Ben-Hur : Et vogue le navire…
« 41 » x 4, duel de regards, moment orgasmique… Plus de soixante ans après sa sortie en salles, malgré de multiples (re)diffusions à la TV, Ben-Hur (William Wyler, 1959) n’endure aucune usure, conserve avec insolence la puissance de son prosélytisme spectaculaire. Ce mélodrame masculin, sorte de Monte-C(h)risto à moitié homo, merci au co-scénariste Gore Vidal, tout sauf Vandale, constitue un sommet de classicisme hollywoodien, quasi racinien, où l’auteur (très) estimable de L’Insoumise (1938), L’Héritière (1949), Vacances romaines (1953), L’Obsédé (1965) ou Funny Girl (1968) pourtant déploie son point de vue et sa maestria, fait à chaque plan, à chaque instant, du cinéma, au sein et au-delà de la célèbre « transparence » étasunienne. Leçon de cadrage, de découpage, d’assemblage, de caractérisation, d’accélération, de composition, musicale et picturale, la fameuse séquence de la marche (immobile) des galériens le démontre bien. Il s’agit certes ...