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Affichage des articles associés au libellé Brigitte Lahaie

Le Dernier Cahier d’une condamnée

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  Exils # 66 (06/01/2025)   Comparé à l’ opus , Carrie paraît presque une comédie et Persona (Bergman, 1966) abstrait, bourgeois. Si Chahdortt Djavann revisite Stephen King, sans le savoir ni le vouloir, sa chronique d’une mort annoncée, via les derniers mots d’une ado emprisonnée, se déleste de télékinésie, du réalisme classé magique de García Márquez, de la malhonnêteté intellectuelle du gros Hugo, dont Le Dernier Jour d’un condamné , plaidoyer littéraire à la Bob Badinter, se refusait à fournir le motif de l’exécution afin de ne point affaiblir du lecteur l’empathique émotion. Bref et direct, La Muette donne à lire et ressentir le récit d’une Shéhérazade rajeunie, qui a contrario de la célèbre ancêtre citée dans le texte ne parviendra pas à sauver sa peau. Fatemeth déteste son prénom modelé sur celui de Mahomet, mais moins que sa mère remplie de bigoterie. La risible « sororité » avec laquelle se gargarisent les occidentales féministes, elles-mêmes muette...

Les Feux de la Chandeleur : L’Amour fou

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  Alliance à médisance, couscous à la rescousse… À ma mère Si les femmes mettent les hommes au monde, donc les condamnent à mourir, sinon se reproduire, les fils déjà pères, meurtriers involontaires, enterrent leurs mères au soleil d’hiver. Voici en définitive la morale lucide et dépressive d’un opus parfois poignant, clairement à contre-courant, muni d’un conservatisme social et sexué à démanger quelques sensibilités, gauchiste ou féministe en particulier. Le hasard ne saurait exister au ciné, alors en écho aux Neiges du Kilimandjaro (Guédiguian, 2011), encore un conte de couple en déroute, politisé, où l’on parle de la Pavane de Ravel, à défaut cette fois de la faire écouter. Ça commence fort, le remarquable Rochefort se fait foutre dehors, scène de ménage matinale, douce-amère, devant les enfants, le garçon comprend, la fille s’empiffre. Débuté en février 1962, terminé dix ans après, l’ item intime, quasi en autarcie, semble se soucier d’usine, de grévistes, d’avortemen...

Alphabet City

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  Un métrage, une image : Le Cavalier noir (1961) Dans Le Petit Monde de don Camillo (Duvivier, 1952), Fernandel affrontait Cervi, maire communiste et meilleur ennemi. Dans The Singer Not the Song , Mills ne désarme devant Dirk Bogarde, vaurien luciférien à fin félin. Classer Le Cavalier noir en vrai-faux western homo vers Mexico relève de l’évidence – une imagerie dédiée à l’homosexualité, comme dirait Brigitte Lahaie – mais cette dimension d’attraction/répulsion masculine, dommage pour la mimi Mylène Demongeot, mise disons KO, sortie du trio, esseulée va-t’en, châle rouge sang, qui en conclusion culmine, tandem de mecs mortellement touchés, tendrement enlacés, salut au SM de Duel au soleil (Vidor, 1946), ne saurait dissimuler la dynamique de la moralité. Plus près du contemporain Léon Morin, prêtre (Melville, 1961), idem mélodrame adapté d’un bouquin écrit au féminin, Béatrix Beck substituée à Audrey Erskine Lindop, sinon de Sous le soleil de Satan (Pialat, 1987...

Bons baisers d’Athènes

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  Un métrage, une image : Le Casse (1971) Le Casse commence comme Le Cercle rouge (1970), cambriolage comportementaliste, silence éloquent de professionnels de la profession ; il se termine à la Vampyr (1932), cercueil de silo. Entre Melville & Dreyer, Verneuil dilate la durée en mode Leone, pratique une course-poursuite « animée par Rémy Julienne et son équipe », à glisser, au propre et au figuré, entre celles de Bullitt (Yates, 1968) et French Connection (Friedkin, 1971). S’il adapte David Goodis, ici escorté d’un co-scénariste, en l’occurrence le Katcha de Galia (Lautner, 1966) ou du Maître-nageur (Trintignant, 1979), portraiture, presque une dizaine d’années après, d’autres stratèges idem en échec ( Mélodie en sous-sol , 1963), cette co-production franco-italo-américaine à succès, en Grèce guère démocratique tournée, Costa-Gavras dut en être outré, dépasse le divertissement d’antan, s’avère vite un titre expérimental assez surprenant, sinon p...

Attention les yeux !

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  Un métrage, une image : La Vitrine du plaisir (1978) L’ opus apologétique, dépourvu de la plus petite perspective critique, reprend le plan du parcours initiatique, réutilise la structure é(n)culée du récit (trop) joli, voi(r)e en voix off : du gonzo journalistique au gonzo pornographique, il suffit ainsi d’un pas, pour Pascale en tout cas. Ni portrait spécialisé, façon Exhibition (Davy, 1975), ni mélo en trio, à l’image de L’important c’est d’aimer (Żuławski, 1975 aussi), La Vitrine du plaisir , aka Tout pour jouir ! , se donne donc des airs de vrai-faux documentaire, participe du périple publicitaire, met en abyme Gérard Kikoïne, lequel dirige son équipe en fellinien marionnettiste, en écho au Federico concon de Satyricon (1969, année érotique, Gainsbourg ne se goure), fais-ci, fais-ça, comme ceci, comme cela, couci-couça, le silence du son direct, on l’éjecte. La scribouilleuse un brin boudeuse, bien de son temps d’antan, résidente de capitale hivernale, va déjà à v...

Joy : Que ma joie demeure

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  Objet joli ? Collection de recollection… Irréductible à sa risible traduction, l’infidèle et factice Joy (1983) de Serge Bergon, ce petit livre assez sympathique mérite mes lignes magnanimes. « Confession » consciente d’elle-même, dimension méta de « triche » démunie de malice, « souvenirs » du meilleur et du pire, « rangés », rédigés, « histoire banale » et néanmoins « éternelle », presque complexe, peu à la truelle, Joy fonctionne à l’effet de vrai-faux reflet, de Laurey à « Lorey ». À l’orée de l’âge adulte, déjà lourde d’ardeurs, de douleurs, de solitude, de tumulte, l’héroïne déprime, avant qu’un bienvenu billet d’avion ne vienne la sauver de la dépression. Nouvelle vie en Nouvelle-Zélande, Bruce, in extremis , la demande ? Peut-être, on le lui souhaite, à cette fille d’affiches et de magazines, à demi orpheline, amoureuse de Marc, anal-ysée par Alain, jouant avec Joëlle. Aussi grave et ...

Un film, une ligne

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  Cinoche moche, vie brève, texte « in progress »…   Une vie violente (Thierry de Peretti, 2017) Auteurisme théâtral, in extremis psychologique, dont la facticité des flammes n’enflamme… Double Take (Johan Grimonprez, 2010) Interminable et muséal salmigondis, commis par un « artiste multimédia » multimédiocre… Mandibules (Quentin Dupieux, 2021) Téléfilmée moralité d’amitié anémiée, où Exarchopoulos s’époumone ; Cronenberg ricane… The Rider (Chloé Zhao, 2017) Interminable mélodrame œdipien-équin : garder le bagarreur Bonner, bazarder à Bartabas… El Presidente (Santiago Mitre, 2017) La baudruche politique puis psychologique (se dé) gonfle vite, l’irrésolution assure la vanité… Le Sel de Svanétie (Mikhaïl Kalatozov, 1930) Du docudrama de propagande qui cependant déplut, dommage pour l’admiratif Tarkovski… Adieu les cons (Albert Dupontel, 2020) Mélo démago d’ opus anti-police, éclairé comme une publicité, rempli de spéci(a)e...