Independence Days
Comment Cannes devint (vraiment ?) autonome. N’en déplaise aux esthètes et autres « humanistes » ne s’occupant pas de politique – elle finit toujours par s’occuper d’eux, fréquemment à leur détriment –, le cinéma se situe dans la Cité, dans un hic et nunc particulier, dans un réseau d’idées, de volontés, de talents et de moyens financiers inséparables. Politique par nature et par pratique, il s’agit donc d’un art du commerce mais surtout de la communauté (humaine, citoyenne), le microcosme « bigarré » de l’équipe reproduisant le patchwork sociétal, même au sein d’une classe générationnelle (la double jeunesse d’un premier film), en dépit de sa propension autarcique (notoires relations incestueuses d’un milieu se définissant lui-même, en France, comme une « grande famille »). On peut composer, écrire, peindre seul, voir aussitôt le résultat de ses efforts et décider de le conserver pour soi, dans une sorte d’arrogance aristocratique – u...