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Affichage des articles associés au libellé Stephen Sayadian

Le Chagrin pas la pitié

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  Exils # 34 (29/05/2024) Qui aujourd’hui oserait écrire ceci et l’écrire ainsi ? Quel éditeur débutant sauf jadis l’aguerri François Guérif posséderait le cran de le publier sans le corriger ? Quel confrère enfin sincère se risquerait à en faire un laudatif commentaire ? Peu importe sa place parmi le marché de masse ou dit de niche suivant la perspective le candide (l’inconscient) essuierait aussitôt les crachats de la clique féministe et du lobby gay friendly . Songez(-y) : J’étais Dora Suarez débute par un double « féminicide » comme certaines néologisent perpétré par un « tueur » anonyme – ça sent le sang le sperme et l’urine. Ça empeste aussi la détresse et la vieillesse la furieuse folie et la sordide ironie (l’une des victimes voulait se suicider éviter de voir ses souhaits exaucés ricane Oscar Wilde). L’assassin très malsain et dégueulasse hélas (un « étron » + un souillé pantalon ici puis durant les dernières pages u...

À l’Ouest, rien de nouveau

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  Un métrage, une image : Outlaws 1 (1998) + Outlaws 2 (1999) « Surprise is the key », en effet, surtout au sein (surexposé) de ce style de ciné ; hélas, le réalisateur des estimables Blue Holocaust (1979) et Anthropophagous (1980) n’en réserve aucune au spectateur sans peur, aussi personne ne rapprochera son supposé, dispensable et anecdotique diptyque du mémorable Impitoyable (Clint Eastwood, 1992), malgré un argument presque similaire de vengeance – ou justice, suivant la perspective adoptée – « genrée ». Transposition transgenre des Sept Mercenaires (1960) de John Sturges, donc, déjà, des Sept Samouraïs (1954) d’Akira Kurosawa, tandem renommé, auquel le titre français du DVD, Rocco et les « Sex » Mercenaires , adresse un clin d’œil circonstanciel, Outlaws de Joe D’Amato pouvait pourtant participer, sinon d’un féminisme soft (ou hard ), au moins d’un révisionnisme orienté vers l’onanisme. En réalité, en dépit d’une directio...

Il n’y a pas de rapport sexuel : Distance, obéissance, jouissance

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Coronavirus  ? Coitus interruptus . Ne nous laissons pas impressionner, agissons avec force, mais retenons cela, le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour aux jours d’avant. Emmanuel Macron It’s hard to love there’s so much to hate Hanging on to hope when there is no hope to speak of And the wounded skies above say it’s much too late So maybe we should all be praying for time George Michael Écrivons en économiste : la pandémie du coronavirus impacte le cinéma en général et celui classé pornographique en particulier. Auparavant, au temps d’avant, instant amusant, nostalgie jolie, après une scène sexuelle qui laissa des traces sur un canapé immaculé, ensuite souillé, peut-être au sperme, à la cyprine, à la sueur, que sais-je, l’aimable « MILF » Marina Beaulieu dut se justifier auprès du réalisateur nettoyeur de s’être bien sûr lavé les mains, nom d’un chien. Hélas, sur un tournage de ce type, tel geste recomma...

Edge of Sanity : Susana la perverse

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  « Connais-toi toi-même » conseillait Socrate – et quid du diable à domicile ? Je l’ai dit, je le dis, et je le répète : les femmes, je suis contre... tout contre. […] Je ne peux m’en passer car la femme est une drogue des plus violentes et des plus coûteuses. Guitry Docteur Jekyll un jour a compris Que c’est ce Monsieur Hyde qu’on aimait en lui Mister Hyde, ce salaud A fait la peau, la peau du Docteur Jekyll Gainsbourg Voyeurisme infantile de « scène primitive » et introductive durant une orageuse nuit au creux d’une écurie, avec pendaison par les pieds, fessée rousseauiste administrée par l’étalon au milieu des étalons, défiguration de gourgandine moqueuse d’humiliation : nul de s’étonnera que l’honorable médecin se réveille en sursaut sous le choc de ce souvenir-cauchemar-fantasme. Épargnons au lecteur l’énumération des adaptations du court roman de Stevenson pour situer celle-ci, sortie en 1989, juste avant les ré...

Café Flesh : Kiss of Death

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Dans un futur indéterminé, les survivants d’une guerre atomique se rendent tous les soirs dans un curieux café qui leur procure d’étranges spectacles sexuels. Parmi eux, un couple cherche la voie étroite d’un nouveau romantisme. Mais comment y parvenir quand on ne sait plus aimer ? Un film peut-il combiner surréalisme, pornographie, dystopie, questionnement méta, esthétique eigthies et relecture mythologique, avec brio de surcroît ? Réponse dans ces lignes.       Ceci n’est pas une pipe Ados adeptes du gonzo , solitaires consommateurs numériques, pornophiles de tous les pays – dispersez-vous : ce café corsé ne vous séduira guère, cette chair malsaine ne vous émoustillera pas. Dans ce météore sans descendance, le sexe se limite à des inserts rapides, où des modèles à l’inexpressivité digne de Bresson accomplissent les positions du cahier des charges générique, à seule fin de financer le film. Le montage alterné, alors que la pornogra...