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Affichage des articles associés au libellé Jean Dréville

La Folie des grandeurs

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  Un métrage, une image : L’Argent (1928) Comme Germinal (Berri, 1993), s’agit-il en définitive, d’après déjà le zélé Zola, défenseur dreyfusard, que certes d’antisémitisme personne ne soupçonne, en dépit du « Salomon » d’introduction/conclusion, d’un cas d’anticapitalisme capitaliste ? Conscient de la contradiction, L’Herbier l’écrivait, au creux de sa tête tournée : « filmer à tout prix, même (quel paradoxe) à grand prix, un fougueux réquisitoire contre l’argent », mais son mélodrame drolatique et moral, coûteux insuccès, à l’instar d’un certain Stavisky (Resnais, 1974), eh voui, descendu, réévalué, s’indispose surtout d’une spéculation de déraison, cède à notre modernité de clivantes « inégalités », de « crise » sélective, ses jérémiades pseudo-humanistes, « moralisation du capital » selon Sarkozy, « ennemie finance » de Hollande, « visage de l’obscénité » de Patrick Pouyanné s’offusque enf...

Scout toujours…

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  Un métrage, une image : Snobs ! (1962) Visionné via la guère austère Jacqueline Waechter, l’ouvrage d’un autre âge séduit assez, en raison de sa dynamique division : la satire de l’arrivisme provincial évite le vitriol et déploie sa tendresse, pas seulement cinéphile, envers un casting choral autant impeccable qu’improbable. Au niveau de la forme, de toute façon indissociable du fond, une similaire opposition se reproduit, porte un identique fruit : à l’excès assumé du récit, cependant toujours précis, répond donc une réalisation rigoureuse, jamais relâchée, contraste stimulant, en partie dû aux fidèles talents du compositeur Joseph Kosma ( Le Cas du docteur Laurent , Le Chanois, 1957 ou Crésus , Giono, 1960), du directeur de la photo Marcel Weiss ( La Ferme du pendu , Dréville, 1945 ou Meurtre en 45 tours , Périer, 1960), de la monteuse Marguerite Renoir ( La Chienne , Renoir, 1931 ou Les Eaux troubles , Calef, 1949). En compagnie de l’ami Moury, Mocky s...

My Dinner with Andre : Bienvenue à Bourvil(le)

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  Anti-alcoolisme d’irrésistible causerie ? Souvenirs virés vers la vie… À Jacqueline Tel l’admiré-démarqué Fernandel, remember La Cuisine au beurre (Grangier, 1963), pourtant pas la meilleure, puisque insipide, déceptive, y compris pour le principal intéressé nordiste, dégage, dommage, Bourvil débuta sur scène, s’y fit un (re)nom, plutôt un prénom, piqué-corrigé à un village local de sa Normandie maternelle et natale. Parents paysans, mariage juvénile, passage par l’armée, boulots à gogo, succès des Crayons au sortir de la seconde hécatombe, ensuite reprise, filmée, immortalisée, parmi La Ferme du pendu (Dréville, 1945), puis persona paysanne, opérettes en duo avec la rapprochée Pierrette Bruno, valeureux virage de La Traversée de Paris (Autant-Lara, 1956), duos avec Brigitte Bardot ( Le Trou normand , Boyer, 1952), Luis Mariano ( Le Chanteur de Mexico , Pottier, 1956), Jean-Paul Belmondo ( Le Cerveau , Oury, 1969), tandems avec un certain Jean Gabin (traversée...

La Ferme du pendu : Au nom de la terre

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  Propriétaire terrien ? Propriétaire, t’es rien… Regain (Pagnol, 1937) se terminait sur un couple en train de semer, sur le point de récolter, d’accoucher, bouleversait via ses travellings vibrants, la belle BO du fier Honegger ; La Ferme du pendu (Dréville, 1945) s’achève sur un vieil homme esseulé, terrassé, au sens propre, figuré, trépas depuis longtemps programmé, n’en déplaise au neveu juvénile, qui l’appelle, invisible, qui convainquit in extremis sa maman s’en allant de le laisser là, auprès de son oncle conquis, sur cette terre obsédante, épuisante, suaire austère sillonné de sueur, de labeur, tout au long des décennies, tant mieux, tant pis. Commencé au milieu d’un cimetière, le métrage méconnu mérite son exhumation, se dédie à une destruction, celle d’une fragile fratrie où les « affaires » se foutent des femmes, où un cocufieur finit fou, où un frêle frangin file, devient mécanicien. La tante précitée elle-même s’enfuit à la ville, rentre...