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Affichage des articles associés au libellé Richard Lester

Femme(s) des années quatre-vingt

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  Exils # 67 (07/01/2025) À sa sortie, en écho à Carrie, mais pas au « bal du diable », tout le monde se moqua sans états d’âme de la « cousine de Superman ». Il fallut donc attendre Patty Jenkins pour lui adresser un clin d’œil logique et chronologique avec Wonder Woman 1984 (2020). Une quarantaine d’années après, Supergirl (1984) ne s’avère vite ni un produit cynique, ni une déclinaison à la con. À l’instar de l’intéressant et idem mésestimé Superman 3 (Lester, 1983), où l’immaculé Clark Kent découvrait puis combattait son propre et sale Mister Hyde, au creux d’une casse auto ensuite réoccupée par Jim Muro ( Street Trash , 1987), aucun meilleur ennemi que soi-même, amen , l’analogique métrage en automatique pilotage du sieur Swarc, téléaste responsable et coupable itou des dispensables Les Dents de la mer 2 (1978) ou La Vengeance d’une blonde (1994), ne mérite l’amnésie, le mépris. Il s’agit en effet, en réalité, d’un film dont le féminisme profond et définit...

Le Chat qui vient de l’espace

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  Un métrage, une image : Buzz l’Éclair (2022) Depuis Planète interdite (Wilcox, 1958) et L’Empire contre-attaque (Kershner, 1980), on sait que le psychodrame peut de surcroît se déployer dans l’espace, hyper ou pas, que l’ennemi intime soudain s’y matérialise, que la transmission s’assimile à une malédiction. Buzz carbure au « cristal » autant qu’à la culpabilité, Izzy aussi. Le premier éprouve une obsession de (dé)mission, ramener sur Terre les rescapés rangers  ; la seconde, en sus « spaciophobe », ne se sent digne du pedigree de sa grand-mère statufiée, sinon ressuscitée, merci à l’hologramme sentimental. Toutefois le temps file, défile, vouloir revenir en arrière s’avère délétère, le messianisme vaut moins que le pragmatisme, la vie se vit, évolue, ici, la solidarité se substitue à l’individualité. Lorsque, coincé sous un cône coloré, le bien nommé Buzz Lightyear affirme en sourdine son héroïsme, son immobilisme, dépressif, figuratif, la j...

Tendre Dracula : Le ciel est à nous

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La fatigue et la fuite, le commerce et les promesses… Pierre Grunstein produisit plusieurs films, surtout ceux de Claude Berri, ici retrouvé via Renn Productions, et de Claude Zidi, par exemple L’Aile ou la Cuisse (1976), financé par le fidèle Christian Fechner ; on lui doit idem des items de Bertrand Blier ( La Femme de mon pote , 1983), Jean-Jacques Annaud ( L’Ours , 1988), Oliver Stone ( Alexandre , 2004), Julian Schnabel ( Le Scaphandre et le Papillon , 2007) ou Abdellatif Kechiche ( La Graine et le Mulet , 2007). Il assista en sus Pierre Lhomme & Chris Marker sur Le Joli Mai (1963), Alain Resnais sur Muriel ou le Temps d’un retour (1963) ou Berri, bis , sur Le Vieil Homme et l’Enfant (1967). Pourtant Pierre Grunstein ne réalisa qu’un seul film, un film unique, en effet, intitulé Tendre Dracula (1974) et La Grande Trouille , clin d’œil de distributeur intéressé adressé à La Grande Bouffe (Marco Ferreri, 1973). Adaptateur avec Harold Brav d’un scénario si...

Evil Dead 3 : L’Armée des Ténèbres : Necronomicon

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Ulysse discount , retour à rebours… À la mémoire de Honor Blackman (1925-2020) Pour mon frère Un film s’identifie (de) lui-même : l’arythmie et la schizophrénie de Evil Dead 3 : L’Armée des Ténèbres (Sam Raimi, 1992) se manifestent dès le tout premier plan, enlisement de lent commencement, ensuite durant la scène du drolatique et multiple dédoublement, à base de miroir bien sûr brisé, guère à la Gulliver, quoique. Tout cela rappelle Superman 3 (Richard Lester, 1983), autre ratage d’un autre âge, dans lequel, intéressant scandale, à la Jekyll & Hyde, Clark Kent, exposé à de la kryptonite trafiquée, se divisait, s’auto-affrontait, au creux d’une casse dégueulasse, symbolique cimetière du rêve américain motorisé. Tandis que le messie US faisait mumuse avec l’égoïsme, l’infantilisme, l’alcoolisme, accessoirement la libido , la dépression et la culpabilité, en oubliait de se raser, mince, Ash Williams effectue un parcours contraire : certes solitaire, caract...