Le Locataire
Un autoportrait ? Plutôt m’effacer… Je vis au pays du mépris et de Florence Parly. Je vis au royaume d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon. Je vis parmi les films de Luc Besson et de Bruno Dumont. Je vis au milieu d’humanistes et de terroristes. Je vis des jours et des nuits envahis par les flics et les indics, les consommateurs et les commentateurs, les belles âmes et les jeux de dames. Je vis en démocratie semble-t-il et cela devrait suffire à me faire taire, à m’estimer heureux, à me rendre heureux. Je vis au travail, vaille que vaille. Je vis loin de la mitraille et à proximité des funérailles. Je vis dans mes rêves avortés. Je vis dans le décompte du temps minuté. Je vis face à l’écran bruyant, arrogant, navrant, écœurant. Je vis et j’écris en 2017, à cheval sur deux siècles. Je vis sans TV ni voiture. Je vis sans cellulaire et n’en souffre guère. Je vis à côté de livres qui s’empoussièrent, de DVD qui s’empilent. Je vis au contact de disques tus puis ressuscité...