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Affichage des articles associés au libellé Duccio Tessari

La mire m’a tuer

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  Exils # 101 (08/04/2025) Le générique anticipe Shining (Kubrick, 1980) : Delon de dos conduit sur une route sudiste, en bordure de mer et donc de mort, escorté d’une chorale musique dramatique, signée de l’inspiré Demarsan ( Le Cercle rouge , Melville, 1970). Le type anonyme économise son fric chez le tutoyé pompiste et roule en américaine « automatique », assiste en sus à la noyade d’une nounou espagnole, s’incruste au creux de la villa vandalisée par les mômes autonomes, camés aux sucreries et au Coke. Voir Alain avachi dans le canapé devant la télé, en train de sourire et surtout de singer une Sheila au disco « dévouée » vaut déjà le visionnage, mais Attention les enfants regardent (Leroy, 1978) mérite aussi d’être exhumé pour une poignée de qualités. Tel La Traque (Leroy, 1975), il s’agit en définitive d’un survival satiriste, doublé d’une lutte des classes et des territoires, au terme funèbre duquel succombe le pauvre protagoniste, Mimsy Fa...

Anne, ma sœur Anne

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  Cinéma, si Mina… À la mémoire d’Olivia Newton-John De 1959 à 1977, on savoura souvent Mina au cinéma, surtout suivant les génériques, en musique de source dite ou non diégétique. Ensuite, diverses décennies davantage qu’avéré oubli, elle revint à l’instar d’un refrain, chez Almodóvar ( Matador , 1986 + Douleur et Gloire , 2019, sympho Donaggio) & Scorsese ( Les Affranchis , 1990, placée sous le signe céleste de Gino Paoli), Turturro ( Passione , 2010) & Watts ( Spider-Man: Far from Home , 2019), tant mieux ou hélas. Auparavant, elle traversa L’avventura + L’Eclipse (Antonioni, 1960, 1962), fit un (quarante-cinq) tour et des détours au fil des filmographies de Fulci, Paolela, Petri ( La Dixième Victime , 1965), Risi, Bertolucci, Festa Campanile, Bolognini. On connaît pire pedigree , pourtant tout ceci, auquel rajouter quelques caméos, rôles classés premiers, de la publicité dirigée par Zurlini, un fameux voyage (de Mastorna, voire Manara) avorté de Fellini, ne retiendr...

L’Ours en peluche

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  Un métrage, une image : La mort remonte à hier soir (1970) Aussitôt décédé, aussitôt adapté : après Di Leo, lui-même auteur d’une trilogie ( La Jeunesse du massacre , 1969, Milan calibre 9 + L’Empire du crime , 1972), en simultané à Boisset ( Cran d’arrêt , 1970), avant Cozzi ( L’assassino è costretto ad uccidere ancora , 1975) & Guerrieri ( Jeunes, désespérés, violents , 1976), le réalisateur de L’Homme sans mémoire (1974), Les Durs ( idem ), Zorro (1975), titres anecdotiques et sympathiques, s’essaie aussi à la transposition au ciné du souvent excellent Giorgio Scerbanenco, que traduit ici le scénariste Biagio Proietti ( Le Chat noir , Fulci, 1981). À moitié raté, à demi réussi, aujourd’hui disponible en ligne, en VA ou VO, La morte risale a ieri sera souffre d’une absence de point de vue, au propre et au figuré, d’être mal musiqué par le pourtant estimable Gianni Ferrio, puisque score désinvolte, à contretemps des événements, plus grave encore, d’...

High Noon

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  Un métrage, une image : Les Colts au soleil (1973) Histoire de mémoire ? Exercice de style, or encore, sillage rural de L’or se barre   (Collinson, 1969), ( The ) Italian Job itou, car co-production entre le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie. Opus européen, adapté du spécialiste Louis L’Amour par le scénariste Scot Finch ( Shalako , Dmytryk & Bardot, L’Amour & Boyd bis , 1970), éclairé par John Cabrera ( Virus cannibale , Mattei, 1980), musiqué par l’incontournable Luis Bacalov, The Man Called Noon s’avère un divertissement inconsistant, point déplaisant, un conte de rééducation, de rédemption, dont l’argument d’arroseur arrosé guère renversant, sans être certes déshonorant, ne paraît pas non plus passionner le cinéaste anglais, prématurément décédé. Bien sûr, le casting cosmopolite, hétéroclite, sympathique, ressemble un brin à la créature de Frankenstein, semble aussi soumis à l’expéditif destin : Stephen Boyd décède à quarante-cinq ans d’une crise...

Padre padrone

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  Un métrage, une image : Les Durs (1974) Entre les plus connus L’Emmerdeur (Édouard Molinaro, 1973) et La Gifle (Claude Pinoteau, 1974) sorti, voici un modeste buddy movie signé Duccio Tessari, dont on se souvient de L’Homme sans mémoire (1974) avec Senta Berger et de Zorro (1975) avec Alain Delon, diptyque à la fois anecdotique et assez sympathique, épithètes guère obsolètes nunc et hic . Co-écrit par Nicola Badalucco ( Les Damnés + Mort à Venise , Luchino Visconti, 1969 et 1971) & Luciano Vincenzoni ( Le Bon, la Brute et le Truand + Il était une fois la révolution , Sergio Leone, 1966 et 1971 ou Orca , Michael Anderson, 1977, Amazonia : La Jungle blanche , Ruggero Deodato, 1985, Le Contrat , John Irvin, 1986), tourné en extérieurs à Chicago et en intérieurs à Rome, Les Durs , aka Three Tough Guys aux États-Unis et Uomini duri en Italie, réunit Lino Ventura, Isaac Hayes ( New York 1997 , John Carpenter, 1981) et Fred Williamson ( Les Gue...

Milan calibre 9 : Pour une poignée de dollars

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  Des magots, des salauds, la déroute à défaut de Beyrouth… Prologue over the top , durant lequel Adorf y va fond, dégoûté, doublé, puisque simple papier à la place de précieux billets, fait fissa sauter à l’explosif trois complices, auparavant les tabasse, les balafre, leur fracasse la face sur un vase, les féministes, surtout seventies , s’en horrifient. Pourtant, passées disons ces dix premières minutes de cumulatif tumulte, manifeste sans conteste de vivace violence et néanmoins, ou en conséquence, d’anti-réalisme assumé,  Milan  calibre 9 (Di Leo, 1972) pose un regard neuf sur une imagerie sous peu rassie, très liée au ciné, à l’Italie, de la décennie. On se voit surpris, sinon ravi, par la justesse des situations, des émotions, le souci de la psychologie, de la sociologie, certes pas celles de la poussière littéraire et universitaire. Réalisé par un vrai réalisateur, dépourvu de peur, en sus scénariste et dialoguiste, d’ailleurs collaborateur de Leone, Tessari, F...

L’Autrichienne : Un instantané de Senta Berger

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  Petit portrait d’une femme fréquentable… Senta par Peckinpah ( Major Dundee , 1965, Croix de fer , 1977), Berger chez Duvivier ( Diaboliquement vôtre , 1967) ; d’autres titres de sa filmographie, aussi, par chronologie classés, allez : C’est pas toujours du caviar (Radványi, 1961), L’Ombre d’un géant (Shavelson, 1966), Le Secret du rapport Quiller (Anderson, idem ), L’Homme sans mémoire (Tessari, 1974), sans oublier, à la TV, longtemps après, pendant plus d’une quinzaine d’années, danke ARTE, Double Jeu , mon Dieu. Actrice et comédienne, Senta Berger au théâtre débuta, s’y forma, y retourna. Elle tourna en Allemagne, en Angleterre, en France, en Italie, elle fit un tour, voire un détour, à Hollywood, là-bas ne s’attarda, là-bas refusa le casting canapé d’un Darryl Zanuck guère eunuque, les féministes s’en félicitent, elle se maria, mit au monde deux mâles bientôt du métier, créa de production sa propre société, reçut une pelletée de prix, de Bambi à Romy, écriv...