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Bodhi et Body

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  Exils # 162 (28/01/2026) Découvrir Pourquoi Bodhi-Dharma est-il parti vers l’orient ? (Bae Yong-kyun, 1989) vingt-sept années après sa sortie s’apparente presque à de l’archéologie, consiste à revenir aux origines de la vague occidentale du cinéma sud-coréen, débutée au terme du siècle. Derrière la caméra se dissimule un homme-orchestre capable d’occuper tous les postes principaux, à l’exception de la composition et de l’interprétation. Né en 1951, Bae consacre beaucoup de temps, un peu moins de dix ans, à ce film quasi unique, comme l’on dit d’un fils, tels La Nuit du chasseur (Laughton, 1955) ou Les Tueurs de la lune de miel (Kastle, 1970), en écho au minot orphelin à dessein. Le peintre aux études accomplies à Paris puis le professeur d’enseignement supérieur catholique fréquenta autrefois l’université de Dongguk, établissement bouddhiste situé à Séoul, c’est-à-dire la même qu’un certain Choi Min-sik, l’acteur majeur d’ Ivre de femmes et de peinture (Im Kwon-taek, 2002)...

Bad Guy : Les Amants criminels

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Ravissement à double sens, passion à sens unique – et si l’issue de secours résidait en soi-même ?...  À Audrey Jeamart L’écrivain selon Poe, le dernier mot trouvé avant même de poser le premier : magma de la foule urbaine au plan liminaire, camionnette s’éloignant sur une route en bordure de mer durant l’ultime plan (d’ensemble), bientôt réduite à un point rouge sur fond noir et hymne suédois religieux dédié au Père qui accompagne, jour après jour, avec en point commun les protagonistes inconnus/reconnus. Tout le film de Kim Ki-duk, cinéaste formé aux Beaux-Arts parisiens, se tient entre ces deux motifs graphiques et métaphoriques – vivre comme les autres/vivre en marge, épouser le courant/remonter à contre-courant, se fondre dans l’anonymat rassurant de la masse ou suivre un chemin singulier, inconfortable, accidenté. Ce long métrage de peintre jamais pittoresque se place sous le signe émouvant et convulsif d’Egon Schiele, la reproduction de l’un ...

Pieta : Lady Vengeance

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Suite à sa diffusion par ARTE, retour sur le titre de Kim Ki-duk. On sourit souvent devant cette pietà très peu catholique, comme face à Psychose , Massacre à la tronçonneuse (le protagoniste partage quelques caractéristiques avec Leatherface, dont une forme d’autisme puéril, et glisse à sa suite dans le sang de ses forfaits), Salò ou les 120 Journées de Sodome  ou Hostel  ; la dimension drolatique de l’œuvre semble avoir échappé à ses commentateurs, révulsés par une violence pourtant hors-champ, paresseusement qualifiée de gratuite et arrogante (pour mémoire, Hitchcock, Hooper, Pasolini et Roth essuyèrent les mêmes critiques infondées). Pieta , tels ses illustres prédécesseurs – auxquels il convient de rajouter Cannibal Holocaust , autre blasphème pour les défenseurs de la « cause animale » –, se lit volontiers en satire du capitalisme triomphant, arrivé au stade terminal de l’exploitation, celle du corps même des asservis (Kang-do paraît d’ailleurs un Zo...