Someone to Watch (Over) Me
Souvenir d’un visage, description d’un paysage… Enfant sauvage à la François Truffaut ? Femme de trente ans à la Balzac ? Un peu, peut-être, puisque Jacqueline Waechter alors trentenaire, à l’instant où elle pose, se pose, devant l’objectif subjectif d’une connaissance d’enfance – mais, justement, sans prendre la pose, sans poser pour la postérité. Observer ce visage avancé, à la tête un brin baissée, en clair-obscur composé, revient, bien sûr, à revenir vers un personnel passé, pour le lecteur en ligne étranger, pour le complice correspondant en partie, en pudeur, partagé. Sa biographe Camille Stern évoque les tournesols domestiques, esseulés, de van Gogh, les œuvres de Giacometti, son visage à lui, la révélation de Venise, l’épiphanie de Pompéi, des cinéastes d’Italie, l’appartement d’Apollinaire, tout ceci se retrouve ici, stade, station, informe en filigrane les traits, leur confère une force fragile, une intensité intérieure. Le modèle, doté de mystère, dava...