobiographie ? Seuls les lecteurs trop sages prennent Les Confessions pour un témoignage. Loin du loupé-oscarisé Cabaret , Fosse nous interroge, récolte une Palme à Cannes et quatre statuettes techniques. Exit le matériau littéraire d’Isherwood Christopher, adieu à la reconstitution de nazification. On peut apprécier Liza Minnelli, Michael York et Joel ...

Nine : Enter the Void

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Neuf ? Non, pas seulement en allemand… Nine ou un cas d’école du « syndrome de Broadway » : une troupe et une équipe de gens de talent(s), beaucoup de vrai travail, un soin apporté à chaque détail et, au final, un résultat au mieux bancal, au pire pitoyable, la faute à des arguments souvent navrants. Ici, Huit et demi de Fellini sert d’ alibi à un succès scénique des années 80 adapté (et dédié à) en tandem par Anthony Minghella, l’auteur du touristique et très gay Le Talentueux Mr. Ripley . Les inénarrables frères Weinstein produisent tandis que Rob Marshall, par ailleurs en couple avec le co-producteur John DeLuca, réalise, presque à la suite du réussi Chicago et un peu avant de s’intéresser à des pirates caribéens, aux personnalités de contes de fées revisités par Stephen Sondheim et même à Mary Poppins, bigre. Andrea Guerra ( Respiro , Arrivederci amore, ciao ) signe le score inconsistant en parallèle aux chansons à la con de Maury Yeston. Dion B...