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Affichage des articles associés au libellé Just Jaeckin

Le Chat du rabbin

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  Notes à propos d’un duo de rôles… À la télé et au ciné, Clotilde Joano épousa donc Michel Piccoli deux fois, qui la trompa, l’empoisonna, auquel elle pardonna, écho moderato à la tactile coda de L’avventura (Antonioni, 1960), itou co-écrit par Tonino Guerra. Au cours de Hauteclaire (Prat, 1961), téléfilm du temps de la RTF, certes soigné, toutefois surfait, Paul Frankeur, docteur narrateur, affirme qu’elle affiche un « visage de victime », néanmoins ceci n’existe, pas davantage qu’un faciès de coupable, n’en déplaise au guère rigolo Cesare Lombroso. On peut par contre posséder une sale gueule, une face défaite, en effet, pourtant les traits altiers de la Clotilde concernée ne se situaient de ce côté. Sa beauté classique, aristocratique, un brin britannique, sied à la comtesse en détresse imaginée selon le diabolique Barbey, le mimi d’Aurevilly, au creux d’un ersatz de conte de classes, marxiste en sourdine. Clotilde incarne de tout son corps une Delphine destinée à ...

Anne, ma sœur Anne

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  Cinéma, si Mina… À la mémoire d’Olivia Newton-John De 1959 à 1977, on savoura souvent Mina au cinéma, surtout suivant les génériques, en musique de source dite ou non diégétique. Ensuite, diverses décennies davantage qu’avéré oubli, elle revint à l’instar d’un refrain, chez Almodóvar ( Matador , 1986 + Douleur et Gloire , 2019, sympho Donaggio) & Scorsese ( Les Affranchis , 1990, placée sous le signe céleste de Gino Paoli), Turturro ( Passione , 2010) & Watts ( Spider-Man: Far from Home , 2019), tant mieux ou hélas. Auparavant, elle traversa L’avventura + L’Eclipse (Antonioni, 1960, 1962), fit un (quarante-cinq) tour et des détours au fil des filmographies de Fulci, Paolela, Petri ( La Dixième Victime , 1965), Risi, Bertolucci, Festa Campanile, Bolognini. On connaît pire pedigree , pourtant tout ceci, auquel rajouter quelques caméos, rôles classés premiers, de la publicité dirigée par Zurlini, un fameux voyage (de Mastorna, voire Manara) avorté de Fellini, ne retiendr...

Love Story

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  Un métrage, une image : Le Tueur (1972) Échec critique et public, l’avant-dernier film de l’auteur des estimables Un taxi pour Tobrouk (1960), Le Bateau d’Émile (1961), Le Voyage du père (1966) ou Le Tatoué (1968), mérite d’être réexaminé, voire réévalué, car il donne à (re)voir, avec une livide lucidité, la France des années septante, glaçante, glacée, aussi son ciné. Coproduit entre ici, l’Allemagne et l’Italie – Éric Rochat reviendra via L’Affaire Dominici (Aubert, 1973), Histoire d’O (Jaeckin, 1975), scénarisera-réalisera sa vraie-fausse suite ( Histoire d’O, numéro 2 , 1984) –, coécrit par Pascal Jardin, parce que le dialoguiste fidèle le valait bien, éclairé en soft focus par Claude Renoir, bientôt au boulot à l’occasion d’une autre chasse à l’homme, pardon, à la dame ( La Traque , Leroy, 1975), les mecs abjects font des misères à Mimsy Farmer, musiqué par le Marseillais Hubert Giraud ( Sous le ciel de Paris , Duvivier, 1951), interprété par Blier ...

Cruising

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  Un métrage, une image : I viaggiatori della sera (1979) À Jacqueline, exploratrice transalpine We're in a place where Heaven breathes Making some love and shooting the breeze Living out the memories we'll share Sur la mer Kylie Minogue, Loveboat Coda macabre d’une décennie dépressive, voici donc une inédite – en tout cas en salles hexagonales – dystopie, qui en évoque une autre, celle d’Anderson, bien sûr ( L’Âge de cristal , 1976), qui (r)appelle de Houellebecq le Lanzarote ad hoc . En sus co-scénariste au côté d’Alessandro Parenzo ( Cani arrabbiati , Mario Bava, 1974), avec pour second Ricky ( La scorta , 1993) son fiston, Tognazzi survit en DJ, se voit vite convié, radio ordonnée, donc lui-même remercié, à visiter, des grands enfants endoctrinés accord donné, un village en plein air, piège solaire de paradis totalitaire, où jouer (à) un jeu dangereux, où décrocher une croisière mortifère. De là-bas, on ne revient pas, on peut à peine tenter de s’évader, ...

Così fan tutte

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  Un métrage, une image : La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (1970) Samantha Eggar s’égare, Stéphane Audran descend son amant, Oliver Reed déprime : l’ultime film de Litvak s’avère un road movie dédoublé, inversé, où deux dames dissemblables prennent la même (auto)route de déroute. Trois années après l’enquête et l’obscurité de La Nuit des généraux (1967), le cinéaste cosmopolite s’aère au soleil, fait s’affronter le couple de compatriotes de Chromosome 3 (Cronenberg, 1979). Au terme d’une première décennie, sur le seuil d’une seconde, l’ opus pépère, pas une seconde révolutionnaire, daté, d’époque, cf. son générique psyché, pop , affiche un filigrane féministe, puisque Dany & Anita agissent, sévissent, puisque Michel & Philippe réagissent, subissent. L’impuissance de l’épilogue peut frustrer une certaine masculinité, mais le deus ex machina des bulletins de salaire similaires impose la primauté du supposé « deuxième sexe » et développe l...

Le Festin nu

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  Un métrage, une image : Le Souper (1992) En apparence, ce repas concerne l’État ; en réalité, il se soucie surtout de ciné. Plus de vingt ans avant Diplomatie (Schlöndorff, 2014), reconstitution aussi dispensable de décisif duel idem , voici le spectateur prié d’assister à une leçon de cynisme, assortie de gastronomie. Les tandems drolatiques, Molinaro les manie, les maîtrise, remember L’Emmerdeur (1973) ou La Cage aux folles (1978), d’ailleurs deux autres transpositions théâtrales. Point de Poiret, arrière, Veber : Brisville rempile, la TV, publique et privée, co-produit, l’ambassade de Pologne prête sa piaule à Paris, au générique on remercie le sieur Łukaszewski. Précisons que ce souper soigné, très réchauffé, assez insipide, appartient autant à Yves Rousset-Rouard, ici co-scénariste et producteur, de la franchise Emmanuelle en partie possesseur, du diptyque des Bronzés (Leconte, 1978 + 1979) de fait financier, à Michael Epp, cadreur et directeur pho...

Nathalie…

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  Un métrage, une image : Liste noire (1984) Délocalisation du Sudden Impact (1983) de Clint Eastwood, Liste noire donne à voir les retrouvailles à la saveur de funérailles, de représailles, de l’actrice Annie Girardot   et du réalisateur Alain Bonnot, auparavant assistant d’André Cayatte sur Mourir d’aimer (1971), dans lequel l’une des stars de la décennie incarnait la suicidée Gabrielle Russier. Signalons que l’intéressé seconda aussi Jacques Demy sur le set de l’estimable Lady Oscar (1978), avant de vite s’orienter vers la TV, ses innombrables et inénarrables Cordier, Lescaut, Joséphine, femme honorifique et proviseur au féminin, fichtre. Mis en musique par Alain Wisniak, le compositeur du parfait contemporain La Femme publique d’Andrzej Żuławski, photographié par le Jean-François Robin du Rue barbare (1984) de Gilles Béhat et L’Amour braque (1985), revoici Żuławski, doté d’un scénario co-signé par André-Georges Brunelin, le grand copain de Jean Gabin, ...

Emmanuelle 4 : La Femme aux deux visages

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  Naufrage d’enfantillages ? Hommage à dommages… Chirurgie du récit et charcutage du montage : Emmanuelle 4 (1984) démontre en lui-même la division de son sujet, film dit érotique assorti de trois instants « interdits au moins de dix-huit ans », contamination à la Caligula (Brass, 1979), voilà. Ponctué de vrais-faux fondus enchaînés aux allures de pages tournées, il constitue comme une chronique pas si exotique, s’apparente à un périple à rebours, de retour à l’amour, s’apprécie en portrait de femme tourmentée, transformée. Accompagné de l’espiègle Mademoiselle Nygren, substituée à la regrettée Sylvia Kristel, qui s’interprète elle-même, Leroi relit, de manière littérale, médicale, La Femme aux deux visages (1941), où Cukor dirigeait/dédoublait Greta, compatriote de Mia, s’inspire de Sueurs froides (Hitchcock, 1958), seconde Carlotta incluse, adresse un clin d’œil de cinéphile zoophile à The Devil in Miss Jones (Damiano, 1973), débauche d’outre-tombe...

Histoire d’O + Histoire d’O, numéro 2 : La Débandade + Maîtresse

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Initiale infernale, d’orifice à offrir, de tandem cinématographique à fuir…   Comment minorer un roman majeur, l’amoindrir en modèle de cinéma bourgeois ? En pasteurisant Pauline, pardi, en modifiant le possible suicide en final féministe, fichtre. Toutefois les reflets en soft focus pouvaient presque fonctionner, car raccord avec la dimension onirique du conte initiatique, mystique, avec le parcours éprouvant, voire bouleversant. Hélas, l’érotisme inoffensif, la superficialité de publicité, le fastidieux défilé des vains mannequins, caractéristiques de pseudo-style, lassent fissa et le film ne s’en remet pas. Histoire d’O (Just Jaeckin, 1975), illustration d’une transposition de Sébastien Japrisot, dont l’Elle vengeresse et « névrosée » de L’Été meurtrier (Jean Becker, 1983) renverse et victimise la volontariste et extrémiste O, se voit donc co-éclairé par Robert Fraisse, qui dirigera dix-sept ans après la photographie du fumiste L’Amant (Jean-Jacque...

Pickpocket : I Confess

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Jeanne plus pucelle et   Michel fantôme miroité… En redécouvrant en version restaurée Pickpocket (1959) « de Robert BRESSON », je repensais hier soir au Samouraï (Jean-Pierre Melville, 1967), à La Tête d’un homme (Julien Duvivier, 1933), à Un homme qui dort (Georges Perec & Bernard Queysanne, 1974), à American Gigolo (Paul Schrader, 1980) et à L’Étranger , celui d’Albert Camus, pas celui de Luchino Visconti, sorti en 1967. Dans le sillage de Simenon, Bresson donc en traducteur de Dostoïevski ? Oui et non, puisque pas d’assassinat ici, nul double « féminicide », comme on dit désormais, pas plus de pratique prostituée ni de déportation en Sibérie. Ermite cultivé d’un taudis à Paris, Michel, point un petit saint, ne terrasse pas l’Adversaire d’Emmanuel Carrère, Satan jadis symbolisé en Dragon, il préfère délester de son fric, baptême pragmatique, une spectatrice chic de course hippique. Allégé par la lourde liasse de billets, il se fait tout...

Gros dégueulasse : Le Complexe du kangourou

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Existence et flatulence, gagnant pourtant perdant… Produit par Alain Siritzky, propriétaire de l’interminable franchise Emmanuelle , réalisé par Bruno Zincone, monteur pour Raymond Depardon ( 1974, une partie de campagne , 1974) & Jean-Pierre Mocky ( Noir comme le souvenir , 1995) mais aussi, surtout, pour les polissons Jean-Marie Pallardy & Pierre Unia, ou le supérieur Francis Leroi ( Emmanuelle au 7ème ciel , 1993, après Emmanuelle 6 , 1988, fissa finalisé par un certain Jean Rollin, puisque Zincone cinéaste aussitôt remercié), Gros dégueulasse (Zincone, 1985) s’avère une satire terminée en mélodrame. Le courageux Maurice Risch, autrefois flanqué de Louis de Funès ( Le Grand Restaurant , Jacques Besnard, 1966, Le Gendarme et les Gendarmettes , Jean Girault, 1982) ou depuis passé par Maurice Pialat ( Nous ne vieillirons pas ensemble , 1972), François Truffaut ( Le Dernier Métro , 1980), Bertrand Blier ( Beau-père , 1981) et ensuite Pascal Thomas (trilogie des anné...