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Affichage des articles associés au libellé Tim Burton

Dernière neige

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  Exils # 173 (26/02/2026) Petite pépite en partie polonaise, Chopin opine, on applaudit un pastiche de la scie des Choristes (Barratier, 2004), un faisceau de français, preuve du passé partagé, de la valeur sociale de la langue hexagonale, Le Masseur [1] (Szumowska & Englert, 2020) évoque Edward aux mains d’argent (Burton, 1990), ne ramène à Théorème (Pasolini, 1968), car l’étrange étranger, s’il révèle aussi à eux-mêmes les résidents et surtout les résidentes d’une banlieue bourgeoise sécurisée, au gardien imbibé, aux habitations dupliquées, chérie sa chasteté [2] , ne s’en délivre in extremis qu’en compagnie d’une jeune mère complice [3] , veuve point joyeuse et amante généreuse, scène sexuelle éclairée de manière mordorée, en rime à La Double Vie de Véronique (1991) du compatriote Kieślowski. Une seconde influence cinéphile irrigue l’intrigue simple et répétitive, au risque du tressage de saynètes au sous-texte psychanalytique, reliée au premier fil précité, celle ...

To be (dis)continued

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  Exils # 157 (19/01/2026) Vingt-cinq années après la fin heureuse et miséricordieuse de Twin Peaks: Fire Walk with Me (1992), la coda karma de Twin Peaks: The Return boucle la boucle du doute et de la déroute. L’odyssée du lui-même dédoublé Dale se solde donc par un échec au carré, car il ne parvient à sauver au passé Laura dans les bois, à ramener « à la maison » Carrie aujourd’hui, replay de Piper Laurie compris ( Carrie au bal du diable , De Palma, 1976), avatar vieilli, fugitive amnésique, au macchabée de canapé, jadis « trop jeune pour se méfier » dit-elle ensommeillée, de qui, de quoi, sinon de son possédé papa, conduite encore à la place du mort, sur une (auto)route autant nocturne et désolée que celle de Lost Highway (1997). Le cinéaste ici téléaste se souvient de la dernière rencontre, décevante et dessillante, entre Sue Lyon & James Mason, le loué Lolita (Kubrick, 1962) autre conte de doppelgänger pervers. Il confère à un univers co-inventé...

Veni vidi Fidji

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  Exils # 114 (26/06/2025) Adaptation de Dick ? Mélodrame drolatique, où un « adulescent » découvre soudain que depuis sa naissance tout le monde de son petit monde lui ment. Il suffit d’une interférence à la radio d’auto, de la résurrection rapido du pseudo papounet trépassé en bateau, traumatisme et culpabilité de minot à trafiquée météo, pour que le simulacre se détraque, que la « star » décide de passer derrière le miroir (salut Alice), de monter l’escalier (type Magritte), de sortir du studio, réplique et révérence respectueusement insolentes en prime ( time ). L’agent d’assurance accomplit ainsi une seconde (re)naissance, quitte la matrice (sur)protectrice et « manipulatrice », petit paradis WASP pastel et pasteurisé, à rendre caduc celui du miston Burton ( Edward aux mains d’argent , 1990). Point de pilule, de complot, de Neo ( Matrix , les Wachowski, 1999), plutôt la révolte non violente (couteau écarté illico ) et individuelle du héros...

Sang neuf et Ciné ancien

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  Exils # 105 (24/04/2025) Récit d’apprentissage, à base de bizutage et de dépucelage, de dommages et d’hommages, Youngblood (Markle, 1986) ne change le schéma de ce cinéma-là, en surface sportif, en profondeur éducatif, respecte donc la structure (é)vocation/confrontation/consécration, celle idem de la comédie musicale. Mais sa trame mélange film d’adolescent, comédie romantique et mélodrame, invite l’individuel au cœur du collectif. Tout ceci suffit à en faire un film politique, en tout cas davantage que d’autres qui en revendiquent le galvaudé titre, assorti de surcroît d’une réflexion en action sur la dynamique des sexes, ses forces et ses faiblesses. Dix-sept ans et toutes ses dents, jusqu’à ce qu’il en perde une en coda, autographes de gosses à signer, baiser de la bien-aimée à différer, pourvu d’un patronyme explicite, symbolique, le délicat et déterminé Dean quitte la ferme de ses frère et papa, sise au Minnesota, direction, via un spectaculaire pont, le hockey au Can...

Le Pentagramme et le Pentagone

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  Exils # 85 (20/02/2025) Plus drôle que Le Loup-garou de Londres (Landis, 1981), moins jeu de massacre que Mars Attacks! (Burton, 1996), Le Loup-garou de Washington (Ginsberg, 1973) réunit et réussit les registres comique et tragique. Commencé/clôturé en voix off , puissance de la parole, économie du non tourné, il dispose cependant de lycanthropes fichtrement différents de ceux d’ Europa (von Trier, 1991), autre opus politique à tendance hypnotique. Cette fois le chemin de croix affiche des fondus au noir à foison, des lignes de fuite de perspectives filmées en fisheye effet, des plongées et des contre-plongées contrôlées, des surimpressions de transformations. Tout ceci prouve à nouveau que le style se fiche du fric, que le manque de moyens n’équivaut au manque d’idées, que le désir et le plaisir de faire ensemble du ciné, ressenti à chaque instant, à chaque plan, ne conduisent à l’anecdotique ni à l’amateurisme. Selon The Werewolf of Washington , appréciez au passage l’...

John Weak

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  Exils # 70 (15/01/2025) À Franck Construit en boucle bouclée, John Wick (Stahelski, 2014) s’ouvre sur un souvenir doux-amer sur cellulaire : une Eurydice marine, plus animée que le spectre en replay de La Jetée (Marker, 62), demande à l’amoureux désormais en sursis s’il la filme. Ensuite des inserts silencieux annoncent et donc redisent le désastre intime d’un décès prématuré. Confrère d’Orphée de film endeuillé, l’ancien assassin rédimé selon sa dame de mélodrame se voit vite offrir un toutou d’outre-tombe, manière de demeurer au monde, puisqu’une Mustang bientôt volée ne suffit à se maintenir en vie. Dans l’ Odyssée , Argos reconnaissait son maître déguisé, lui-même dépourvu de pitié envers d’entreprenants prétendants. Wick ne s’avère pas si « vulnérable » que le lui dit la barmaid amicale, retourne en arrière, au royaume des Enfers, surtout celui d’une mafia russe moins tatouée mais autant tourmentée que celle des Promesses de l’ombre (Cronenberg, 200...

Furst and Furious

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  Exils # 23 (04/03/2024) Burton un brin de Batman se balance, se soucie à demi de sa « souris volante », sinon comme (Love, Prince en pince, Kim opine) symbole d’anormalité normalisée, soumise aux mondanités, Bruce l’argenté matrice d’Edward aux mains argentées ; le défilé friqué, à pognon empoisonné, à « mourir de rire », indeed , évoque davantage Les Rapaces (von Stroheim, 1924) que la conclusion à la con du capitaliste Alice ( au pays des merveilles , 2010), remémore idem le bibendum maléfique du contemporain SOS Fantômes 2 (Reitman, 1989), maousse némésis en rime. Exit donc le nihilisme à la Miller puis le psychologisme à la Nolan, même si revoilà le trauma , éternelle tarte à la crème d’un certain cinéma des USA (du chocolat à carie de Charlie, oh oui), bien sûr à dépasser, à trépasser, tel le Jack dédoublé, auquel son rire increvable et mécanique cependant survit. Tout ceci se situe in extremis , sans malice, au sommet ou sur le seuil de la...

À la rencontre de Forrester

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  Caste de concurrents, complices des maléfices, honte de la honte...   Pascal, Blaise et billet, philosophe de force, opinion, usurpation, vérité, devrait plaire à la pensive Jacqueline Waechter. Biographe à défaut de fée, Dreyfus née, Viviane Forrester signe en 1996 un essai à l’insolite et insolent succès que l’on sait, du Médicis récompensé, placé sous le signe, sinon l’emprise, de l’exclusion, l’élimination, la déportation, la programmation, de la catastrophe, en somme, termes très connotés, en toute conscience utilisés. Parmi un entretien contemporain, publié au milieu de L’Humanité , l’écrivain au féminin, peu fanatique de féminisme, de féminisation du lexique, se rappelait Rimbaud, communard à l’écart, vite devenu marchand, pas d’armes seulement, telle in extremis l’Alice de Lewis, présente ici aussi, revue et outragée par le pas bon Burton. Le titre de l’ item cite donc Soir historique des Illuminations , en conserve la valeur apocalyptique, en liquide la dimen...

The Social Network

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  Du CinemaScope au Trombinoscope : florilège FB… Films Après le risible remake arty par Van Sant commis, un documentariste suisse, qui travailla sur Lucas et les zombies , bigre, délivre une interminable démonstration (bien évidemment dédiée à sa maman) d’histoire orale et d’exégèse collective (en noir et blanc, prologue + épilogue de reconstitution à la con) ; ceci vire très vite à l’effet Rashōmon , voire Koulechov : chacun, plus ou moins savant/intéressant, s’exprime puis au final il n’en reste rien, sinon une sociologie scolaire, une psychologie paresseuse ; pire, cela se voudrait exhaustif mais ignore l’apport du DP Joseph L. Russell (non cité !), néglige De Palma (grand absent, on le comprend), oublie la parodie X du spécialiste Gary Orona ; la vérité (subjective, pas définitive) de la scène se trouve en elle-même, dans l’intégrité de sa durée, son articulation avec le reste du film, ici réduit à l’anecdotique, sa contextualisation de disparition ( L’avventura , co...