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Affichage des articles associés au libellé Peter Collinson

Petits meurtres entre amis

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  Un métrage, une image : Assassinats en tous genres (1969) Comédie carrément comique, divertissement vraiment divertissant, The Assassination Bureau doit beaucoup au couple impeccable de Diana Rigg & Oliver Reed, à un casting choral irréprochable, mentions spéciales à Curd Jürgens, Philippe Noiret, Telly Savalas, à la bella Annabella Incontrera, à une direction artistique très soignée, digne d’être saluée, au même titre que le script , modèle de rythme et d’humour ironique. Ceux-ci reviennent en vérité à un seul type, à savoir le production designer et scénariste Michael Relph, qui produit aussi, qui réalisa quelquefois. Collaborateur régulier et partenaire privilégié du réalisateur concerné, l’homme de talent polyvalent adapte donc un roman commencé par Jack London puis terminé par Robert L. Fish, polardeux dont le Mute Witness publié la même année, en 1963, devint Bullitt (Yates) en 1968. Relph transforme le matériau d’origine, limité à l’Amérique nordiste, en ...

La Sorcière amoureuse : Logan’s Run

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  Confusion, collusion, confrontation, condamnation... À la bonne sorcière Jacqueline Waechter Chaînon manquant et ensorcelant reliant La maschera del demonio (Bava, 1960) et Le streghe (Bolognini, De Sica, Pasolini, Rossi, Visconti, 1967), La strega in amore  (1966) se découvre dès le premier plan en conte de décor : un homme à Rome soulève un store, ouvre des vitres, va vite se retrouver cloîtré, à l’insu de son plein gré. S’il dialogue de surcroît, disons à distance, avec le Fedora (Wilder, 1976) d’autrefois, le plus récent et peu passionnant Abuela (Plaza, 2022), le film de l’ami Damiani, surtout (re)connu ici pour ses percutants et pertinents polars made in Italy , annonce aussi Amityville II: The Possession (1982), coécrit par le sieur Wallace, similaire amateur de femmes en flammes, de Mexicaines guère sereines ( Vampires: Los Muertos , 2002), qu’il dirigera aux USA. Seize ans avant, le (mauvais) génie du lieu sévit déjà, donne une leçon d’humiliation, ...

High Noon

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  Un métrage, une image : Les Colts au soleil (1973) Histoire de mémoire ? Exercice de style, or encore, sillage rural de L’or se barre   (Collinson, 1969), ( The ) Italian Job itou, car co-production entre le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie. Opus européen, adapté du spécialiste Louis L’Amour par le scénariste Scot Finch ( Shalako , Dmytryk & Bardot, L’Amour & Boyd bis , 1970), éclairé par John Cabrera ( Virus cannibale , Mattei, 1980), musiqué par l’incontournable Luis Bacalov, The Man Called Noon s’avère un divertissement inconsistant, point déplaisant, un conte de rééducation, de rédemption, dont l’argument d’arroseur arrosé guère renversant, sans être certes déshonorant, ne paraît pas non plus passionner le cinéaste anglais, prématurément décédé. Bien sûr, le casting cosmopolite, hétéroclite, sympathique, ressemble un brin à la créature de Frankenstein, semble aussi soumis à l’expéditif destin : Stephen Boyd décède à quarante-cinq ans d’une crise...

Goliath

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  Un métrage, une image : Le Château de l’horreur (1974) « La trépanation de la cervelle est en soi très justifiable » : l’œuvre d’Oliver, pseudonyme peu limpide, collectionne sans vergogne les répliques drolatiques, ce qui la rend à l’instant, en un instant, un divertissement souvent amusant, assorti de situations aussi stupides qu’irrésistibles, tant le sublime sait en sus, souvent, se métisser de risible, surtout au sein (aperçu plein) du ciné classé genré. On y retrouve un Rossano Brazzi en bout de course, presque à bout de souffle, l’acteur de valeur de Vacances à Venise (David Lean, 1955), La Charge de Syracuse (Pietro Francisci, 1960) ou L’or se barre (Peter Collinson, 1969), illico relooké en « comte » Frankenstein sérieux et toutefois espiègle, dialogue ad hoc , avant de visiter l’univers malsain de Damien ( La Malédiction finale , Graham Baker, 1981) puis la grosse pomme pourrie, de nuit, d’Abel Ferrara ( New York, deux heures du matin , 1984). Dans le rôle de l’...

High Spirits

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  Un métrage, une image : L’esprit s’amuse (1945) Dans The Ghost and Mrs. Muir (Mankiewicz, 1947), Rex Harrison attendait Gene Tierney « de l’autre côté » ; dans Blithe Spirit (Lean, 1945), il affronte ses deux femmes revenues « d’entre les mortes », amitiés à Boileau & Narcejac, au compatriote Hitchcock ( Vertigo , 1958). Le romancier rural veut de « l’invisible », il invite donc à la maison, disons sien « dîner de cons », un médium à la gomme, l’alerte Margaret Rutherford presque « en fait des tonnes ». S’ensuit une « séance » assez risible, agréable gallicisme, de spiritisme à domicile, et revoilà Elvira, pourtant pas Cassandra (Peterson) ni la maîtresse de Montana ( Scarface , De Palma, 1983). Au vaudeville vire vite l’au-delà, oui-da, car accident inconséquent, et le métrage dynamique, anecdotique, se transforme fissa en scène de « ménage à trois », comme ils disent outre-Manche ou Atlantique. ...

L’Homme de la tour Eiffel

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  Un métrage, une image : De l’or en barres (1951) Heureux ne rend l’argent assurent les riches aux démunis qu’ils dévalisent et De l’or en barres , au demeurant aimable et estimable comédie, ne les contredit. Débuté par une prodigalité drolatique et tragique, à quoi tient la popularité, à une poignée de billets, l’ opus lui-même à succès du cinéaste-scénariste de Un poisson nommé Wanda (1988), bien avant du co-monteur du Voleur de Bagdad (Berger, Powell, Whelan, 1940), s’achève via un dessillement du spectateur-auditeur, le pseudo-cerveau évadé à Rio en vérité à son interlocuteur-confesseur menotté, amen . Moralité morale, où quatre hommes non misérables convoitent en réunion, sur sélection, selon l’urgente occasion, l’enviable ou vaine, voire vilaine, belle vie, loin de l’ennui, du gris, des lendemains bientôt very angry ( young men , cinema ) de la guerrière pénurie, sans voir ni s’apercevoir que les vraies valeurs, n’en déplaise aux voleurs, professionnels ou amat...

Dangereusement vôtre : Rémy et le Réel

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  En mémoire de Rémy Julienne (1930-2021) et en adieu à Nathalie Delon (1941-2021)... Transporteur puis pilote, champion récompensé en sus de cascadeur adoubé par Bond & Disney, (anti-)héros malgré lui d’un dramatique et judiciaire feuilleton dû à une dispensable (pléonasme) production Besson ( Taxi 2 , Krawczyk, 2000), désormais décédé des suites de la pénible pandémie, deuil discret, moins médiatique que celui de son mentor Gil Delamare, Rémy Julienne sut exercer ses « scientifiques » et savants talents pendant plus de quarante ans, sa filmographie conséquente, débutée via Fantômas (Hunebelle, 1964), associant cinéma estampillé populaire, classé d’auteur, d’ici et d’Italie ou d’ailleurs. Ainsi Rémy se mit au service, souvent complice, de Gérard Oury ( La Grande Vadrouille , 1966) & Jacques Besnard ( Le Grand Restaurant , idem ), de Jean Girault ( Les Grandes Vacances , 1967) & Georges Lautner ( Le Pacha , 1968), de Peter Collinson ( L’or se barr...

L’or se barre : Le Grand Embouteillage

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Les hommes (spécialistes à la Patrice Leconte) qui valaient quatre millions de dollars . Une comédie very British  ? Une réaliste demo reel pour Rémy Julienne ? Un document sur les années 60 finissantes ? Un « film culte » redécouvert via un DVD exemplaire ? Bien sûr et davantage : le titre le plus connu d’un réalisateur emporté par un cancer à la quarantaine (Peter Yates pressenti). Une réussite collective qui doit quelque chose à tous ses collaborateurs. Un divertissement « bon enfant » à déguster en VO avec un sourire constant. Un film foutrement freudien commencé dans un tunnel et terminé au bord d’un ravin utérins (« de l’or en barre », en lingots phalliques, pour tous les psys épris de cinéphilie, d’engorgement d’automobiles-spermatozoïdes). Une réflexion ludique et mélancolique sur la virilité européenne, Michael Caine (alors sans permis, flanqué de son frérot) en étalon (Lelia Goldoni, veuve cassavetesesque vit...