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Affichage des articles associés au libellé Olivier Assayas

Les Femmes de l’ombre

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  Un métrage, une image : La Chatte sort ses griffes (1960) Decoin ? Darrieux, pas que. On connaissait celle, sexuelle, de Selena Steele ( Curse of the Catwoman , Leslie, 1991) ; voici celle, presque confidentielle, de Françoise Arnoul, cool . Dessoudée au terme de la première partie du diptyque ( La Chatte , Decoin, 1958), trépas repris pour l’orée d’icelui, succès donc suite, et vite, l’héroïne ressuscite grâce aux bons soins aryens, ah, la fameuse efficacité allemande… Pygmalion d’Occupation, nazi de service, Gestapo ma non troppo, l’incontournable Horst Frank ne supporte la « torture », la collaboration à l’usure, il préfère les piqûres, la méthode douce, le conditionnement à plein temps. S’il ne salue tel les séides, il sait aussi, en ce mois d’avril 1944, le Reich éternel très patraque, il se félicite à l’infirmière de la perte de la guerre, on le laisse aux prises avec un supérieur à faire peur, « tribunal militaire » d’exécutio...

L’Assassinat de Trotsky

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  Un métrage, une image : Le Dernier Jour d’Yitzhak Rabin (2015) Pendant le prologue, une complice Yaël Abecassis ( Mon fils , Riklis, 2014 ou Hatufim ) interroge « Shimon » (Peres), en champ-contrechamp ; durant le dernier mouvement, Leah Rabin s’exprime, rime tardive, interlocutrice invisible. Ni JFK (Stone, 1991), ni Tueurs nés (Stone, 1994), Rabin, the Last Day se soucie aussi de « commission » spécialisée, interrogateurs, interrogés, de « culture sociale et politique », idem homicide. Éclairé en claire obscurité par Éric Gautier ( Irma Vep + Clean , Assayas, 1996 + 2004, Into the Wild , Penn, 2007 ou Les Herbes folles , Resnais, 2008), scandé selon un lancinant pseudo-boléro signé Amit Poznansky, dont la tension progressive fait resurgir le souvenir sonore du Morricone fatidique de The Thing (Carpenter, 1982), co-écrit par la fidèle Marie-Jose Sanselme, le vrai-faux docu-fiction, essai de fusion, fait divers et fiction, archives et reconstitution, possède ...

Kaléidoscope (sans Hitchcock) I

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  Six années de ciné recensées sur FB… 24 Hour Party People (Michael Winterbottom, 2002) L’évocation, sous forme de rock/mockumentary , d’une période et d’une personnalité, celle du Manchester musical de la décennie 80, celle de Tony Wilson, âme de label et dandy rebelle : le tandem Coogan-Winterbottom (une pensée pour le scénariste Frank Cottrell Boyce) amuse souvent, en reportage de bidouillage, en regard caméra, en tons sépia ( via la vidéo, Robby Müller, émancipé de Wenders, s’aère avec New Order), en archives montées ou en saynètes reconstituées ; néanmoins, au final, tout ceci, un brin bruyant, un peu épuisant, se dilue aussitôt dans l’oubli, patine immédiatement dans l’imagerie habituelle – sexe, drogues, ego , trémolos –, peine à (r)animer une galerie de pantins à peine esquissés, au profit de l’ironie, aux dépens de l’empathie. Au lieu de cela, si sage et jamais ressenti, orientons les oreilles et les yeux vers Control , biopic classique et classy de Curtis par ...