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Affichage des articles associés au libellé Claude Lanzmann

Dawn of the Dead

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  Aube des macchabées ? Jour toujours de retour… Le mélomane Pialat le premier s’en empara, premier mouvement mis sur le générique de Police (1985), puis le rapide Peter Weir ( État second , 1993), au sein du sillage d’un succès de CD, puisque la désormais fameuse symphonie de Górecki sortit chez Nonesuch un an avant. Ces « chants de chagrins », d’autres cinéastes s’en servirent, citons le tandem anecdotique de Schnabel ( Basquiat , 1996) & Malick ( The Tree of Life , 2011),   plusieurs interprètes les servirent, pour le meilleur et pour le pire : la pionnière Stefania Woytowicz pâtit d’être trop opératique ; Zofia Kilanowicz , chanteuse en chaire, en présence du compositeur impassible, sinon souffrant d’un ennui poli, les dramatise et les glamourise ; Lisa Gerrard , contralto et non soprano, point trop n’en faut, s’égare, les adeptes de Dead Can Dance ne se marrent ; Beth Gibbons , assise, exquise, émancipée de Portishead, dirigée ...

Phantom of the Paradise : Black Swan

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  Disons De Palma décrit par Derrida… Pour la précise et précieuse Jacqueline A Que le cinéma, de façon fondamentale, s’avère un art funéraire, nul ne le niera, surtout pas Jacques Derrida. La chère Jacqueline Waechter m’orienta vers cet article signé Adolfo Vera, basé sur deux « interventions » du penseur de la « déconstruction ». Au lieu de commenter un commentaire, merci mais mieux à faire, de (re)formuler mon propre rapport au ciné, à ses fantômes, en effet, en reflet, à son miroir mouroir, donc à notre interminable mort, une fois encore, je décidai de réactiver le vocabulaire derridien, d’appliquer ce particulier lexique, en projecteur cinématographique, parmi le Paradis ; voilà le résultat, appréciable ou pas. Auparavant, en 2015, voici ce que j’écrivis, avec ma voix (voie) à moi, au cours d’un parcours intitulé  L’Insoutenable Légèreté de l’être : Notes sur les comédies musicales  : Vicki Page résonne avec la Phoenix incendiaire de...

Unborn : Phoenix

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Shalom à la gomme ? Conte pour solde de tout compte… Le motif du miroir fantomatique matérialise l’intitulé du blog que vous lisez, lui-même définition du cinéma, mais l’argument mystique et historique excède les reflets funestes. Si Unborn (David S. Goyer, 2009) semble se souvenir de The Grudge (Takashi Shimizu, 2004) et son gosse d’escalier, de Prince des ténèbres (John Carpenter, 1987) et sa terreur quantique, de L’Exorciste (William Friedkin, 1973) et sa tête rotative en spider walk , l’essentiel se situe ailleurs, davantage du côté du Golem (Paul Wegener, 1920 ou Julien Duvivier, 1936), de Ces garçons qui venaient du Brésil (Franklin J. Schaffner, 1978), de Shoah (Claude Lanzmann, 1985). Ce métrage minoré, mal-aimé, mérite néanmoins une heure vingt d’une vie de cinéphilie, car il essaie de revitaliser un thème momifié, celui de la possession/malédiction, au contact de la Kabbale. Hollywood, on le sait, on renvoie vers Le Royaume de leurs rêves de Neal Gable...

Une femme disparaît : Trains étroitement surveillés

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Suite à son visionnage sur le site d’ARTE, retour sur le titre d’Alfred Hitchcock. Hitch et les trains, histoire ancienne, on s’en souvient, puisque le fils de grossiste, selon Spoto, s’auto-récitait des itinéraires ferroviaires. Inutile de revenir ici sur ce motif méta, déjà traité par votre serviteur. Fastidieux aussi de développer les correspondances, vocable adéquat, de Une femme disparaît (1938) avec L’Ombre d’un doute (1943), L’Inconnu du Nord-Express (1951), La Mort aux trousses (1959), trilogie sur rails, ses échos avec Rebecca (1940), La Corde (1948), Le Rideau déchiré (1966), cf. la baronne arrogante, la malle mortelle, la rouste à trois, voilà, voilà. Plus amusant, à défaut de pertinent, n’omettons pas de remémorer que Vanessa Redgrave imitera son papa Michael selon Mission impossible (1996), De Palma dut s’en délecter. Sinon, le film cartographie une utopie cosmopolite, une patrie polyglotte qui n’existe pas, toute ressemblance avec l’Allemagne nazie ...

La Voix des morts : Notes sur le hors-champ sonore

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La voix de sa maîtresse et la preuve de sa tristesse… Au cinéma, la voix off ne constitue pas (uniquement) une option car elle relève de l’identification (d’une femme, d’un homme). Désincarnée de manière littérale, elle paraphe la nature fantomatique (et funéraire) d’un art de l’obscurité tombale (autant que commerciale). Une fois filmé, le corps s’évapore, devient une image, une trace, un souvenir à sans cesse ranimer, réactualiser, raviver en version restaurée ; d’où, en partie, la mélancolie congénitale de la pornographie, présence-absence du plaisir public. La voix subit aussi une métamorphose, elle se dissocie de sa source, elle se sépare de son émetteur, bien au-delà de la parenthèse historique liminaire du muet (ou de son simulacre discutable à la Tabou ). Dans la mosaïque filmique, la bande-son et la bande-image dialoguent, se redoublent, se contredisent. Le doublage, bien sûr, souligne l’artifice sonore, permet le cosmopolitisme polyglotte. Il ne représente...

Leur morale… et la nôtre : Histoire, horreur, humanité

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Tu ne veux pas entrer là, tu voudrais bien fuir la salle obscure, ne plus penser à ceux réduits au silence, fantômes fraternels dans notre miroir, mais ce choix ne t’appartient pas et il te faut, encore une fois, regarder la mort en face… Ils disent : la Shoah tu ne filmeras pas. Rivette et l’abject. Pauvre Pontecorvo, accusé de formalisme avec son lacrymal, paraît-il, Kapo . Ah, Emmanuelle Riva, tondue à Nantes, touriste à Hiroshima, pour mieux se suicider/crucifier à des barbelés électrifiés. Tout ce bruit critique pour une reformulation de l’iconographie religieuse, au dolorisme certes maladroit mais sincère, alors que les mêmes, ou presque, adouberont La Bataille d’Alger , bientôt guide méthodologique pour les troupes américaines en Irak ? Daney portant pour ainsi dire l’article cousu dans son pardessus, viatique d’un Pascal cinéphile. Godard rajoute une couche en liant l’horreur et la pornographie au-delà de l’esthétique. Ces images, ...