Articles

Affichage des articles associés au libellé Sergio Sollima

Le Coup du parapluie

Image
  Un métrage, une image : La police a les mains liées (1975) Cinq ans plus tôt, Britt Ekland descendait prendre le dernier métro, Eurydice d’une dystopie dont la surface affichait d’intouchables cadavres intacts ( I cannibali , Cavani, 1970). Cinq ans plus tard, Milan ressemble encore au royaume des morts, donc des vivants en sursis, qui le savent ou l’ignorent, tel cet assassin descendu/hissé sur un escalator , anticipant ainsi celui de L’Impasse (De Palma, 1993), ses pieds inanimés toujours agités, via le mouvement indifférent, face au commissaire vénère, debout, de lui venu à bout. Si la justice se doit d’être aveugle, voire aveuglée, le ciné devrait dessiller, donner à regarder doté de douloureuse clarté, quitte à scruter l’obscurité. Opus d’objets, presque à la Perec, énumérons un réveil, une valise, un briquet, une clé, un chamberlain malsain, une ardoise magique, de subterfuge phonique, La polizia ha le mani legate comporte un policier + un suspect tous deux lun...

Assurance sur la mort

Image
  Un métrage, une image : Photo interdite d’une bourgeoise (1970) L’intitulé français passe à la trappe le pluriel originel, classe la classe en classe, alors que « una signora per bene » signifie aussi, surtout, une dame bien, comme il faut. Ces précisions posées, décevons dans le mouvement les amateurs marxistes de photos pornos : le remarquable et remarqué giallo ne sacrifie à aucun moment au racolage, même si l’une des images un peu dénudées s’avère vitale, en effet. Producteur de Hunebelle ( Fantômas , 1964) & Tessari, Ercoli cumule les postes ici : il monte, il produit, il dirige sa chérie, Nieves Navarro ( Colorado , Sollima, 1966), alias Susan Scott, pseudo dû dit-on, admettons, à Fernando Di Leo. Co-écrit par le stakhanoviste Gastaldi ( Le Corps et le Fouet , Bava, 1963, La Dixième Victime , Petri, 1965, Le Grand Alligator , Martino, 1979), en compagnie de Mahnahén Velasco, assistant de Valerii ( Texas , 1969) & Ibáñez Serrador ( La Résidence ...

Le Mexicain

Image
  Un métrage, une image : Colorado (1966) Première partie d’une vraie-fausse trilogie, poursuivie par Le Dernier Face à face (1967) + Saludos hombre (1968), Colorado propose de prometteuses prémices puis un peu s’enlise. La version disponible en ligne dure moins d’une heure et demie, l’italienne comporte quinze minutes de plus, circonstances atténuantes de critique clémente. Co-écrit par Donati ( Il était une fois dans l’Ouest , Leone, 1968, Holocauste 2000 , De Martino, 1977, Le Continent des hommes-poissons , Martino, 1979), éclairé par Carlini ( La Peur , Rossellini, La strada , Fellini, 1954, La Charge de Syracuse , Francisi, La Grande Pagaille , Comencini, 1960, Frissons d’horreur , Crispino, 1975), produit par Grimaldi ( Le Bon, la Brute et le Truand , Leone, 1966, La Chamade , Cavalier, 1968, Satyricon , Fellini, 1969, Le Voyou , Lelouch, 1970, quatre films de Fellini, plusieurs opus de Pasolini, deux de Bertolucci, Le Dernier Tango à Paris , 1972, 1900 , 1976, Cadav...

Cruising

Image
  Un métrage, une image : I viaggiatori della sera (1979) À Jacqueline, exploratrice transalpine We're in a place where Heaven breathes Making some love and shooting the breeze Living out the memories we'll share Sur la mer Kylie Minogue, Loveboat Coda macabre d’une décennie dépressive, voici donc une inédite – en tout cas en salles hexagonales – dystopie, qui en évoque une autre, celle d’Anderson, bien sûr ( L’Âge de cristal , 1976), qui (r)appelle de Houellebecq le Lanzarote ad hoc . En sus co-scénariste au côté d’Alessandro Parenzo ( Cani arrabbiati , Mario Bava, 1974), avec pour second Ricky ( La scorta , 1993) son fiston, Tognazzi survit en DJ, se voit vite convié, radio ordonnée, donc lui-même remercié, à visiter, des grands enfants endoctrinés accord donné, un village en plein air, piège solaire de paradis totalitaire, où jouer (à) un jeu dangereux, où décrocher une croisière mortifère. De là-bas, on ne revient pas, on peut à peine tenter de s’évader, ...

La Cité de la violence : The Shooter

Image
  Décontraction, observation, conclusion, détonation… Charlie sourit plus ici que dans l’ensemble de sa filmographie, mais une menace méta, une menace de cinéma, envahit ses vacances avec Vanessa. Comme la victime, estivale aussi, du début de L’Inspecteur Harry (Siegel, 1971), le Heston de Bronson, prénommé Jeff, amitiés au Samouraï (1967) de Melville, idem tueur taciturne, flanqué d’une « femme fatale », surtout pour lui, suicide compris, se donne à voir au carré, à travers le viseur de celui désirant l’assassiner. Collaborateur régulier de Leone et en sus, déjà, de Sollima ( Le Dernier Face à face , 1967), puis de Valerii & Scola ( Mon nom est Personne , 1973 + Une journée particulière , 1977), le title designer Iginio Lardani suit le couple sous peu en déroute, je t’aime, moi non plus, je t’aime, je te/me tue, transforme le home en snuff movie, confère des couleurs psychédéliques,  so seventies , au petit exercice de tourisme morbide, effectué ...

La Maison aux fenêtres qui rient

Image
  Un métrage, une image : Les Nuits de l’épouvante (1966) Beau giallo cadré au cordeau, doté d’une admirable direction de la photo, ce métrage méconnu possède aussi une direction artistique soignée, une distribution chorale impeccable et impliquée. La lama nel corpo , titre explicite, se souvient évidemment des Yeux sans visage (Georges Franju, 1960), de sa défiguration, de ses greffons, de sa culpabilité décuplée, les délocalise du côté de « Morley », au dix-neuvième siècle dernier. Au creux d’une clinique psychiatrique pas catholique, une femme en noir, munie d’un rasoir, fait taire une muette, lacère une biographie de Stuart Mary, s’en prend à une maîtresse- chanteuse française et onéreuse. Au plafond, la sœur recluse tourne en rond, bonne utilisation du son. Un chat immaculé, empaillé, un schizo au cachot, un troglodyte tombeau, un accident, pas vraiment, à la chaux, constituent les accessoires d’une histoire de jalousie, d’asphyxie, d’explication, de pardon...

Le Corsaire noir : Sympathie pour le diable

Image
Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre de Sergio Sollima. Un film de flibustiers, inoffensif, pour enfants ? Un item politique, au filigrane fantastique, aux tonalités tragiques et drolatiques. En partie porté par l’impeccable Kabir Bedi ( Octopussy , John Glen 1983 ; La Bête de guerre , Kevin Reynolds, 1988), quasi converti, Le Corsaire noir (Sergio Sollima, 1976) s’avère aussi un divertissement in fine euphorisant, où trois femmes fréquentables ne font pas tapisserie, Dieu du ciné des seventies et Déesse du MLF merci. Dès le début, presque en forme de snuff movie à la Scarface (Brian De Palma, 1983), pont de longue-vue, aux pauvres et multiples pendus, « fruits étranges » de saison, à la François Villon, le métrage se place sous le signe d’un réalisme transalpin, européen, inaccessible à l’esprit américain, a fortiori selon cette imagerie pas si jolie, point infantile, enfin. Récit de fraternité individuelle, endeuillée, p...