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Affichage des articles associés au libellé Edgar G. Ulmer

Adieu au langage

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  Adages, radotages, sabordages… Talk is cheap Dicton ricain D’abord je veux avec ma langue Natale deviner tes pensées Plus tu cries plus profond j’irai Dans tes sables émouvants sables Où m’enlisant je te dirai Les mots les plus abominables Serge Gainsbourg, Love on the Beat Dans Les Hommes le dimanche (Siodmak & Ulmer, 1930), du body language en mode Miss Minogue ; dans Permis de construire (Fraticelli, 2022), des onomatopées au café ; dans Les Sans-dents (Rabaté, 2022), de régressifs borborygmes contre la déprime et, tangente évidente, dans L’Homme au crâne rasé (Delvaux, 1966), une voix off fatiguée : à travers les décennies, les pays, les titres réunis ici, se pose ainsi la question de l’expression, de la langue, du langage, donc de l’identité, de l’individualité, de son dialogue et de sa dialectique avec la communauté. Face à la solitude infinie, faussée – je voudrais être au moins une fois enfin moi-même – de l’anti-héros d...

Dolls

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  Un métrage, une image : Barbe-Bleue (1944) Perrault & Dmytryk ( Barbe-Bleue , 1972) ? Plutôt le Poe du Portrait ovale , voire le Powell du Voyeur (1960). Les « féminicides » à profusion a fortiori les féministes effaroucheront, mais jamais de misogynie ici, au contraire, car le cher Ulmer ne magnifie ni n’absout son assassin artiste, n’esquive la terreur des victimes, cf. la scène du supplice de Francine, femme flic en costume (d’époque) miroitée, fissa étranglée par une cravate identifiée en français, retrouvée sur le lieu du crime et bien sûr ensuite dans Frenzy (Hitchcock, 1972). Cependant nulle trace de sadisme sexuel chez le marionnettiste triste, meurtrier rancunier incapable de dépasser un trauma sentimental de jadis paupérisé altruiste, pardon du pléonasme. Tournée en moins d’une semaine, avec des bouts de ficelles (de pantins faustiens), des toiles peintes, une modeste maestria du maniement de la caméra, bénéficiant de la double présence ...

La Vallée de la peur : Camera Obscura

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  « Les hommes doivent trouver en eux leurs réponses » ou périr au piège du pedigree . D’un Détour (Edgar G. Ulmer, 1945) à l’autre : on retrouve dans La Vallée de la peur (Raoul Walsh, 1947) un récit ressassé, une histoire intériorisée, une masculinité passive, une féminité active, des Euménides plus ou moins magnanimes et un Œdipe idem adopté, cette fois-ci délocalisé du côté de Santa Fe, ouf, olé. Niven Busch scénarisa Le facteur sonne toujours deux fois (Tay Garnett, 1946), écrivit aussi Duel au soleil (King Vidor, 1946), alors (re)voici du destin et du SM, en sus de Teresa, son épouse de l’époque, placée au générique et sur les affiches avant Mister Mitchum, fichtre. Les correspondances se télescopent, puisque Judith Anderson joua dans Rebecca (Alfred Hitchcock, 1940) et Teresa Wright dans L’Ombre d’un doute (Alfred Hitchcock, 1943), puisque une lampe nocturne portée rappelle le célèbre verre de lait de Soupçons (Alfred Hitchcock, 1941), puisque...

Détour : Doom

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Indy et son Temple of Doom  ; Al et son Euménide guère magnanime… À côté de Détour (Edgar G. Ulmer, 1945), Le facteur sonne toujours deux fois (Tay Garnett, 1946) confine à la comédie ; face au damné Tom Neal, John Garfield se déguise en gagnant et comparée à la bien nommée Ann Savage, Lana Turner se métamorphose en bonne sœur. Un « film noir » ? Une « femme fatale » ? Je me gausse des genres, je me fous des figures : Détour décrit un enfer miniature, dont la radicalité ne laisse pas de séduire ni de sidérer. Au sortir de la guerre, on devrait, victorieux, s’égayer, se divertir, « boire un verre », « manger un morceau », écouter une chanteuse heureuse au cabaret du coin, hein, de surcroît papoter avec le premier venu, supporter qu’il choisisse sur la machine du resto ce morceau, aussi maudit que la rengaine autant mémorielle de Casablanca (Michael Curtiz, 1942). Pour vous dévoyer du chemin de votre choix, vou...