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Affichage des articles associés au libellé Darren Aronofsky

La Loi du milieu

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  Un métrage, une image : Get Carter (2000) Remake merdique d’un reconnu classique,   doublé d’un médiocre mélodrame familial et moral, l’avéré navet de Mister (T.) Kay, par ailleurs auteur du recommandable Boogeyman (2005), mérite son insuccès critique, économique. Mike Hodges, le réalisateur de Get Carter (1971), a priori jamais ne le vit, comme on le comprend, comme on compatit. Au-delà d’être un véhicule ridicule, un opus aseptisé, plastifié, pour sa star alors esseulée, en dépit de la réussite émouvante de Copland (Mangold, 1997), avant la revisite inévitable de ses deux avatars increvables ( Rocky Balboa , John Rambo , Stallone, 2006, 2008), des deux côtés de la caméra, cette fois, il s’agit aussi d’un film d’amis, puisque le cher Sylvester connaît Caine depuis le sympathique mais anecdotique À nous la victoire (Huston, 1981), qu’il collabore, s’en portant garant, en cas de déconne, prenez une part de mon argent, avec Mickey Rourke, lui-même assez...

Le Petit Nicolas : Lettre ouverte à Nicolas Cage

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Message de bouteille virtuelle, en rime aux signaux des Amérindiens de mélo martial. Dear Nic, Je ne pense pas que vous lirez cette épître guère biblique, tant pis pour la francophonie, cependant j’éprouve le désir de l’écrire et l’envie d’évoquer votre grandeur passée, alexandrin en supplément. Je viens de subir, pardon, de visionner en streaming et en VF votre dernier méfait, intitulé The Watcher , qui sortira chez moi directement en DVD en juin prochain. Hélas, ce Looking Glass assez dégueulasse ne saurait s’apparenter à celui de l’Alice de Lewis : derrière le verre, que voyez-vous, voyeur invalide, sinon un autre ratage, un outrage aux bonnes mœurs cinéphiles ? Depuis plusieurs années, vous sabotez votre carrière avec une constance de kamikaze qui provoque le respect autant que la stupeur. À cette énigme à la fois vous appartenant et cristallisant la médiocrité généralisée de la cinématographie US actuelle, voire mondiale, répond celle de mon entichement à ...

Taxi Téhéran : Permis de tuer

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Jafar Panahi. « Tout film mérite d’être vu » : bien sûr que non, mais celui-ci, oui, car Panahi, dans le sillage de Lounguine ( Taxi Blues ) ou Kiarostami ( Ten ), qu’il assista, signe un périple   politique et drolatique, une vivace virée méta autant qu’une amusante mise en abyme. Au cœur de Taxi Téhéran , les caméras règnent, même prises à tort pour un anti-vol. L’accidenté de la route enregistre ses dernières volontés, l’ancien voisin visionne sur tablette étasunienne son agression masquée, en couple, la nièce munie d’un appareil photo japonais immortalise son « tonton chéri », l’avocate évoque une mère amenée dans une salle remplie d’écrans de TV. Quand le réel fait obstacle au « film-réalité » burroughsien du Pouvoir, les fictions fidèles deviennent en effet indiffusables, accusées de « noircissement » dès l’école. La morale des images vaut évidemment en Ira...

Herbert : Le Dernier Combat

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Thomas Stuber. Dis, quand reviendras-tu ? Dis, au moins le sais-tu ? Que tout le temps qui passe Ne se rattrape guère Que tout le temps perdu Ne se rattrape plus Barbara Scope et caméra portée, OK . Pas de Rosetta à la sauce Dardenne mais un ex -boxeur amateur d’ ex -Allemagne de l’Est, pas vraiment favorisé par les Soviétiques, plutôt autrefois foutu en taule. Il accomplit ses ablutions puis tabasse un débiteur, gare au videur, gare à la vengeance différée, encapuchonnée. Sous la douche du gymnase, une méchante crampe le terrasse. Ce colosse cassé, atteint d’une variante de la maladie de Parkinson, un salut à Ali, via une VHS, explicitée par Google au cybercafé du coin, va se battre contre le sort de son corps durant une heure quarante. Pas de rédemption à l’horizon, pas de fin heureuse, miraculeuse. J’écrivais en janvier à propos de la permanence du mélodrame, y compris, logiquement, dans ...

L’Animal écran : Demain les chiens

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Mammifères familiers, congénères légendaires. En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. Franz Kafka, La Métamorphose Andalousie je me souviens Francis Cabrel, La Corrida Eat my pussy Anonyme Sous ce titre terriblement freudien – cf. le célèbre « souvenir-écran », notez dès à présent, cependant, la disparition du trait d’union, laissée à l’interprétation (du lecteur) – se trouve un opuscule paru en 1996 à l’occasion d’une « manifestation » organisée par la Bibliothèque Publique d’Information au Centre Georges Pompidou (éditeur itou) l’année précédente (centenaire du cinéma, faut-il le rappeler), joliment intitulée Animalia cinematografica . Il se compose de trois courts essais thématiques signés par un critique/réalisateur/enseignant, Jean-André Fieschi, un philosophe, Patrick Tort, et un psychanalyste, Patrick Lacoste ; un petit « cahier iconographi...

Noé : Le Créateur

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Suite à son visionnage sur le service Pluzz de France Télévisions, retour sur le titre de Darren Aronofsky. Naguère « engodée » (dirait le poétique Frédéric Beigbeder) pour les besoins subliminaux du cacochyme Requiem for a Dream , la peu rancunière (ou alors sujette à des tendances suicidaires) Jennifer Connelly rempile sur le radeau (rameau) biblique du très surfait Darren Aronofsky ( Black Swan , cet ersatz oscarisé de Suspiria , assaisonné à l’écœurante sauce maternelle de Carrie au bal du diable ), auteur, cependant, d’un attachant The Wrestler (il devait beaucoup, presque tout, à Mickey Rourke, joliment flanqué de Marisa Tomei, oui). On pardonnera (presque) toujours un grand nombre de choses à celle qui fit ses classes avec Leone et Argento, qui grandit, comme tant d’autres, devant la caméra, jusqu’à devenir aujourd’hui cette femme belle et intelligente, cette actrice talentueuse et intense, à la filmographie largement inférieure à ses capacités (diptyque tout...

Mes doubles, ma femme et moi

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Un métrage, une image : JCVD (2008) Le soufflé méta (et sépia ) pourrait déranger – comme dans le cruel Congrès avec la bouleversante Robin Wright – mais retombe très vite, hélas. Jean-Claude Van Damme, acteur mélancolique et schizophrénique (cf. tous ses doubles rôles), méritait mieux que cette autofiction cachant (à peine) son grand vide sous un ressassement de points de vue, sorte de Rashōmon « pour les nuls » mixé à Un après-midi de chien . Le succès critique du film (et son insuccès populaire) résonne avec les louanges adressées à Mickey Rourke dans The Wrestler par les mêmes, ou presque, ne le supportant pas au faîte de sa gloire dans les années 80, mais se repaissant désormais de ses ruines (il réussissait un exploit plus discret avec son poignant monologue dans Expandables : Unité spéciale ). Le monologue, justement, en regard caméra et en apesanteur, de JCVD , émouvant mais complaisant, relève malheureusement davantage de Confessions intimes sur TF1 que de l...