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Affichage des articles associés au libellé Sigmund Freud

Que ma joie demeure

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  AVC, TGV, CGT, CQFD… Le médiatique Michel délivre un « récit intime », le dédie à Audrey Crespo-Mara & Thierry Ardisson, anges gardiens intelligents, diligents d’entregent, à un toubib moins cathodique, « pour son infinie bonté ». Le Deuil de la mélancolie (se) remémore de manière douce-amère Le Malade imaginaire de Molière, à demi celui de Moretti ( Journal intime , 1993), mais aussi, en conclusion d’obstruction, d’avérée altération, le célèbre et anxiogène Escamotage de Richard Matheson, « translation » de la perception substituée à l’effacement de l’environnent puis, in fine , de l’identité, du sujet. Onfray fait donc les frais de médecins malsains, finit fissa à Foch, examiné de tous les côtés ; lorsqu’il en sort, lorsqu’il s’en sort, un chariot de tombeau, « événement cinématographique parce que dynamique, dialectique », lui rappelle illico le démocratique mori memento , démontre en sourdine, en prime, que la maladie d...

J’ai pas sommeil

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  Un métrage, une image : Dracula au Pakistan (1967) Découvrant Dracula au Pakistan , on sourit souvent, pas contre, avec, puisqu’il manie, à l’image du principal personnage, le docteur baladeur le félicite de sa réplique drolatique, le fou rire et le raisonné frisson, du contemporain, plus connu, plus pourvu, Le Bal des vampires (Polanski, 1967) à l’unisson. Pourtant, pas question ici de moquerie, de mélancolie, costumée, annoncée, Sharon à chérir, avant, après le pire, plutôt d’une valeureuse variation, d’une réflexion en action(s), sur le désir, l’adultère, la famille, la foi. Surprise ultime du métrage de morale (pas seulement) musulmane, prologue en voix off d’explicite hubris, seul Allah la vie, la mort « dominer » doit, voilà, on y apprécie, aussi, une scène superbe, de féminine insatisfaction sexuelle, quand Shabnam, mordue, au propre, au figuré, de l’amant mort-vivant, du « cadavre vivant », traduction in English du titre d’origine, l’att...

Rappelle-toi Barbara

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  Sème, tandem , sillon de rémission… Bernard Stiegler, passé par le privé (CLCF), signa Le  Temps du cinéma , qui dit Deleuze, s’inquiétait de technique, d’anthropologique, d’ entropie , d’adoption et d’individuation ; il se suicida en 2020, merde à la maladie, aux banques braquées. Barbara Stiegler s’entiche de Nietzsche, lit Lippmann, analyse le néolibéralisme, dogme-obsession de l’adaptation, porte un gilet jaune ; elle bosse à Bordeaux. Le père philosophait, la fille aussi, rare, ainsi. Foucault illico , Tocqueville écho, l’universitaire multiplie les interventions, ne vise aucune conversion, vaccinée, au propre, au figuré, contre le progressisme et le complotisme, maux en médaille, la démocratie mondiale déraille. Pandémie ou syndémie ? Kahn ou Kant ? Protocole ou contrôle ? Jamais décevante, toujours stimulante, l’enseignante sérieuse et souriante ne se pose en héritière, au contraire, puisque pareille paternité un peu « compliquée », O...

Momma and the Meaning of Life : Women

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Shalom Shula, cela (pas que) pour toi… Décalquons la discussion (supposée soignante), commençons par une question : s’agit-il en réalité, catégorie clinique, de tales of psychotherapy , comme l’indique le sous-titre ? Assurément, pas seulement, heureusement, car ce recueil recommandable, transmis par une amie, constitue avant tout, surtout, une collection de camées – pas de camées, même si la cuisinière de The Hungarian Cat Curse se sert d’une herbe particulière –, une sorte de gynécée à moitié domestique, à domicile, où l’auteur, qui « essaie » (je le cite)   ici d’être un teacher autant (sinon davantage) qu’un storyteller , cf. sa note finale, pratique sa sienne maïeutique, accouche de six (jolis) récits de (sur)vie. Voici par conséquent, par ordre d’apparition, une demi-douzaine de femmes fréquentées, fréquentables, prénommées (prénoms modifiés, secret professionnel conservé, of course ) « Momma », Paula, Magnolia, Irene, Myrna et Artemis. B...

Un secret magnifique

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Nous venons de terminer  Le Royaume , dernier livre d’Emmanuel Carrère dont « tout le monde » parle et qui se vend « comme des petits pains » (en clin d’œil à leur  multiplication  canonique) –  bonne nouvelle  : sa  lecture s’apparente davantage à une  bénédiction  qu’à un  calvaire …  En vérité , voici une confession plutôt qu’une  «  enquête  » , la révélation d’un secret (moins douloureux que celui de  La Classe de neige ) achevée sur quatre mots ouvertement agnostiques : « Je ne sais pas ». L’auteur s’interroge sur sa fidélité à son moi passé, son avatar à la foi éphémère – on peut lui répondre sur le terrain qu’il choisit pour traiter son thème, celui de la littérature, de la composition romanesque. Oui, ce dernier titre, au succès  œcuménique , reconnu par l’écrivain avec une pointe d’arrogance – péché véniel d’orgueil – s’inscrit bien dans sa bibliographie, e...