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Affichage des articles associés au libellé Wolfgang Staudte

La Môme vert-de-gris

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  Un métrage, une image : La Fille de Hambourg (1958) Par et pour Jacqueline Ils boivent à la santé Des putains d’Amsterdam De Hambourg ou d’ailleurs Enfin ils boivent aux dames Brel Bientôt pornographe, le réputé Bénazéraf imagine un moment minuté, à réveil envolé, à manteau démodé, d’amitié tourmentée. Comme dans le contemporain Sueurs froides (Hitchcock, 1958), un idéaliste triste souhaite ressusciter le passé ripoliné, périt en proie à l’impitoyable « principe de réalité ». Le cinéaste anglais relisait Eurydice & Orphée ; l’estimable Allégret ne se moque de Tristan und Isolde. En coda, Maria se suicide aux somnifères, s’endort du « grand sommeil » en souriant, son amour invisible serrant, pendant que Pierre décède sur son palier, à quelques centimètres à peine de la porte bouclée. Auparavant, instant assez superbe et poignant, en sus symbolique, sinon didactique, il épongeait, contre son gré, la catcheuse malheureuse et boueuse...

Le Dernier Témoin : Le Grand Alibi

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  Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Wolfgang Staudte. « Film à thèse » filant droit et direct comme une flèche, Le Dernier Témoin (1960) séduit aussi en whodunit germanique, en mélodrame maternel. Tendu dès le début, il prend ses distances vis-à-vis de l’artifice et la police, pas seulement celle des « romans policiers », justement, dont se méfie le flic en train de fureter. Il s’agit bien sûr cependant d’une réalité tout autant stylisée que celle des « krimis » écrits ou filmés en série. Il s’agit en sus d’une sorte de codicille habile à Des roses pour le procureur (Staudte, 1959), autre item de procès, autre satire de la pseudo-respectabilité, d’une modernisation de saison des Bourreaux sont parmi nous (Staudte, 1946), de son industriel criminel insoupçonnable puis soupçonné, à main armée menacé. Nonobstant notre cinéaste inverse les sexes : la victime s’avère cette fois-ci une femme, un homme va la sauver, récuser la possible « réclusion à ...

Des roses pour le procureur : Merci pour le chocolat

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Wolfgang Staudte. Treize années après Les assassins sont parmi nous (1946), (re)lisez-moi ou pas, Staudte dirige donc le second pan de son diptyque apocryphe, en réinvente l’esthétique, en redéfinit la dynamique, en réaménage la thématique. Des roses pour le procureur (1959) comporte encore un couple trouble, lié par le passé qui ne saurait passer, pas même au milieu d’une Allemagne déjà reconstruite, presque amnésique, toujours antisémite. Écrit par Georg Hurdalek, ( Le Général du Diable , Helmut Käutner, 1955, sur lequel j’écrivis aussi), basé sur une idée du réalisateur, plus ou moins inspiré par un fait divers, ce métrage d’un autre âge se déleste cependant de l’expressionnisme, des pulsions homicides, du nazisme converti au capitalisme. Si Les assassins sont parmi nous donnait dans le mélodrame didactique, Des roses pour le procureur s’avère une satire sentimentale. Histoire de marché noir, d’exécution...

Les assassins sont parmi nous : The Good Doctor

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Wolfgang Staudte. Hildegard Knef fréquenta un nazi à la tête de la Tobis, Wolfgang Staudte joua dans Le Juif Süss (Veit Harlan, 1940), d’ailleurs déjà décoré par le même Otto Hunte : par conséquent, on pourrait supposer que Les assassins sont parmi nous (Staudte, 1946), appréciez, au passage, la référence transparente à Fritz Lang, au titre d’origine, illico recalé, de M le maudit (1931), représenta pour les trois intéressés un sorte d’exorcisme intime, d’expiation de saison, à tout le moins d’ examen de mauvaise conscience transposé. Le mea culpa , l’URSS connaissait ça, très portée sur la dite autocritique, particulièrement celle de ses soi-disant opposants, du peuple déclarés ennemis, fissa déportés en Sibérie. Au lendemain de la débâcle d’un régime mortifère, censé être millénaire, il convenait donc d’éduquer, voire de rééduquer, la masse citoyenne, cinéphile, au mieux irresponsable, au pire coup...