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Affichage des articles associés au libellé Joseph Losey

Sitcom

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  Un métrage, une image : Prête-moi ton mari (1964) À visionner cet ancien succès, désormais bel et bien oublié, on comprit le dépit de Romy. On le savait, on s’en doutait, la chère et revêche Schneider ne s’acclimata à l’ America , fissa cassa son contrat avec la Columbia. L’une des lignes narratives nous sert cependant le contraire, histoire sans hasard d’un corps encore en partie étranger in extremis réinséré au sein d’une si WASP microsociété, lestée d’un seul homme et magistrat dit de couleur, quel malheur. Coécrit par un tandem issu de la télé, adapté d’un bouquin de Jack Finney, romancier déjà transposé huit ans avant, via le fameux et moins joyeux L’Invasion des profanateurs de sépultures (Siegel, 1956), appréciez au passage les patronymes des propriétaires, Burke & Hare, clin d’œil adressé à un célèbre duo de britanniques body snatchers , donc private joke de l’auteur de The Body Snatchers , (in)animé par un jadis animateur chez Disney, accessoirement ac...

Le Banni

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  Un métrage, une image : Highlander (1986) Des épées, des décapités, des empalements, dorsaux, style sodo, en ville ventraux, des décharges d’énergie, comme des orgasmes de folie, d’épiphanie : la madeleine mulcahyenne ravit les psys, met en image d’ironique hommage une masculinité très tourmentée, de surcroît incapable de se reproduire, seulement condamnée à s’auto-détruire, avide de viol gardé secret ou portée sur l’adoption de petite rescapée, orpheline enfant maintenant magnanime maman. La tête posée, pas encore tranchée, en pietà sur les genoux de la pas si égoïste Brenda, spécialiste métallurgiste et légiste toutefois tournée vers la vie, l’acceptation de l’impossible, des identités graphiques multiples, à quoi songe Conrad/Connor, sinon à l’Écosse, au clan des McLeod, à la chère, éphémère, Heather, à l’incontournable, increvable, décourageant Kurgan, némésis complice, dialoguiste d’église, en écho aux Inco ( rruptibles , De Palma, 1987), qui utilise le pseudonyme...

Le Médecin imaginaire

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  Un métrage, une image : Molière (1978) Pendant l’épilogue, la troupe en groupe piétine, à l’image du film, comme placée sur un escalator au sens inversé, prière de ne point pouffer, essai très raté de pathos sur du Purcell, cinq ans avant l’emploi surprenant et inspirant de Pialat ( À nos amours , 1983), cinéaste mélomane qui accompagne sa sirène Sandrine de la valeureuse version de Klaus Nomi, oh oui. Blanchi et rougi, en sursis, à l’agonie, Caubère ressemble un brin au Joker, mais ce chemin de croix laïc, merci aux religieux hypocrites, idem tragi-comique, ne se soucie de psychologiser une sociétale insanité, davantage de décrire une France déjà fracturée, puisque provinciale et royale, de famine et de fête, « d’errance » et d’arrogance. La fifille d’Alexandre Mnouchkine, lui-même de Lelouch à plusieurs reprises le producteur, se fait ici renvoyer l’ascenseur, bénéficie du fric des Films 13, de celui aussi d’Antenne 2 et de la RAI. Linéaire et scolaire, so...

Identification d’une femme : Monica survivra

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  Cassavetes & Rowlands, Eastwood & Locke, Roeg & Russell ? Antonioni & Vitti… Qui donc se souviendra, aujourd’hui, de Monica Vitti, sinon les fanatiques des films de Michelangelo Antonioni, les admirateurs d’un cinéma d’autrefois, façonné en Italie, d’un autre monde, aux vies évanouies ? La Monica, ça va de soi, durant ces vingt-cinq dernières années, dut tout en oublier, car atteinte, misère, d’un Alzheimer, en écho à « notre » Annie Girardot, presque compatriote, en tout cas de co-productions d’Europe. Ironie sinistre, peut-être rédemptrice, des actrices démunies de mémoire, incapables de se reconnaître au fantomatique miroir, quelle fragilité cruelle que celle de caractéristiques crues fondatrices. Avant de voir se dissoudre son identité, son pedigree , sa mémorable renommée, qu’elle situait dare-dare au-dessus d’un Oscar, Vitti traversa quatre décennies, se fit plusieurs fois féliciter, parce qu’elle le valait bien, par les « profess...

Un petit jeu sans conséquence

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  Un métrage, une image : Trans-Europ-Express (1967) En 2011, on retrouve le cadavre de Marie-France Pisier dans une piscine à la Brian Jones & Jacques Deray ( La Piscine , 1969). En 1966, l’actrice aristocratique de bientôt Baisers volés (Truffaut, 1968), Le Fantôme de la liberté (Buñuel, 1974), Les Sœurs Brontë (Téchiné, 1979), Le Prix du danger (Boisset, 1982), L’As des as (Oury, idem ), Parking (Demy, 1985), L’Œuvre au noir (Delvaux, 1988), La Note bleue (Żuławski, 1991) ou Le Temps retrouvé (Ruiz, 1999), dénudée/déguisée en prostituée au prénom à la Losey ( Eva , 1962), succombe à la strangulation du viol-ent client, tué au tournant, Trintignant. Toutefois ce funeste SM de maternelle, Maîtresse Catherine en prime, semble fadasse face à l’attirail médical ligotant au lit une Geneviève Bujold aux prises consenties avec Jeremy (Irons, Faux-semblants , Cronenberg, 1988). Pourtant, l’épilogue pendant, elle ressuscite in extremis , souriante Eurydice, enlacée p...

Sciuscià

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  Un métrage, une image : M (1951) Remake merdique ? Matrice apocryphe, puisque Psychose (Hitchcock, 1960) s’y profile, même les mannequins du Baiser du tueur (Kubrick, 1955), d’ailleurs. Ni M le maudit (Lang, 1931), ni Furie (Lang, 1936), M s’avère assez longuet, ponctué d’annotations drolatiques, décontractées, surtout sises au sein du Bradbury Building, bâtiment au baroque amerloque, dont le vide évident, l’agitation sans tension, symbolisent ainsi, ironique métonymie, ceux d’un film qui frise l’inutile. Losey glosait à Ciment son désir de se démarquer du modèle allemand, son parti pris d’opposer un individu « malade » à une société « coupable », d’en plus portraiturer le « produit » de la « matriarcale et matérialiste petite classe moyenne américaine », amen . En 1974, face à Friedkin, Fritz se défendit de s’être soucié de sociologie, a fortiori pré-nazie ; face au freudisme risible, pléonasme, du « sch...

Mado

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  Un métrage, une image : Minuit… quai de Bercy (1953) Pour Jacqueline Occise par Madeleine l’actrice, Mado la concierge pratiquait l’attraction/répulsion à répétition, à rêve d’évasion, le chantage sans ambages, accessoirement le mortel accident d’enfant, alors le méconnu Minuit quai de Bercy , signé d’un « artisan » transparent, illico entrecroise L’assassin habite au 21 (Clouzot, 1942), encore huis clos, idem situé à Montmartre, et Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (Petri, 1970), autre renversement de rôles, plus violent et plus drôle. Mademoiselle Robinson, à la Mrs . Robinson de Garfunkel & Simon mes salutations ( Le Lauréat , Nichols, 1967), incarne donc la dame endeuillée d’un « criminologiste » passionné courtisée par un flic fatigué. Cette « femme supérieure », telle l’appelle l’épicier salace, (dé)croise ses jambes aussi bien qu’une certaine Sharon Stone ( Basic Instinct , Verhoeven, 1992), pourtant pas de pi...

High Spirits

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  Un métrage, une image : L’esprit s’amuse (1945) Dans The Ghost and Mrs. Muir (Mankiewicz, 1947), Rex Harrison attendait Gene Tierney « de l’autre côté » ; dans Blithe Spirit (Lean, 1945), il affronte ses deux femmes revenues « d’entre les mortes », amitiés à Boileau & Narcejac, au compatriote Hitchcock ( Vertigo , 1958). Le romancier rural veut de « l’invisible », il invite donc à la maison, disons sien « dîner de cons », un médium à la gomme, l’alerte Margaret Rutherford presque « en fait des tonnes ». S’ensuit une « séance » assez risible, agréable gallicisme, de spiritisme à domicile, et revoilà Elvira, pourtant pas Cassandra (Peterson) ni la maîtresse de Montana ( Scarface , De Palma, 1983). Au vaudeville vire vite l’au-delà, oui-da, car accident inconséquent, et le métrage dynamique, anecdotique, se transforme fissa en scène de « ménage à trois », comme ils disent outre-Manche ou Atlantique. ...

L’Homme de la tour Eiffel

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  Un métrage, une image : De l’or en barres (1951) Heureux ne rend l’argent assurent les riches aux démunis qu’ils dévalisent et De l’or en barres , au demeurant aimable et estimable comédie, ne les contredit. Débuté par une prodigalité drolatique et tragique, à quoi tient la popularité, à une poignée de billets, l’ opus lui-même à succès du cinéaste-scénariste de Un poisson nommé Wanda (1988), bien avant du co-monteur du Voleur de Bagdad (Berger, Powell, Whelan, 1940), s’achève via un dessillement du spectateur-auditeur, le pseudo-cerveau évadé à Rio en vérité à son interlocuteur-confesseur menotté, amen . Moralité morale, où quatre hommes non misérables convoitent en réunion, sur sélection, selon l’urgente occasion, l’enviable ou vaine, voire vilaine, belle vie, loin de l’ennui, du gris, des lendemains bientôt very angry ( young men , cinema ) de la guerrière pénurie, sans voir ni s’apercevoir que les vraies valeurs, n’en déplaise aux voleurs, professionnels ou amat...

Trapèze

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  Un métrage, une image : La Louve solitaire (1968) L’éphémère et transfrontière Danièle Gaubert décéda d’un cancer , quarantaine écourtée, carrière quittée, mais La Louve solitaire donne à (re)découvrir et sait conserver son aura , sa beauté. Face à cette fanatique de fric, aristocratique, acrobatique, le jour employée d’agence immobilière, la nuit impeccable monte-en-l’air, on (re)pense bien sûr à la Musidora des Vampires (1915) de Louis Feuillade, à la Brigitte Auber de La Main au collet (1952) d’Alfred Hitchcock, à la Monica Vitti du Modesty Blaise (1966) de Joseph Losey ou au contemporain criminel, cagoulé idem , de Danger : Diabolik ! (1968) dû à Mario Bava. Toutefois, le film presque orphelin d’Édouard Logereau, (dé)formé à l’IDHEC, documentariste en court(s) puis téléaste transparent, possède sa propre personnalité de piège parisien pluvieux, de fuite sudiste en été, de douce-amère moralité, à la double coda désenchantée. Figure du féminisme soft , Françoise pa...

Buried : The Voices

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  Six pieds sous terre, mon cher (2)… Mélodrame d’immobilité, d’irakienne ubiquité, merci au BlackBerry, Buried (2010), n’en déplaise aux critiques, à son créateur Rodrigo Cortés, n’évoque Hitchcock, plutôt Poe, au carré, OK, car le conducteur kidnappé, incommodé, condamné, ressuscite le souvenir de contes célèbres, contenus dans l’article précédent, en sus celui de division, de diversion, d’obsession, d’autosuppression, dénommé William Wilson . Camionneur en sueur, en sursis, in extremis suffoqué par le sable écoulé de son cercueil-sablier, Paul Conroy s’affole, se fortifie, se filme, s’effondre. Un plan surprenant, en contre-plongée, en travelling avant, post -générique final, identifie sa vraie-fausse pierre tombale, son identité, son destin, décalqués sur le quiproquo sado-maso du Monsieur Klein (1976) de Joseph Losey. Dès l’instant où il écrit ce « Mark White » patraque, aux sonorités évocatrices, antagonistes, marque en même temps blanche et sombre (mark/dark...

Les Fantômes de Hurlevent : La Maison des mille morts

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  Marguerite antique ? Traité d’actualité… Antonio Margheriti s’auto-remake en couleurs, sa caméra mobile, comme envahie par l’ivresse, en véhicule la vitesse. Film méconnu, mal aimé, y compris par le principal intéressé, bien sûr comparé au précédent, à son détriment, Danse macabre (1964), Les Fantômes de Hurlevent (1971) possède, pourtant, plusieurs arguments, en sa faveur de frayeur. Il s’agit, en résumé, d’un item méta, d’une mise en abyme de l’imagerie, d’un huis clos claustro de sperme, de sang, où discerner un Bal des maudits (Edward Dmytryk, 1958), où découvrir un Bal des vampires (Roman Polanski, 1967). Romancier meurtrier bientôt chez Dario Argento ( Ténèbres , 1982), déjà au centre (de la toile) d’un titre « animalier », en témoigne l’arachnéen étau de l‘intitulé en VO, à savoir Nella stretta morsa del ragno , tradition datée de la décennie en Italie, l’intense et souriant Anthony Franciosa veut papoter en compagnie de Poe, caméo alcoolique, ...

La Prophétie des ombres : Un pont entre deux rives

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Suite à sa diffusion par NRJ 12, retour sur le titre de Mark Pellington. Voici un film nocturne, hivernal, endeuillé, qui prend le fantastique au sérieux et se donne les moyens de faire entrevoir l’invisible. Bien entouré par des artistes talentueux – citons, principalement, le directeur de la photographie Fred Murphy, le monteur Brian Berdan et les deux compositeurs de tomandandy – le réalisateur, nanti d’un riche univers graphique allant du clip au documentaire, en passant par la publicité, la poésie et la « captation » de concert (on recommande la visite de son site officiel), délivre une œuvre injustement méconnue, accueillie avec tiédeur, visionnée en VO par votre serviteur hier soir, sur une chaîne dispensable peu accoutumée à autant de finesse adulte, dans sa « case » baptisée Les Portes de l’angoisse , introduite par des mains en mouvement dissimulées derrière un drap-écran entièrement blanc. Le scénario de Richard Athem, apparemment infidèle au liv...