Articles

Affichage des articles associés au libellé Tomomi Mochizuki

Je peux entendre la mer : Diabolo Menthe

Image
Se souvenir, partir, revenir, inventer l’avenir à deux, tant mieux. Pas le plus connu ni le meilleur des produits Ghibli, ce court téléfilm façonné à moindre coût par une équipe juvénile possède toutefois une qualité particulière : il parvient à identifier l’adolescence japonaise tel un « éternel été » à la Camus, mélange harmonieux, précieux, souvent instable, de ravissement et de mélancolie, de sentiments et de sensualité, de mer et de larmes – donc de sel partagé. Vingt-cinq ans après leur diffusion à la TV privée nippone, ces lycéens continuent à s’émouvoir, à émouvoir, dans une sorte de « temps scellé » à la Tarkovski, une boucle temporelle méta qui renvoie le spectateur cosmopolite vers son propre passé. Ce « récit des origines » ne pouvait en vérité de subjectivité que se conter à l’imparfait, débuter dans les airs, voyage en avion vers le territoire intérieur de la mémoire, suspension en apesanteur propice à l’introspection, au retour...