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Le Locataire

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Un autoportrait ? Plutôt m’effacer… Je vis au pays du mépris et de Florence Parly. Je vis au royaume d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon. Je vis parmi les films de Luc Besson et de Bruno Dumont. Je vis au milieu d’humanistes et de terroristes. Je vis des jours et des nuits envahis par les flics et les indics, les consommateurs et les commentateurs, les belles âmes et les jeux de dames. Je vis en démocratie semble-t-il et cela devrait suffire à me faire taire, à m’estimer heureux, à me rendre heureux. Je vis au travail, vaille que vaille. Je vis loin de la mitraille et à proximité des funérailles. Je vis dans mes rêves avortés. Je vis dans le décompte du temps minuté. Je vis face à l’écran bruyant, arrogant, navrant, écœurant. Je vis et j’écris en 2017, à cheval sur deux siècles. Je vis sans TV ni voiture. Je vis sans cellulaire et n’en souffre guère. Je vis à côté de livres qui s’empoussièrent, de DVD qui s’empilent. Je vis au contact de disques tus puis ressuscité...

Marathon Man

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Promenade(s) dominicale(s) et exploration spatiale. Je marche seul Sans témoin sans personne Que mes pas qui résonnent Je marche seul Acteur et voyeur Jean-Jacques Goldman Quand la vie à terre s’avère trop amère, raconte le marin de Moby Dick en préambule, aussitôt je prends la mer et je revis – lorsque le quotidien ne rime à rien, que l’absurdité risque de submerger, le navire comme le capitaine, il faut filer fissa au cinéma, ou mettre ses chaussures et se mettre sans tarder à marcher. Si la littérature, la musique, la peinture, les films et les trains itou proposent des voyages immobiles, des immersions dans la subjectivité dialoguée – chacun discute avec l’auteur, personne ne perçoit la même œuvre –, la marche ramène à l’intériorité dans un parcours du cadre extérieur. Elle s’assimile, en matière de procédé cinématographique, à un travelling compensé, cette figure de style contradictoire utilisée par Hitchcock pour illustrer le vertige de James Stewart d...